CHAPITRE IV
NÉVROPTÈRES
Les fourmilions et leurs piéges. — Les ascalaphes. — Les némoptères. Les panorpes, métamorphoses nouvellement connues. — Les bittaques, les borées. — La semblide de la boue. — Les phryganes; larves à fourreaux mobiles, larves à abris fixes.
Une partie seulement des névroptères offre des métamorphoses complètes, ce qui nous oblige à scinder en deux sections l'histoire de ces insectes, à mœurs très-variées, comme les précédents, habitant les uns la terre, d’autres les eaux à leurs premiers âges.
Si l’on se promène pendant la belle saison sur des terrains secs et légers, et surtout contre les excavations d’où on retire du sable, il n’est pas rare que les yeux soient frappés par des entonnoirs creusés avec une régularité parfaite. Au fond apparaissent quelquefois deux crochets recouverts de sable. Is appartiennent à une larve d'un gris rosé, courte, ramassée, à six pattes, les deux paires antérieures dirigées en avant, la troisième en arrière. La tête est large, carrée, munie de deux mandibules en crochets acérés, avec un orifice absorbant communiquant à la bouche et permettant la suc-
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cion. Cette larve ne peut marcher qu'à reculons. Elle creuse son entonnoir en moins d’une demiheure, en décrivant en arrière des tours de spire de diamètre décroissant. Sa robuste tète lui sert de pelle pour rejeter le sable, chargé var une de ses pattes de devant. Puis elle se tapit cachée au fond de l’entonnoir de sable, bien exposé au midi, car la rusée chasseresse parait frileuse (fig. 115). Tout
Fig. 115. — Entonnoir du fourmilion.
est prêt. Si quelque malheureux insecte vient rôder autour de l’abime mouvant, le sable s'écroule sous ses pas. Il cherche à se cramponner au talus; une pluie de sable, lancée du fond du trou par la larve, l’aveugle et l’étourdit. Il tombe; aussitôt les crochets cruels s’enfoncent dans son corps, et tous ses fluides sont sucës, comme par une araignée. Puis le cadavre est lancé hors du trou d’un coup de tête, et la larve recommence l'affût. Comme les fourmis sont souvent ses victimes, on nomme le genre auquel elle appartient myrméléon ou fourmilion. Le
Myrmeleo formicarius se trouve aux environs de Paris, mais s’avance peu au nord. On le rencontre encore à Compiègne. Par une erreur singulière, Réaumur croyait que la larve n'avait pas d’orifice anal. Il est très-pelit, et les excréments trèsfins se perdent dans le sable. Elle se file un cocon ovoïde en soie tout satiné à l’intérieur, revêtu à l'extérieur de grains sableux, ct y devient une nymphe à parties Fig. 416. bien visibles, recouvertes d’une Lane mymple#E60000 mince pellicule: VOn JESPIPtonnE de la grandeur des ailes de gaze de Pélégant insecte qui sort de cette petite nymphe. On dirait, au premier aspect, une libellule ou demoiselle. Ses antennes grenues, terminées par un renflement, l’en distinguent (fig. 117). En outre, pour qui l’a vu voler, il est impossible de faire confusion. Ses ailes molles s’agitent lentement, et il est obligé de se reposer bientôt, tandis que les libellules ont un vol très-rapide et longtemps soutenu. Il répand une odeur de rose, comme plusieurs autres insectes des sables.
Les espèces de ce genre augmentent à mesure qu'on s'avance vers les régions chaudes. On rencontre dans la partie la plus méridionale de la France, dans les endroits les plus secs, et sortant du repos seulement sous les rayons les plus ardents du soleil, une grande et superbe espèce, à ailes tachetées de noir, le myrméléon libelluloïde (fig. 118). Sa larve ressemble à celle de l’espèce parisienne,
Ld
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mais beaucoup plus forte, également avide du sang des insectes. Elle peut se diriger en avant et chasse
Fig. 117. — Fourmilion adulte.
