Ov., XV, 3o7 à
en cite d'autres, qui ont elles-mêmes subi des changements, comme le reste de' la nature* : c'est aussi ce que fait Strabon lorsqu'il traite le même sujet^. Les exemples allégués dans'les vers 3o7-336 peuvent sur certains points être rapprochés des fragments des paradoxographes ; au contraire ces mêmes fragments ne contiennent rien qui puisse être mis en parallèle avec les vers 272-285. Par conséquent Ovide n'a pas brouillé les divers éléments de sa théorie ; le premier passage est parfaitement à sa place et provient, comme ce qui l'entoure, d'un ouvrage philosophique. Il importe de remarquer qu'ici il ne s'accorde plus du tout avec Strabon dans le choix de ses exemples. Mais lorsque Strabon mentionne à leur rang, dans l'ordre géographique, le Lycus, l'Ërasinus, etc., il a soin de rapporter les singularités qui les distinguent, et, cette fois, non seulement il suit exactement la même tradition qu'Ovide, mais encore il nous aide à comprendre pourquoi Ovide les donne en exemples, ce qui n'apparaît pas toujours très clairement dans ses vers : pourquoi le cours du Lycus et celui de l'Ërasinus sont-ils en partie souterrains ? parce que les régions où ils coulent ont été bouleversées par les tremblements de terre. Pourquoi l'Amenanus est-il intermittent ? parce que ses eaux prennent parfois dans les profondeurs du sol une autre direction, ou peut-être parce qu'elles tarissent tout à fait \ En un mot les témoignages de Strabon, bien que dispersés dans son œuvre entière, nous permettent de juger comment un philosophe avait pu grouper les mêmes faits de manière à en tirer une théorie sur les convulsions de la nature, et particulièrement sur les tremblements de terre. Si ce philosophe n'est pas Posidonius, ce doit être lin savant du même temps, qui avait intercalé au milieu d'un morceau principal, emprunté h Posidonius, des observations recueillies çk et là dans ses œuvres, ou peut-être dans des œuvres similaires. Nous verrons plus loin à quel nom il convient de nous arrêter pour compléter cette hypothèse.
2° Les vers d'Ovide sur les merveilles des fleuves et des sources* nous amènent, directement cette fois, à une comparaison avec les paradoxographes ; ce que nous avons conservé de leurs