‹ Les Métamorphoses d'Ovide et leurs modèles grecsChapitre 57 sur 251 · Fable · texte numérisé non relu

Fable

6o LES MÉTAMORPHOSES d'oVIDE

tels * ; Ganymède, Hyacinthe et Adonis^ se trouvaient tout réunis dans ses souvenirs, peut-être même dans ses cahiers d'écolier, comme ils le sont dans, les Fables plus récentes connues sous le nom d'Hygin. Parmi les exemples ainsi rassemblés il n'a eu qu'à faire un choix, en évitant de rebuter le lecteur par une énumération trop longue, qui se serait ressentie de son origine didactique^. Il ne faut pas oublier non plus que dans ces manuels, dont Hygin reproduit l'ordonnance, les métamorphoses jouaient un grand rôle ; en maint endroit elles forment le dénouement du récit ; quand bien même Ovide n'aurait jamais lu un seul des poètes grecs qui avaient écrit sur ce sujet, il est à présumer que ses anciens professeurs avaient meublé sa mémoire de telle sorte qu'il pût s'en dispenser*.

On a pensé enfin que dans certains cas il avait eu recours à des sources plus humbles encore que des manuels, c'est-h-dire tout simplement h des scolies, à des bribes de commentaires éparses dans les marges des classiques. M. Robert en a donné un exemple qui est au moins spécieux^. Ovide raconte comment Médée, étant arrivée à lolcos avec Jason, après la conquête de la Toison d'or, rendit la jeunesse à Eson, père de son époux, par des procédés magiques®, h' Argument de la Médée d'Euripide nous apprend que ce sujet avait été traité au vu® siècle avant notre ère dans l'épopée intitulée les Retours, M. Robert est convaincu qu'Ovide n'a pas consulté directement ce poème ; son récit ne serait autre chose

I. Ov., X, 102 : V puerosque canamus Dilectos superis. » 3. Ov., X, i55-i6i, 162-319, 298-739.

3. Voilà pourquoi, parmi ceux de la Fable 271, il écarte Endymion, Hylas et Ghrysippus, et pourquoi il place ailleurs Narcisse (IIÏ, 339-5io) et Hermaphrodite (IV, 385-388). Remarquez aussi que dans Hygin les Fables aujourd'hui perdues d'Atys (3i3) et d'Eurydice (216) se trouvaient, d'après V Index f à côté des précédentes et comparez Ov., X, i-25 et io3-io5. L'influence d'un manuel est particulièrement sensible dans tout ce livre X.

4. Voyez encore Lange (Garl), De nexu inter C. Julii Hygini opéra mythologica et fabularum, qui nomen ejus prae se fert, librum, Mayence, i865, p. 67. Aux rapprochements déjà indiqués, ajoutez ceux-ci d'après Lange :

Hygin, Fable 199 = Ov., XIV, 1-74. Scylla.

200 XI, 3oi-345. Chione.

211 II, 708-832. Aglaure.

125 et 234 IV, 190-355. Leucothoé.

363 V, 533-55o. Ascalaphus.

5. Robert (Cari), Bild und Lied, dans les Philologische Untersuchungen de Kiessling et Wilamowitz-MôllendorfT, Berlin, t. V (i88i), p. 23i, note 5.

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