CHAPITRE IX LA POÉSIE ROMANESQUE, L'IDYLLE ET L'ÉLÉGIE
L'amour tenait une large place dans les pièces d'Euripide et probablement aussi dans celles des poètes grecs qui le suivirent. C'est même par là surtout qu'elles avaient séduit Ovide ; il exagère, il oublie Eschyle et Sophocle, quand il assure qu'au fond la tragédie, malgré la gravité du genre, a « toujours » quelque rapport avec l'amour :
Omne genus scripti gra vitale tragoedia vincil ; Haec quoque maleriam semper amoris habel * .
Les vingt-six sujets qu'il énumère ensuite sont tous choisis de manière à justifier cette affirmation, et, quand il s'arrête, il déclare qu'il en aurait trop à dire sur les ignés tragici ; rien qu'a citer des titres, il pourrait remplir son livre ^. Bien que les besoins de sa cause exercent ici sur son jugement une influence trop prépondérante, il est certain en effet que, sans sortir de la tragédie, il pouvait réunir un grand nombre de fables romanesques ^. Les Métamorphoses nous offrent toutes les variétés de la passion amoureuse ; elle est un des principaux éléments du poème, peut-être même celui de tous qui nous frappe le plus aujourd'hui ; si l'on excepte le douzième et le quinzième chants*, elle s'étale partout