‹ Les Métamorphoses d'Ovide et leurs modèles grecs [microform]Chapitre 6 sur 256 · opvtaiv Èoi7.o'-s; atyurîttoîatv, //., YII, Sg · texte numérisé non relu

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.10. l'pTjy.t Eowcos, //., XV, 237. Pierron admet ici une métamorphose; il croit

LES OniGINËS DU SUJET DANS L\ LITTERATURE GRECQUE Ô

employé l'expression la plus vague pour permettre à l'imagination des contemporains de s'exercer librement sur ces tableaux ; c'était à chacun de les compléter suivant son goût et sa capacité; la limite qui séparait la réalité du merveilleux était alors si mince que la pensée la franchissait h tout instant ; le poète, chantant devant la foule, s'en remettait h ses auditeurs du soin de trouver ce qu'il ne disait pas ; comme lui c'étaient des voyants ; à eux de donner à l'image la précision et l'intensité que comportait leur fantaisie.

Homère n'explique pas non plus les causes de ces prodiges. Ce ne sont pas chez lui des dénouements; ce ne sont pas même des épisodes ; ce sont de simples incidents. Il est vrai qu'en général ils ont leur .utilité dans le récit. Lorsqu'Apollon change en pierre un serpent devant les Grecs assemblés en Aulide, c'est qu'il veut frapper leurs esprits; c'est un présage, que Ghalcas, inspire par lui, va interpréter aussitôt ^ Les métamorphoses de Protée ont pour but d'épouvanter les étrangers et d'empêcher qu'ils ne lui arrachent ses secrets^; ainsi de beaucoup d'autres. Mais même là le poète a soin de ne pas ralentir l'action; il en est si préoccupé que parfois aussi il se contente d'une simple allusion à une fable connue. Niobé a été transformée en rocher après la mort de ses enfants^; quel rapport y a-t-il entre les deux faits? Homère ne le dit pas ; il n'est même pas sûr que pour lui ce rapport existe. H chante à une époque où beaucoup de légendes sont encore incohérentes ; on n'a pas songé à en coordonner les diverses parties, à y mettre de la logique ; encore moins a^t-on souci de raccorder entre elles des versions originaires de contrées différentes. Les habitants de la Lydie répètent de père en fils qu'un rocher du Sipyle ressemble à une femme qui pleure ; ils lui ont donné le nom de Niobé. Homère mentionne en quelques mots cette tradition; mais quand et pourquoi Niobé a-t-elle été métamorphosée ? Ce n'est pas immédiatement après la mort de ses enfants ; car lorsqu'ils eurent été ensevelis par les dieux, le dixième jour, Niobé « fatiguée de larmes, se souvint dé prendre des aliments*». Le

à une comparaison dans les deux autres passages ; l'expression est pourtant identique.

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