‹ Les Métamorphoses d'Ovide et leurs modèles grecs [microform]Chapitre 202 sur 256 · LA PHILOSOPHIE ET LA SCIENCE 2O · texte numérisé non relu

LA PHILOSOPHIE ET LA SCIENCE 2O

le nomme pas. M. Rusch, qui est convaincu que Strabon, Pline, et aussi Sénèque*, doivent en effet à Posidonius la substance de leur théorie, le premier directement, les deux autres par une voie détournée, met Ovide à part, en alléguant qu'il est beaucoup plus sobre d'exemples"^. La raison n'est nullement décisive: Ovide était obligé de s'enfermer dans les limites beaucoup plus étroites qu'un géographe, un naturaliste et un philosophe ; on pourrait même trouver qu'il est encore bien long et qu'il pèche plutôt ici par excès. L'essentiel, c'est que dans l'ensemble il s'accorde avec tous les trois ; et ceci, il est difficile d'en douter. Ils donnent plus d'exemples que lui; mais il en donne un au vers 296, sur lequel ils sont muets ; seul il rapporte qu'une colline s'est subitement formée près de ïrézène par un puissant effort des vents enfermés au sein de la terre. Il n'en est pas moins vrai qu'il reproduit en cet endroit une théorie acceptée et développée par les stoïciens, notamment par Posidonius^.

Ce n'est pas à dire cependant qu'Ovide ait lui-même consulté ce philosophe dans le texte original. Au milieu du morceau où il traite defs bouleversements du sol sont énumérés plusieurs noms de fleuves*; on a vu là une trace de désordre", parce qu'il a groupé un peu plus loin ce qui concerne les cours d'eau''. Mais il y a une grande différence entre les deux passages ; dans le second il met en lumière les propriétés merveilleuses de certaines eaux-, qui changent la nature des corps ;' dans le premier au contraire il

1. Sénèque, Quest. nat., VI, 21, 2 : « Duo gênera sunt, ut Posidonio placet, quibus movetur terra. » Voyez les chapitres suivants, 32 à 26 et II, 26, 3 : « Majorum nostrorum memoria, ut Posidonius tradit, cum insula in Aegeo mari surgeret, spumabat ante diu mare. »

Page 1