à découvert dans les lieux arides et sablonneux, mais sans creuser d’entonnoir. Le fait a été bien prouvé récemment par une de ces larves, élevée pendant plusieurs mois chez M. Blanchard (fig. 119). K \ Les Parisiens connaissent trèspeu de magnifiques insectes, au vol le plus vif pendant les chaudes journées où le soleil brüle la terre de ses rayons : ce sont les ascalaphes. = Des ailes amples, variées de noir et Fig. 119. de jaune, un corps noir, velu, de 127% denyenéléon longues antennes avec une large massue à l'extrémité, comme chez les papillons de jour, les caractérisent. On en signale plusieurs espèces, très -analogues. L'ascalaphe longicorne se montre toujours rare dans le centre de la France et se trouve au mois de juillet près
de Paris, sur les coteaux secs de Lardy et de Poquency; on observe en Provence l’Ascalaphe méridional (fig. 120). Les mâles, à la recherche des femelles, volent avec la plus grande vélocité le long du versant des collines arides, au plus ardent so-
Fig. 121. Fig. 120.
Larve d’ascalaphe. Ascalaphe méridional.
lil. La femelle s'élève verticalement, quand le mâle vient à passer au-dessus d’elle, comme une pierre lancée avec force. Les deux insectes s’accrochent par leurs ongles arqués et le couple va se placer sur quelque plante. Quand ces puissants voiliers se reposent quelques instants, c’est sur l’extrémité des plantes. Les larves des ascalaphes ont une tête très-crande, des tubercules épineux aux anneaux de labdomen. Leurs mandibules sont percées, comme chez les larves de fourmilions, de manière à sucer le sang des insectes (fig. 121). Elles ne font pas d'entonnoirs, marchent en avant, se cachent dans les petites pierres et les détritus, et de là s’élancent sur les insectes qui passent. On peut dire qu'elles sont aux fourmilions immobiles et rélrogrades ce que les araignées sauteuses sont aux araignées tendeuses de toiles.
Fig. 118. — Myrméléon libelluloïde, mâle.
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I serait curieux de rechercher les premiers états, encore inconnus, des némoptères, à ailes élégamment maculées de jaune et de noir, et dont les ailes inférieures sont très-grèles, presque linéaires, souvent dilatées en spatule à l'extrémité. On rencontre l'espèce la plus commune dans les îles de lArchi-
Fig. 122. — Némoptère de Cos.
pel et en Écypte; cette espèce, ou une très-voisine, existe aussi en Espagne et en Portugal, et, dit-on, très-rarement en France, aux environs de Perpignan (fig. 122). Nous serions heureux de provoquer à ce sujet d’intéressants travaux.
On observe dans les bois, les jardins, et souvent à la fin de l'hiver, collés aux vitres, à l’intérieur des maisons de campagne, de délicats insectes, au corps grêle, aux ailes finement réticulées de vert ou de jaune, aux yeux très-saillants et d’une teinte d’or ou de cuivre poli. Ils laissent entre les doigts, si on
les saisit, l'odeur la plus infecte, plus infecte encore que celle des coccinelles, autres mangeurs de pucerons. Cette sécrétion parait être la seule défense d'animaux aussi débiles, dont le vol est faible et de courte durée. De longues et fines antennes surmontent leur tête. Ce sont les hémérobes ou demoiselles terrestres. Elles pondent sur les tiges ou sous les feuilles des œufs très-singuliers, portés sur de longs filaments, qui les firent prendre pour des champignons par les premiers observateurs et décrire comme tels. La femelle vole un peu après avoir déposé l’œuf, de sorte que la matière gluante qui l'entoure s’étire et se solidifie à l’air en pédicule. IT nait de ces œufs des larves ressemblant à celles des fourmilions, mais plus élancées, à tête moins aplatie. Elles marchent en avant, sur les tiges et les feuilles, à la chasse des pucerons, dont elles font un grand carnage, enfonçant dans leur corps dodu et succulent leurs longues mandibules percées d’un canal pour la succion. Aussi lhabile historien des mœurs des insectes, Réaumur, les appelle les lions des pucerons. Elles attaquent aussi les chenilles. Parvenues à toute leur croissance, elles lilent dans les replis de quelque feuille une trèspetite coque de soie, de forme sphérique, et l'insecte parfait en sort au bout d’une quinzaine de jours. On esf tout étonné de ses dimensions si on le compare à la nymphe ramassée qui était dans cet étroit cocon. Les nombreuses espèces de ce genre se ressemblent beaucoup et sont difficiles à distinguer. Nous avons choisi, pour la faire figurer, la plus grande espèce de France, d’un genre très-
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voisin, l'osmyle tacheté, qu'on trouve près de Paris, au mois d'août, dans les arbustes qui bordent les ruisseaux el les mares (fig. 125). Ce bel insecte est toujours rare. Caché pendant le jour, il vole au crépuseule, faiblement et sans aucun bruit. Sa larve vit dans la terre humide qui est au contact de l'eau, et monte après les tiges des plantes pour se métamorphoser en nymphe.
