I. Ov., IV, 794 : « Accipe quaesiti causam
IX, I : « Quae gemitus truncaeque deo Neptunius héros Causa rogat frontis. »
3. Couat, Poésie alex., p. 356, 38o, 38i. On trouvera là tout réunis les exemples que l'on peut tirer des poètes alexandrins.
s'il n^était juste d'ajouter que ses vers résument trois siècles de poésie, dont il a contracté du premier coup les habitudes, sans même en soupçonner le danger. S'il y a là une erreur, c'est aux Alexandrins qu'il faut l'imputer ; mais pour être tout à fait équitable, il vaut mieux dire encore que c'était le terme où devait fatalement aboutir l'anthropomorphisme ; et, comme le sort de la religion païenne n'a plus pour nous qu'un intérêt rétrospectif, il reste que les Métamorphoses nous présentent une série d'aimables peintures, où la fantaisie s'allie souvent à une grande vérité d'observation, et c'est encore beaucoup. Voici un jeune homme qui court sur les pas d'une jeune fille tout en lui faisant une déclaration d'amour ; oublions qu'il s'agit d'Apollon et de Daphné * ; ce sera, si l'on veut, un berger et une bergère, tels qu'Ovide avait pu en voir dans la campagne de Sulmone et dont il adoucit et poétise le langage. Nous prendrions volontiers pour quelque chasseur ce beau jeune homme qui lave sur la plage ses mains dégouttantes de sang : c'est cependant Persée qui vient de délivrer Andromède. Il a posé sur un lit d'algues la tête de la Gorgone ; au contact du venin qui en sort, elles se changent en corail; et alors nous voyons une troupe de jeunes filles folâtres, qui, émerveillées du prodige, cKerchent à le renouveler ; les unes après les autres elles vont chercher des branches d'algues, les approchent de la tête hideuse et les transforment en corail, en témoignant chaque fois leur joie du succès de l'expérience : ces jeunes filles sont des nymphes". Cette chienne qui court, pour la mordre, après la pierre qu'on lui lance, c'est Hécube '. Ces amoureux qui se regardent et s'entretiennent par un trou du mur, ce sont Pyrame et Thisbé *.
Ajoutons k cela qu'Ovide connaît à fond les secrets des familles héroïques ; avec lui nous pénétrons dans leur intimité ; nous assistons à des scènes domestiques, où nous aurions beaucoup de peine à nous reconnaître au milieu des oncles, des tantes, des neveux, des cousins et des arrière-cousins, s'il n'était là pour nous rappeler leur généalogie. Cette fausse précision, dans un sujet qui n'en comporte pas, contribue beaucoup aussi à ramener les personnages aux proportions de l'humanité. Cadmus a reçu de son père Agénor l'ordre de cher-