‹ Les Métamorphoses d'Ovide et leurs modèles grecsChapitre 69 sur 251 · Antonin. Liber · texte numérisé non relu

Antonin. Liber

II. Ibid., 20. Autres exemples de versions contradictoires dans Ovide : Thésée fils d'Egée (VIII, 174, 4o5, 56o) et fils de Neptune (IX, i) ; les nourrices de Bacchus (VII, 294 et III, 3i4). Il n'y a qu'une simple distraction dans le rôle de l'Eurus (XI, 48 1) attribué à l'Auster (XI, 664). Voyez Lejay, dans ses Morceaux choisis des Métamorphoses d'Ovide (1894), Introduction, p. 84.

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qu'Ovide a vécu dans une étroite familiarité avec les Alexandrins. Les fables, pour lui comme pour eux, ne sont plus qu'une agréable matière à mettre en vers. L'important c'est que les versions adoptées par l'auteur prêtent à d'ingénieux développements et qu'elles produisent un heureux effet là où il les place; non seulement il n'est pas arrêté par la question de foi, ce qui est trop évident, mais il ne se demande même pas si, au point de vue de la tradition littéraire, il a pour lui l'autorité des poètes anciens, et s'il respecte toujours cette sorte de vraisemblance que nous exigeons même dans le récit des événements merveilleux. Uniquement préoccupé de plaire, il oublie parfois le sage précepte d'Horace : Aut famam sequere, aut sibi corufenientia finge^. Remarquons toutefois (et ceci est déjà une première excuse pour Ovide) qu'il ne pouvait pas en être autrement ; si les métamorphoses l'avaient intéressé par elles-mêmes, il n'aurait pas évité ce qu'il y a de forcément monotone dans un pareil sujet. Pour qu'il pût y jeter les fleurs dont il avait les mains pleines, il fallait qu'il reléguât au dernier plan toutes ces histoires de transformations surnaturelles et qu'on lui accordât des droits sans limites sur cette partie de sa matière, qui cependant était en réalité la principale : traitée avec une gravité hésiodique, elle eût paru fastidieuse. Il y a ici un rapport de convenance étroit entre le fond et la forme, et c'est bien pour cette raison même que personne n'avait écrit des métamorphoses avant l'époque alexandrine. Mais voici maintenant à quoi l'on s'aperçoit qu'Ovide sait distinguer, chez les Alexandrins, le bon du mauvais, et en quoi il est supérieur à certains d'entre eux.

Parmi les fables que Boéus avait chantées, il y en a plusieurs qui lui sont tout à fait particulières ; on n'oserait affirmer qu'il les avait tirées entièrement de son imagination ; mais, quel qu'en soit le premier auteur, elles révèlent une pauvreté d'invention extraordinaire et donnent une fâcheuse idée du poète qui avait cru devoir les recueillir. On dirait que le mythographe qui avait préparé les matériaux pour une Ornithogonie avait commencé par s'inspirer d'un traité d'histoire naturelle, où les oiseaux étaient classés par ordres, genres, espèces et variétés; il lui fallait trouver une fable pour chacune de ces divisions ; comme la mythologie restait muette sur un grand nombre d'entre elles, il avait hardiment comblé les lacunes par des fables inventées tout

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