‹ Les Métamorphoses d'Ovide et leurs modèles grecs [microform]Chapitre 196 sur 256 · LA PHILOSOPHIE ET LA SCIENCE · texte numérisé non relu

LA PHILOSOPHIE ET LA SCIENCE

d'en recueillir la substance : c'était Varron, M. Schmekel l'a établi avec une abondance de preuves tout à fait convaincante. Il a montré, par des passages tirés des divers ouvrages de Varron, que la doctrine, dite de Pythagore, lui était parfaitement connue S et, par d'autres rapprochements, qu'elle devait être exposée principalement dans les Antiquités diuines. NoWa donc cet auteur éclectique que nous cherchions; nous nous expliquons maintenant par une double raison que les idées stoïciennes tiennent une si large place dans lepythagorisme d'Ovide : le mélange est antérieur à Varron ; il se trouvait tout fait dans Nigidius Figulus, par exemple; mais Varron lui-même a toujours eu du goût pour un stoïcisme mitigé ; la partie scientifique du système, notamment, a eu pour lui beaucoup d'attrait^. Le résumé des idées pythagoriciennes sur la métempsychose, sur la nourriture végétale, et peutêtre aussi sur le monde primitif, devait se trouver dans le premier livre des Antiquités divines. Ovide^ il est vrai, ne suit pas la même tradition que Varron sur les dates de la biographie de Pythagore^ ; mais il use trop librement de ses sources pour que cette difficulté doive nous arrêter. On a déjà remarqué depuis longtemps le rapport que les Fastes présentent avec les Antiquités dif^ines et humaines'' ; lorsque Ovide s'est préparé aux œuvres de son âge mur, il a probablement glané à travers cette vaste compilation, notant çà et là les chapitres qui l'intéressaient et il les a utilisés, également dans les morceaux des Fastes et des Méta- ■ morphoses qui se correspondent ^ Quand nous le voyons, dans le discours de Pythagore, passer brusquement d'une question à une autre, c'est qu'il a sauté une partie du volume étalé devant lui, ou qu'il en déroule un nouveau. Ainsi encore on peut expliquer comment certains morceaux du discours reflètent plus spécialement les idées stoïciennes; ils sont tirés d'un chapitre ou d'un livre, dans lequel Varron avait condensé, non pas la doctrine de

I. Ces passages sont rassemblés à la fin de sa dissertation De 0\>idiana . . . , etc. p. 76 : Appendix Varronis Pythagoreae doctvinae fragmenta continens. Cf. Aghad, Varronis Antiquilatum rerum divinarum lihri I, XIV, XV, XVI, Jahrbilcher fur class. Philologie, XXIV, Supplementband, 1898, p. i. Sont à noter particulièrement, dans le livre I, les fragm. 10", lo"', 11 à i5, 25^S 25"=.

3. Gaston Boissier, Etude sur Varron, p. gg et en particulier p. 11 3.

Page 1