Susemihl, t. Il, ch. xxvii. Die Mythographie, p. 5o
3. Robert (Cari), De Apollodori hibliotheca, Berlin, 1878 ; Richard Wagner dans son édition d' ApoUodore, Teubner, 1894, p. 4-
soit pour les explications auxquelles donnait lieu le texte des auteurs anciens, soit pour les devoirs écrits, et notamment pour les narrations, où l'élève devait développer une scène fameuse de l'histoire mythique*. Ainsi lorsqu'Ovide, entre l'an 32 et l'an 27, se soumit, avec les enfants de son âge, aux exercices traditionnels en nsage dans les classes, il n'est pas douteux qu'il dut apprendre à consulter les manuels où les Grecs avaient réuni de belles matières dCéthopèes^, et plus tard, lorsqu'il revint avec bonheur aux études de sa première jeunesse, il dut retrouver sur les rayons de sa bibliothèque les livres dont il s'était servi jadis. Les Métamorphoses ne sont qu'une longue suite d'éthopées ; ce sont des devoirs de classe, écrits par un homme qui avait été. un écolier d'un talent exceptionnel. Nous ne sortons pas de la vraisemblance, en supposant qu'il a composé ce poème en s'aidant des répertoires que ses maîtres avaient mis entre ses mains, lorsqu'il faisait ses débuts dans l'art des vers. Lui-même avait pu y ajouter les ouvrages du même genre qui avaient paru depuis trente ans.
Au moment même où il écrivait, il y avait un savant qui brillait au premier rang dans les études d'érudition: c'était Hygin, le préfet de la bibliothèque du Palatin. Il avait publié un traité d'agriciilture où Virgile a pris en partie la matière de ses Géorgicjues^. Il eut, nous dit un auteur, les relations les plus étroites avec Ovide *. L'antiquité nous a laissé un recueil de légendes, qui porte le nom d'IIygin"": n'est-il pas vraisemblable qu'Ovide en a tiré quelques sujets de développement, propres à entrer dans le cadre de ses Métamorphoses ? C'est une idée que l'on a pu avoir autrefois, lorsque la critique n'était pas encore fixée sur la véritable origine des Fables, attribuées à Hygin ; il serait impossible de la soutenir aujourd'hui: il est reconnu que les Fables ont été rédigées vers le temps de Marc-Aurèle ou de Commode; peutêtre l'auteur s'appelait-il réellement Hygin ; mais rien dans son ouvrage ne remonte à C. Julius Ilyginus, le bibliothécaire. Non seulement Ovide n'a rien pu en tirer, mais on a lieu de croire qu'en plusieurs endroits c'est le compilateur des Fables qui a
1. Ém. JuUien, Les professeurs de littérature dans l'ancienne Rome, p. i34 à 189, 256, SaS.