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LES ITALIENS

Sous la Révolution, les acteurs formèrent pendant quelque temps une association dont tous les membres participaient aux bénéfices. L'Opéra était alors devenu le théâtre de la Nation.

Sous le Directoire, il changea encore de nom et fut appelé Théâtre de la République et des Arts.

L'assassinat du duc de Rerry (1820) provoqua la fermeture et bientôt après la destruction de la salle de la rue Richelieu. Le 19 août 1821 eut lieu l'ouverture du nouveau théâtre de la rue Lepeletier.

Le gouvernement impérial a entrepris, sur le boulevard des Capucines, la construction d'une salle aux proportions gigantesques et vraiment digne de notre première scène lyrique, et dont notre gravure donnera une idée. (V. page 215.)

Sous l'empire, les succès furent rares; il en fut de même sous la Restauration ; avant la Révolution, la subvention de l'État était de 300000 francs; mais, il faut bien le dire, à aucune époque l'Opéra n'a pu se suffire et les dépenses ont toujours dépassé les recettes ; sous la Restauration, la subvention accordée par l'État a monté jusqu'à 950000 francs. Un décret de juillet 1854 a fait passer l'Opéra dans les attributions du ministère d'État, il est régi par la liste civile moyennant une subvention de l'État de 820000 francs.

L'Opéra-Italien, place Yentadour, occupe la salle construite en 1829 pour l'Opéra-Gomique : il occupe une place artistique fort distinguée, la subvention de 100 000 francs qui lui est accordée n'est pas suffisante et le force de tenir le prix de ses places à un taux très-élevé. (V. page 219.)

On avait donné le nom de Comédie-Italienne à une troupe de comédiens italiens qui vinrent s'établir à Paris en 1659. Mazarin leur céda le théâtre de l'hôtel de Bourgogne, qui était alors situé dans la rue Mauconseil. Là on ne représen-

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tait guère que des farces et des arlequinades. Ces comédiens furent constamment en lutte avec Messieurs de la Comédie- Française, qui voyaient dans l'établissement de ce théâtre une atteinte à leur privilège. Les comédiens italiens essayèrent de jouer des pièces françaises. Les Français s'en plaignirent à Louis XIV. Ce roi voulut être juge de ce différend; Baron plaida en faveur de sa troupe ; quand il eut achevé, Dominique, l'Arlequin des Italiens, dit au roi, avant de commencer son plaidoyer : « Sire, comment parlerai-je? — Parle comme tu voudras, lui répondit le roi. — Il n'en faut pas davantage, reprit Dominique; j'ai gagné ma cause. » En 1697, ils se virent expulsés de l'hôtel de Bourgogne. Le régent les rétablit plus tard. En 1762, les comédiens italiens se réunirent à la troupe de l'Opéra-Comique. Le nouveau théâtre représentait des vaudevilles, des opéras et des comédies. Cependant le public cessa de se porter à la Comédie-Italienne et donna la préférence à l'Opéra-Comique. En 1780, les comédiens italiens se retirèrent; mais la troupe continua à exploiter le théâtre sous le nom de Comédie-Italienne. En 1785, ce théâtre fut transporté dans la salle occupée aujourd'hui par le théâtre de l'Opéra-Comique, sur le boulevard des Italiens.

Le théâtre de l'Opéra-Comique succéda à ceux de la Foire, où les comédiens italiens représentaient des pièces à ariettes. Il fut installé en 1716, à l'hôtel de Bourgogne.

Le succès de cette nouvelle scène éveilla la jalousie des comédiens français et d'une autre troupe de comédiens italiens. Cette lutte, qui dura pendant de longues années, appela de misérables persécutions sur les comédiens de l'hôtel de Bourgogne ; le chant leur fut interdit.

Ce théâtre mit alors en scène des personnages muets qui gesticulaient pendant que le chanteur, placé dans la salle, faisait entendre les morceaux.

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