‹ Les Métamorphoses d'Ovide et leurs modèles grecsChapitre 229 sur 251 · bid., 680 à · texte numérisé non relu

bid., 680 à

sa situation présente aucun mensonge ne lui coûte ; Ovide pense aussi, certainement, qu'aucune hyperbole ne coûte en pareil cas à la matrone la mieux intentionnée, lorsqu'une fois elle a mis son amour-propre à faire réussir Tentreprise. Tout ce mime est un chef-d*deuvre du genre ; dans les effets comiques il est plus bas d'un ton, si Ton peut dire, que celui d'Hérondas ; ainsi le voulaient la situation des personnages et le caractère général du poème*; mais c'est la même finesse' et* la même ironie discrète dans l'expression des scènes familières. Pourquoi Ovide, quand il renonça à la tragédie, ne s'est-il pas tourné vers le mime? Il avait tout ce qu'il fallait pour y devenir un maître, et ses défauts mêmes l'eussent servi à-merveille.

Ce que dut être la passion de Canente pour Picus, celle d'Hersilie pour Romulus, celle d'Égérie pour Numa, on peut le mesurer d'après la douleur qu'elles témoignent dans leur veuvage; ces héroïnes du Latium sont des personnages d'élégie, comme on en voyait chez les poètes alexandrins. L'élégie savante à la manière de Callimaque a encore exercé une influence d'une autre sorte sur les deux derniers chants des Métamorphoses, Comme il est arrivé souvent dans les Fastes^ Ovide a été conduit à traiter certains épisodes par la vue des lieux et des monuments qui lui étaient familiers. Il passait sans cesse devant le temple de Janus, au forum, à l'endroit même où avaient jailli autrefois les eaux chaudes, appelées aquae lautolae'^. Maintes fois il avait frôlé de sa toge la statue de Vertumne,au Vicus Tuscus^, ou levé les yeux sur le masque cornu de Cipus, qui décorait la porte Raudusculana^. Il s'était arrêté au Palatin sous le cornouiller de Romulus^ ; dans l'île du Tibre, devant le temple d'Esculape*; la statue de Picus avait pu attirer ses regards à l'angle d'un carrefour ou dans

1 . Comparez, en tenant compte de ces différences : Hérondas, I, 21, 22; Ov., XIV, 663 à 669.

— 5oà'6o; — 675 à 686.

Sur le rapport de la comédie avec la poésie erotique par l'intermédiaire des Alexandrins on pourra consulter utilement Hôlzer, De poesi amaloria a comicis atticis exculta, ab elegiacis expressa. I, diss. de Marbourg, 1899. Il traite particulièrement de la lena p. 76-84.

Page 1