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LA. PHILOSOPHIE ET LA SCIENCE 2o5
nisme aussi flagrant prouve jusqu'à l'évidence qu'il a utilisé un ouvrage au moins postérieur à 378 ; il a tourné en vers le passage qui l'intéressait, sans s'apercevoir de son erreur, ou plutôt sans se soucier de la corriger. Les paradoxographes ne nous fournissent pour ce morceau aucun point de comparaison. On a été frappé du rapport qu'il présente au contraire avec plusieurs chapitres de V Histoire naturelle de Pline ^ Ce rapport est frappant en effet. Mais ce qui n'est pas moins digne de remarque c'est qu'il y a dans Strabon un tableau tout semblable ^ ; il se demande quelles ont pu être les causes des phénomènes qui sur certains points changent la face de la terre ; la question, dit-il, avait déjà avant lui préoccupé un grand nombre de savants'*; il s'est attaché surtout à discuter l'opinion exposée par Eratosthène à la fin du premier livre de sa Géographie'' ; mais il est manifeste qu'en le redressant il s'inspire d'un autre écrivain ; or cet écrivain, comme on l'a déjà reconnu^, c'est Posidonius ''. Si nous en pouvions douter, nous en trouverions la preuve formelle chez Strabon lui-même, au livre II ; après avoir combattu une opinion de Posidonius, ce philosophe, « qui, dit-il, rivalise presque avec les plus grands », il ajoute : « Pour ce qui est des soulèvements et des affaissements du sol, et en général de tous les changements produits, soit par les tremblements de terre, soit par des causes analogues^ que nous avons nous-même énumérées plus haut, ils sont chez lui bien exposés''. » Strabon a mis à profit