‹ Les Métamorphoses d'Ovide et leurs modèles grecs [microform]Chapitre 195 sur 256 · Schmekel, Stoa, p. 187 et · texte numérisé non relu

Schmekel, Stoa, p. 187 et

aux pythagoriciens, le dogme de la métempsychose. De la une hypothèse vraisemblable : c'est qu'Ovide a consulté un auteur récent, de tendances éclectiques, qui avait marié les doctrines des deux écoles, depuis que le néo-pythagorisnie était en pleine faveur.

Parmi les philosophes du temps d'Auguste, auxquels on pourrait penser, il faut, écarter d'abord Q. Sextius, son fils et Papirius Fabianus, leur disciple ; Sextius, à l'exemple des pythagoriciens, défendait l'usage de la viande, mais parce qu'il le considérait comme pernicieux pour le corps, et aussi pour l'âme, déjà trop disposée par la nature h la cruauté ; cette opinion n'était nullement fondée sur la croyance à la métempsychose ^ Mais un Alexandrin, qui vint enseigner à Rome, poussa plus loin les théories des Sextiens et s'efforça de les accorder complètement avec celles de Pythagore ; il s'appelait Sotion ^ ; Sénèque l'entendit traiter ce sujet au temps de Tibère, entre l'an i8 et l'an 20. Nous savons même que Sotion enseignait déjà à Rome en l'an 12; M. Graf a soutenu qu'Ovide, un peu plus tôt encore, avait pu y suivre ses leçons et qu'elles doivent être considérées comme la véritable source du passage qui nous occupe.

Pour que l'hypothèse fat admissible il faudrait d'abord être certain qu'en effet Sotion est venu à Rome avant l'an 12, et même avant l'an 9, date de l'exil d'Ovide ; quand le poète a pris le chemin de Tomes, les Métamorphoses étaient achevées ; à cette époque avait-il jamais entendu parler de Sotion? Rien ne le prouve^. Alors faut-il croire qu'il a consulté directement les premiers néo-pythagoriciens dont les ouvrages furent publiés à Rome? Alexandre Polyhistor et Nigidius Figulus ont écrit au temps de Cicéron ; les compilations répandues sous le nom des vieux pythagoriciens, Ocellus de Lucanie et Archytas de Tarente, peuvent aussi, au moins pour une partie, remontera la même époque, 11 n'est guère probable qu'Ovide, tel que nous le connaissons, se soit plongé dans cette littérature mystique; mais il y avait un auteur latin, un érudit de premier ordre, qui s'était déjà chargé de vulgariser les théories des néo-pythagoriciens, ou du moins

I. Séoèque, Lettres, 108, 17. Zeller (Ed.), Philosophie dev Griechen, III, i^, p. 681, note 6.

a. Zeller, ouvrage cité, III, u^, p. 97 et, avec plus de détails, Graf, p. a8.

3, Sur ce point Schmekel, De Ovidiana Pylliagoreae doctrinae adumbraiione, p. 43, a réfuté, sans le savoir, la dissertation de Graf, qui est de la même année cjuc la sienne (i885). ,

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