PLACE SAINT-SULPICE
il mourut pour sa patrie. L.-Ch.-Ant. Desaix né à Ayot, département du Puy-de-Dôme, le 17 août 1758, mort à Marengo, le 25 prairial an vm de la République (14 juin 1800). Ce monument lui fut élevé par des amis de sa gloire et de sa vertu, sous le consulat de Bonaparte , l'an x de la République.
Sur la rive gauche, nous citerons la place Saint-Sulpice, remarquable par sa fontaine monumentale, due à Visconti.
C'est là que se trouve le séminaire de Saint-Sulpice. En 1828, au nombre des jeunes théologiens qui, à ce séminaire, achevaient de se préparer à recevoir les ordres, était Martial Marcet de Laroche-Arnault. C'était un beau jeune homme, au regard plein de feu, à la parole douce, aux manières les plus distinguées. Son origine, sa famille étaient absolument inconnues, et il était sur ce point absolument impénétrable.
Le séminaire de Saint-Sulpice avait alors, à Montrouge, une succursale ou plutôt une maison de plaisance. C'était une charmante villa, où rien ne manquait de ce qui constitue le confort clérical et un peu mondain. Cette paisible habitation, dans laquelle les élèves privilégiés faisaient parfois d'assez longs séjours, était souvent visitée par l'élite du clergé; c'était là que venait se délasser de ses travaux plus ou moins apostoliques l'abbé Frayssinous, évêque d'Hermopolic, alors ministre des cultes. Son Excellence aimait avec passion le jeu de billard, et Laroche-Arnault était le seul des futurs ministres du Seigneur assez fort à ce jeu pour faire la partie du prélat. Un jour il y eut un carambolage douteux. Laroche-Arnault prétendait l'avoir fait, le ministre affirmait le contraire. M. de Frayssinous laissa échapper quelques paroles blessantes, le jeune théologien posa la queue qu'il tenait sur le billard et déclara qu'il ne jouerait plus ; la rupture fut complète.