‹ Les Métamorphoses d'Ovide et leurs modèles grecsChapitre 73 sur 251 · CHAPITRE V LA COMPOSITION · texte numérisé non relu

CHAPITRE V LA COMPOSITION

Ovide, en abordant son sujet, pouvait hésiter entre plusieurs plans*. Parmi les héros qu'il met en scèneles uns avaient été changés en quadrupèdes, les autres en oiseaux, d'autres en plantes, d'autres en pierres ; il pouvait adopter cette division : Y Ornithogonie de Boéus, par exemple, lui aurait fourni le modèle d'un certain nombre de chants, trois ou quatre peut-être ; il y aurait ajouté un morceau sur les pierres, dont les éléments se trouvaient réunis dans les Lithica de l'époque alexandrine, et ainsi de suite. Le prodige est accompli tantôt par une divinité, tantôt par une autre : voilà un second plan tout indiqué ; on aurait eu pour les métamorphoses accomplies par Jupiter, par Junon, par Mercure autant de chants distincts. La plupart des fables du poème se rattachent à un détail du culte; Ovide pouvait grouper les coutumes, qui par leur origine présentaient un rapport les unes avec les autres, et faire de l'ensemble, suivant la tradition venue de Callimaque et de Nicandre, un ouvrage « aetiologique » . Autre ressource encore : les métamorphoses ont eu pour théâtre différentes contrées du monde grec; Ovide pouvait suivre l'ordre géographique ; il aurait glané dans les poèmes sur les origines des villes célèbres' ou dans les Achaîca, les Thessalica, les Bithyniaca, etc. Aucun de ces plans ne l'a satisfait; c'est que tous l'exposaient également à un danger certain, celui d'accuser encore le défaut d'unité inhérent au sujet même ; il est vrai que l'unité est moins nécessaire dans un poème didactique; Boéus Qt Nicandre s'en étaient probablement passés ; comment composer un tout simple et harmonieux avec des légendes où l'on ne cherchait que l'explication de cer-

Page 1