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de Paradoxa^ ; mais les philosophes, les géographes, les naturalistes s'étaient emparés aussi de cette matière ; ils l'avaient traitée, chacun à son point de vue, avec plus ou moins d'élévation, en pliant les faits à leur dessein particulier ou aux principes des systèmes qu'ils défendaient; ce qui n'empêche point que le plan même, qu'Ovide suit dans son exposition, se retrouve aussi chez eux ; les chapitres et les paragraphes ne se succèdent pas dans le même ordre, mais ils sont coupés de même. Il y a les merveilles des corps inorganiques, puis celles des êtres organisés" ; dans la première classe on peut considérer tour à tour les merveilles delà terre, celles des mers, celles des eaux douces^; dans celte dernière catégorie même, les eaux courantes peuvent être distinguées des eaux stagnantes *, et ainsi de suite. Tous ces auteurs, de proche en proche, se transmettent les mêmes récits avec quelques modifications de détail. Dans leur fond commun on soupçonne bien que la plus forte part vient de l'enseignement d'Aristote et de Théophraste ; mais d'autres éléments ont dû s'y ajouter depuis. En tout cas, Ovide à certainement acquis sa science à peu de frais ,• essayons de reconnaître au milieu de la foule l'écrivain de qui il la tient.
1° Dans les vers 262 à 3o6 et 387 à 355 il trace le tableau des transformations que produit à la surface du globe la lutte incessante de l'eau, de la terre et de l'air. Le modèle de ce morceau ne peut pas être cherché dans une antiquité reculée : Ovide fait dire à Pythagore que deux villes d'Achaïe, Hélice et Buris, Ont été englouties sous les eaux de la mer^; cette catastrophe survint h la suite d'un tremblement de terre en l'an 378, plus d'un siècle après la date réelle de la mort de Pythagore, trois siècles environ après l'époque qu'Ovide assigne à sa biographie. Un anachro-
1. Ce qui en reste a été publié sous ce titre : Scriptores rerum mirabilium graeci, éd. Westermann, Brunswick, 1889. L'édition moins complète des Rerum naturalium scriptores graeci minores, vol. I, Paradoxographi, rec. 0. Keller, Leipzig, Teubner, 1877, ne doit pas dispenser de consulter celle de Westermann. Voyez Susemihl, Griecli. Litter. in der Alexandriner Zeit, I, p. 463, note i, et le chapitre xvii tout entier : Die Wunderbûcher.
2. Cette division est facile à reconnaître dans les Paradoxographi, dans Varron, Gallus de admirandis (Logistorici, Riese) et dans Gicéron, Admiranda, éd. G. -F. MûUer {Opéra, IV, 3, 34o).
3. Paradoxographi, Varron, Gicéron, /. c; Strabon, I, 3, 17, ig ; Sénèque, Quest. nat., III, 16-26; Pline, Hist. nat., II, § 2oi-336; XXXI, § g-26.