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l52 LES MÉTAMORPHOSES d'oVIDE
trace dans les vingt-deux fragments de vers qui subsistent de sa pièce, ce qui n'est pas du tout une raison *. On affirme aussi qu'il n'avait pas montré sur la scène Althée brûlant le tison fatal, ni Méléagre rendant le dernier soupir ; or il est également incertain qu'Euripide les eût montrés sur la scène* et qu'Accius eût fait autrement. Les raisons que Ton invoque sont purement négatives ; au contraire là où nous voyons clair il est manifeste qu'Accius a suivi fidèlement Euripide. Mais alors il devient très embarrassant de décider lequel des deux a fourni le modèle du récit des Métamorphoses, Il y a bien chez Ovide quelques vers où il semble retourner avec sa facilité et son élégance habituelles les vers d'Accius', mais il était difficile qu'en retraçant les mêmes scènes, en faisant agir les mêmes personnages et en leur prêtant les mêmes sentiments, dans les mêmes circonstances, il ne retrouvât pas spontanément des expressions très voisines de celles qu'avait déjà employées son prédécesseur. Ces vers ne suffisent pas à prouver qu'à ce moment même il eût sous les yeux Accius, et non Euripide.
Ainsi il est assez naturel de penser qu'il a mis souvent les tragiques à contribution ; les Métamorphoses se composent d'une suite de drames, en réalité indépendants les uns des autres ; les modèles qui s'offraient de préférence pour chacun d'eux, c'étaient les chefs-d'œuvre de la scène attique ; chaque fable y avait reçu un développement d'une juste mesure, qui formait un tout bien défini et se suffisait à lui-même ; dans chaque pièce l'analyse des passions était poussée très loin et en même temps il n'était pas besoin de longues préparations pour expliquer la crise qui les faisait naître. Ovide devait trouver là une matière toute disposée pour cette sorte de recueil factice qu'il méditait. Si nous résumons nos observations, il semble, lorsqu'il imitait les tragiques, avoir donné, au commencement de chaque morceau, l'équivalent du prologue. Puis, suivant sa fantaisie, il passe plus ou moins rapi-
I. Pas plus que le silence de Macrobe, Sat.^ V, i8, 17. Voyez Ribbeck, Z^i^ rômische Tragôdie, p. 5io; Kékulé, De fabula Meleagreaj Berlin, 1861, p. 3o; Surber, Die Meleager Sage y Zurich, 1880, p. 53 ; Max Meyer, De Euripidis mythopoeia, Berlin, i883, p. 77 ; Immerwahr, /. c, p. 20.
a. Les fragments d*Euripide 628, 532, ne le prouvent pas du tout.