Les névroptères carnassiers terrestres nous of-
Fig. 123. — Osmyle tacheté.
frent encore un groupe singulier par le prolongement des pièces de la bouche, rassemblées en une sorte de bec perforant. Aristote et Théophraste avaient observé les panorpes, et, trompés par une analogie fort grossière, les appelaient mouchesscorpions, distinguant alors deux sections dans-les scorpions, les uns fixés au sol et sans ailes, les autres pouvant s’élancer dans les airs pour saisir leurs victimes. Les panorpes se tiennent dans l'herbe et dans les broussailles, depuis le mois d'avril jusqu’à la fin de Pété. Elles ont le corps grèle, porté sur de longues pattes, tacheté de jaune et de noir. Quatre ailes droites, maculées de noir, chevauchent au repos lune sur Pautre et recouvrent Pabdomen (fig. 12% et 125). Chez le mâle lab-
domen se recourbe à l’extrémité sur le dos, et son dernier anneau se termine par un crochet rougeâtre et gonflé qui offre quelque ressemblance avec la griffe courbe qui termine la queue relevée du scorpion; mais ici il n’y a pas de poche à venin, et, en
Fig. 124 et 195. — Panorpe femelle et mâle.
regardant mieux, on voit que le crochet est double. Les deux pointes sont insérées sur deux tubercules renflés et forment une pince destinée à saisir la femelle (fig. 126). L’abdomen de celle-ci se termine tout différemment; ses anneaux s’effilent en un long tube rétractile propre à la ponte des œufs. En hberté, dans la nature, ces insectes montrent
Fig. 126. t Pince du male. leur audace et leur bravoure. Ils sai-
sissent au vol les mouches et les papillons, les percent de leur bec puissant et les dévorent posés sur les plantes. On les voit souvent se jeter sur des libellules de beaucoup plus erande taille, les renverser et les tuer. Quand on saisit les panorpes, elles laissent couler par la bouche une salive brune, caractère propre à beaucoup d'insectes carnassiers, Bien que ces panorpes soient communes, ce n’est
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que tout récemment que leurs premiers états ont été bien connus et décrits en Allemagne par M. Bauer. Les larves et les nymphes vivent en effet profondément cachées dans les terrains humides. M. Bauer réussit à élever pendant six semaines une paire de ces insectes en les nourrissant de pommes, de pommes de terre et de viande crue, et à les faire reproduire. La femelle dépose ses œufs dans la terre (fig. 127). Ces œufs, d’abord blancs, deviennent ensuite d’un vert brunâtre, avec des lignes d’un brun foncé.
Ils sont volumineux et éclosent au bout de huit jours.
La larve molle se tient courbée et se nourrit de débris organiques. En captivité, on peut lui faire manger de la viande pourrie et du pain.
