Aristote, Poétique y i
4. Eschyle, Prométhée enchaîné, 607-664, 694*498; Patin, Tragiques grecsy 1, p. 274; Ddicier (^Bemarques sur t'Art poét. d' Aristote) croyaiii qu'Io paraissait sous la forme d'une génisse.
5. Engelmann, article /o, dans Roscher, Lexikon der Gr. u. R. Mythologie. Paul Girard, De rexpression des masques dans Eschyle {Revue des études grecques^ VIII, 1895), p. 110, admet qu'Eschyle, outre les cornes, avait pourvu son personnage d'un masque a dont la structure, les proportions, la couleur, gardaient quelque chose d'exceptionnel et de saisissant. » Mais on ne peut affirmer qu*il eût osé davantage.
prodige, sans altérer en rien la noblesse de la forme humaine idéalisée. Polygnote veut-il peindre une Callisto pour la Lesché de Delphes, il étend au-dessous d'elle la dépouille d'une ourse*; non loin de là son pinceau a tracé un Actéon assis sur une peau de cerf et tenant un faon dans ses mains'; une métope de Sélinonte nous montre de même le malheureux chasseur couvert d'une peau de cerf, qu'Artémis a jetée sur ses épaules pour exciter la meute lancée contre lui ^. Dans tous ces exemples l'attribut n'est manifestement qu'un indice, qui permet au spectateur de retrouver du premier coup d'oeil le nom du personnage; parfois même le procédé est plus conventionnel encore : une tête de vache, figurée à part dans le champ d'une peinture de vase, suflît à faire reconnaître lo dans une femme placée au-dessous*. Quelquefois, il est vrai, la métamorphose est supposée accomplie : lo, même sur des monuments d'une bonne époque, nous apparaît sous la forme d'une vache^; mais ce qui ne se rencontre jamais avant le temps d'Alexandre, c'est une métamorphose que l'artiste essaie, pour ainsi dire, de prendre sur le fait, au moment précis où l'être humain est censé avoir passé à l'état de bête, de plante ou de rocher.
L'ère nouvelle qui commence avec Alexandre a été dans l'antiquité l'âge de la science, et pourtant c'est alors surtout que se multiplient les fables relatives aux métamorphoses ; jamais on ne leur a prêté une oreille plus avide ; pour la première fois on les recueille dans des ouvrages spéciaux, dont elles deviennent l'unique sujet. Est-ce simplement parce que le nombre des érudits s'accroît, parce qije leur curiosité stérile divise et subdivise jusqu'à l'excès le domaine de la littérature savante, parce que, l'époque des grandes créations étant passée, ils appliquent les ressources de leur esprit à des besognes de pédants? Faut-il croire qu'ils sont uniquement poussés par le goût des catalogues,