‹ Les Métamorphoses d'Ovide et leurs modèles grecs [microform]Chapitre 80 sur 256 · Au livre XV, entre 621 et · texte numérisé non relu

Au livre XV, entre 621 et

fils^ Ailleurs les métamorphoses sont groupées dans l'ordre géographique^. Ou bien Ovide imagine une assemblée, où les personnes présentes se racontent des histoires merveilleuses; un souvenir en amène un autre,

Utque fit, a facto propioi'e priora renarrant ^.

Les métamorphoses sont souvent une leçon que les dieux donnent aux hommes, une punition infligée à l'impiété et à l'orgueil ; donc certaines fables comportent une morale, qui permet de les rapprocher aisément les unes des autres ; telles sont dans le sixième livre celles d'Arachné, de Niobé, des paysans Lyciens et de Marsyas*.

Ceci revient à dire que, tout en adoptant l'ordre historique, Ovide ne s'est pas fait faute d'emprunter parfois les avantages qu'on pouvait trouver dans les autres plans ; là où il n'y a aucun rapport entre les temps, il y supplée par les rapports qui unissent les lieux, les personnes ou les idées. On ne saurait nier que l'ingéniosité d'Ovide dans ce genre va jusqu'à l'abus; ce qui nous fatigue surtout c'est la répétition incessante du même procédé". Mais ceux qui critiquent trop durement ce défaut devraient bien dire comment il pouvait l'éviter. Ecoutons l'arrêt de Quintilien : n'imitez pas « cette froide et puérile affectation des écoles, où la recherche de la transition amène toujours quelque trait, qu'on applaudit comme un tour d'adresse ; c'est un jeu auquel Ovide se plaît dans ses Métamorphoses, mais il a la nécessité pour excuse ; car il fallait qu'il donnât l'apparence d'un tout à un assemblage de matériaux très divers ''. » Ainsi aux yeux du critique latin ces transitions sont des tours d'adresse, yo/'aesifï^/ae, mais ici des tours nécessaires, et par conséquent on ne peut blâmer les applaudissements qu'ils ont valus au poète dans les écoles de son

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