Elle grandit peu d’abord, su- borne feaclie pondant. bit plusieurs mues, et ne par-
vient à toute sa croissance qu’au bout d’un mois. Sa couleur est en dessus d’un gris rougeñtre et bianchâtre en dessous. La tête a la forme d’un cœur, des yeux saillants, de fortes pièces buccales. Les anneaux du thorax ont de petites pattes cornées, les autres charnus ont des pattes abdominales molles et en forme de cône. Sur le dos des trois derniers anneaux sont des stylets cylindriques terminés par de longues soies. Le dernier anneau porte quatre tubes qui déversent une liqueur blanche. Ordinairement tranquille, elle sait se mouvoir avec rapidité si on leflraye. Pour se changer en
nympbhe, elle s'enfonce plus profondément dans la terre et conserve encore assez longlemps sa forme. Ce n’est qu’au bout de dix à vingt jours qu'elle de-
Fig. 198 et 129. — Larve et nymphe de panorpe, très-grossies.
vient nymphe, laissant voir alors la figure défimitive de l’insecte et deviner son sexe (fig. 128 el 199). Elle offre déjà les couleurs de l'adulte, avec cette différence que le jaune est beaucoup moins intense, surtout en dessous. C’est au bout de quinze jours environ que linsecte remonte à la lumière. I] lui a fallu neuf semaines pour attendre, à partir de l’œuf, son entier développement. Comme les panorpes n'apparaissent pour la première fois qu’à
NÉVROPTÈRES. 159 la fin d'avril, il en résulte qu'il ne peut y avoir que deux générations par an. Les larves de la seconde génération passent l'hiver sous la terre et donnent les adultes d'avril.
Le midi de la France possède un autre genre de ces névroptères à bec, de mêmesmœæurs, la bittaque
| Fig. 151.
Bittaque tipulaire. Borée hyémal grossi, mâle.
tipulaire, dont l'aspect est celui d’un grand cousin qui aurait quatre ailes (fig. 130). Cette espèce, diton, se rencontre très-rarement et d’une manière accidentelle près de Paris. On ne connait pas ses métamorphoses, et il en est de même pour un autre genre de très-petite taille, le Borée hyémal. La tête présente un rostre, comme les panorpes. Les borées sautent, et sont d’un noir luisant avec des reflets d’un vert de bronze. Les mâles ont des ailes amincies en soie, finement ciliées (fig. 131); les femelles n’ont que de très-petits rudiments d’ailes, avec une tarière aiguë destinée à la ponte, presque aussi longue que la moitié du corps. C’est dans
le nord de l’Europe, en Suède, et dans les régions élevées des Alpes, qu’on rencontre ces singuliers insectes, en troupes considérables sur la neige.
Dans le précédent ordre d'insectes, des larves vivaient dans l’eau, ainsi celles des dytiques et des hydrophiles, mais ne cessaient pas de respirer l'air en nature. Les moyens employés par le Créateur sont multiples, appropriés à des circonstances que nous ne saisissons pas toujours. Aussi ne devons-nous pas nous étonner si les larves aquatiques des névroptères nous présentent un autre mode de respiration, la respiration au moyen de branchies, organes qui absorbent l’air dissous dans l’eau, comme on le voit chez les poissons, les écrevisses, les huitres, etc. Les eaux vaseuses contiennent en abondance des larves allongées, à tête écailleuse, pourvues d’yeux, de mandibules arquées et de courtes antennes. Les anneaux de l’abdomen portent des paires de filets libres, flottants, perpendiculaires au corps et articulés en quatre pièces qui vont en s’effilant. Un prolongement caudal le termine. Ces larves vivent de proie dans les fonds boueux, et ouvrent fortement les mandibules pour mordre. Les nymphes sont terrestres; aussi les larves quittent l’eau et gagnent la terre sèche, au pied des arbres, parfois à plusieurs mètres de distance de l’eau. Elles s’enfoncent en terre et vivent encore environ quinze jours avant de se transformer, respirant alors l'air gazeux au moyen de ces mêmes branchies qui auparavant fonctionnaient dans l’eau. C’est un fait curieux, analogue à celui des crabes de terre ou
Là
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tourlourous, de nos colonies des Antilles. Elles se creusent une cavité ovoide et y deviennent une nymphe, immobile et molle, offrant des antennes, des pattes, des rudiments d'ailes et des couronnes de poils roides aux anneaux de l’abdomen. Ces nymphes laissent éclore sur place l'adulte qui sort de terre en y abandonnant intacte sa peau de nymphe. L'espèce très-commune est la semblide de la boue, à ailes réticulées de noir, d'aspect enfumé, les postérieures très-larges, recouvertes au repos par
Fig. 132, 135, 154. — Semblide de la boue, adulte, nymphe, larve.
