‹ Les Métamorphoses d'Ovide et leurs modèles grecsChapitre 26 sur 251 · AXxia · texte numérisé non relu

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3o LES MÉTAMORPHOSES d'oVIDE

cultes locaux, et qui pouvaient servir en quelque manière a les expliquer : c'était donc une certaine catégorie de Causes, qu'il prenait pour son lot ; il choisissait son champ d'étude dans le vaste domaine ouvert par Callimaque à l'ardente activité des savants alexandrins. A la fin de chacun des morceaux qu'il a extraits de Nicandre, Libéralis a soin d'indiquer régulièrement quelles sont, dans le monde grec, les preuves des antiques métamorphoses, qu'un voyageur pourrait en maint endroit constater de ses propres yeux ; du moins il admet, comme le peuple, que ce sont là des preuves : il note ce qu'il y a de plus singulier dans les cérémonies religieuses S dans les noms des lieux "^y ou dans ceux des personnages mythiques^, dans les jeux, les coutumes et les croyances populaires*; ici il rappelle que des phénomènes merveilleux, conséquence d'une métamorphose, se produisent encore actuellement dans le pays qui en fut autrefois le théâtre"; là que de grandes troupes d^animaux continuent à s'assembler, après de longs siècles, à l'endroit même où la fable les fait naître*. Ces observations terminent le récit de Fantique prodige ; elles en sont la confirmation, et probablement aussi elles forment le lien qui unit entre elles des légendes disparates. Quant à la métamorphose elle-même, elle semble avoir tenu peu de place dans chaque morceau ; nous avons conservé quelques vers où Nicandre rapportait celle d'Hécube ; l'allure du poète est rapide et pressée: « Alors Hécube, fille de Cissée, fut emmenée captive, après avoir vu sa patrie en flammes et le corps de son époux palpitant près de l'autel ; elle s'élança vers la mer, et, ayant perdu la forme d'une vieille femme, elle devint semblable aux chiens d'Hyrcanie ^. » Quelquefois même c'est à peine si l'on peut dire qu'il s'agit d'une métamorphose : le héros disparaît sans laisser de trace, ou bien, près du lieu où on l'a vu pour la dernière fois, se montre tout à coup un être nouveau, dans lequel il est censé s'être incarné ^ En un mot, autant qu^on en peut juger par les sommaires de Libéralis, la pensée

7. Scol. du cod. Marcian. sur Eurip., Hécube, i; Schneider, fragm. 63; Ovide consacre près de cent vers à cet épisode (VIII, 483-575).

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