‹ Les Métamorphoses d'Ovide et leurs modèles grecsChapitre 143 sur 251 · Eurip., fragm. 5i5, 5i6 ; Accius, vers \l\o · texte numérisé non relu

Eurip., fragm. 5i5, 5i6 ; Accius, vers \l\o

LA TRAGÉDIE ET LA RHETORIQUE l5l

ensuite il supprime une scène, probablement assez longue, où Althée, voyant venir Atalante parmi les chasseurs, lui reprochait de dédaigner les travaux de son sexe et de se mêler à la société des hommes ; il devait y avoir à ce moment entre les deux femmes une de ces discussions semées de maximes générales, qu'Euripide se plaisait à faire naître au milieu des situations les plus dramatiques * ; elle était coupée par les réflexions du chœur, composé de femmes amies d'Althée^. De même, plus loin, on assistait à une altercation violente entre Méléagre et sa mère ; le jeune homme déclarait qu'il voulait épouser Atalante, bien qu'elle fût de naissance obscure : de là une discussion sur la noblesse^. Rien de semblable chez Ovide. Au dénouement, après la mort de Méléagre, il supprime encore les lamentations d'Àlthée, revenue soudain à la raison^. En face de la malheureuse mère Euripide faisait de nouveau paraître Atalante, qui lui reprochait son crime ^. L'épilogue était sans doute rempli par l'apparition d'une divinité annonçant la destinée future des descendants d'Œnée, et le chœur mettait en lumière la leçon morale qui se dégageait du drame*. Ainsi Ovide résume Euripide ou Accius,en passant même complètement par-dessus certaines scènes. D'autre part il est probable qu'il ajoute la métamorphose des sœurs de Méléagre' soit d'après le Méléagre de Sophocle, soit d'après les Métamor^ phases de Nicandre*.

Mais jusqu'ici rien ne nous indique que dans les parties qu'il conserve il suive Accius plutôt qu'Euripide. Il faudrait d'abord savoir si le Méléagre d'Accius différait de celui du poète grec ; or sur ce point toute opinion précise nous est interdite. Euripide faisait paraître un messager qui énumérait, en décrivant le costume de chacun d'eux, les jeunes héros réunis pour la chasse de Calydon®; on assure que ce passage, imité par Ovide ^°, avait été rejeté par Accius ; disons plus simplement qu'il n'y en a pas

i. Eurip., fragrn. 621 à 525; Accius, vers 44 1. 44a; ex incertis incertorum fabulis, CXI.

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