les antérieures en forme de toit un peu renflé sur les côtés (fig.132,133, 134). Les semblides ne vivent que quelques jours à l’état parfait. Le mäle est d'environ un tiers plus petit que la femelle. Celle-ci pond sur les feuilles, les roseaux, les pierres, les murs, des œufs allongés à l'extrémité, et que la mère dispose les uns contre les autres, comme des
petites bouteilles. La jeune larve est quelquefois
forcée de parcourir une certaine distance pour se
rendre à l’eau.
Les pêcheurs à la ligne connaissent parfaitement
des larves, que Réaumur plaçait dans ses teignes
| aquatiques, et dont le corps mou et délicat est pra-
tégé par des fourreaux très-variés. Elles s’y cram-
. ponnent par des crochets, placés à l'extrémité de
te
l'abdomen, et il faut un certain effort pour les re- | tirer du fourreau quand on veut s'en servir pour : amorcer la ligne. On les nomme casets, d’aprèscette … habitude de se renfermer dans une case ; charrées, parce qu’on les voit souvent trainer après elle ces fourreaux. Les paysans les appellent porte-bois, porte-feuilles, porte-sables, parce que, selon les espèces et selon les eaux, les fourreaux sont recouverts de substances différentes. Le nom scientifique qui leur a été donné par Belon, notre vieux naturaliste
des habitants des eaux, et adopté par Linnæus, … celui de phryganes, a la même signification, ear 1l veut dire fagot, réunion de petites branches. Ces insectes aquatiques, après avoir fixé l’attention des anciens observateurs, ont été étudiés avec soin par C. Duméril, puis par M. Pictet, à qui nous emprunterons quelques curieuses figures. Les œufs pondus par les femelles sont enfermés dans des sortes de boules gélatineuses qui se gonflent dans l’eau et se fixent aux pierres. Cette gelée conserve l’œuf quand les petites mares et les ruisselets sont à sec pendant leschaleurs de l'été,etnous expliquentcomment on peut trouver des phryganes dans des fossés qui ont été privés d’eau pendant plusieurs mois. La larve s'aperçoit dans l’œuf transparent, comme un petit ver sans pattes ; elle éclôt peu de jours après la ponte, sort de l'œuf, puis de la gelée, après avoir séjourné plusieurs jours dans celle-ci. Ces larves sont alors comme de petites lignes noires. Les coques des œufs restent dans la gelée, qui bientôt se détruit. Toutes les larves de ce groupe vivent
dans l'eau, mais se partagent d’après leurs mœurs 1 !
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en deux sections. Les phryganes proprement dites se construisent des étuis mobiles dont nous allons parler ; d’autres genres ne bâtissent que des abris fixes, plus ou moins imparfaits, contre le sol et les erosses pierres. Il est facile d'élever ces larves dans des aquariums et de voir leurs singuliers travaux ; c'est ce qui nous engage à entrer dans certains détails.
Si les larves à étuis mobiles vivent dans les eaux courantes, elles attachent leurs éluis par quelques fils de soie ; dans les eaux stag-
. nantes elles flottent ou
. marchent au fond de
Peau. L’abdomen est
toujours protégé par
- l'étui ; la tête et le
. thorax sont souvent plus ou moins dehors, ct la larve se cram-
| ponne par les pattes.
: Tout rentre dans l’é-
tui si l'animal est in-
»quiété. Les anneaux
de Pabdomen portent
« des houppes molles et
» couchées transversa-