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HYMÉNOPTÈRES. 179 . éclosent, les sentinelles vigilantes averuissent au . moindre bruit. Il ne faut alors s'approcher qu'avec précaution, sans aucun mouvement brusque qui effraye et irrite les abeilles, et surtout ne pas frap- . per contre la ruche. Une mère nouvelle sort de sa - cellule, c’est elle que nous allons suivre. L'an- * cienne mère cherche à la tuer. Si elle ne réussit * pas, une grande partie des ouvrières se groupe au- - tour d'elle, et, dépossédée de son domaine, elle » sort entourée de son essaim qui se pend en pelote à - une branche voisine, la vieille mère au centre. On se hâte de le recevoir dans une ruche nouvelle ; sinon, averti par les éclaireurs , il irait construire “dans quelque creux d'arbre ou dans une cavité forluite du sol. La jeune mère est restée maitresse. Six à sept jours après sa naissance , par un beau matin où brille le soleil, elle sort, tourne autour de a ruche pour bien la reconnaitre, puis s’élance dans les hautes régions de l'air, où voltigent en ourbillonnant de nombreux faux-bourdons. Elle revient bientôt à la ruche, féconde pour toute sa vie, et ne la quittera que pour essaimer. Elle com- Imence sa ponte dès le second jour. Ses œufs sont : allongés, un peu courbés, d’un bline bleuà-
re. Ils sont de deux sortes, les uns de femelles, les utres de mâles. La jeune mère, pendant la belle ison de la premitre année et l'hiver, s’il est oux, ne pond que des œufs de femelles, dans les tites cellules vides. Ces œufs doivent produire des ouvrières ou femelles imparfaites. Pendant Ja Ponte la mère est l’objet des soins empressés des ouvrières. Elles l'essuient avec leur langue, lui
dégorgent de temps à autre du miel dans la bouche et détruisent les œufs qui tombent par hasard ou dont le nombre dépasse un par alvéole,.
La mère s'arrête quelques secondes dans chaque | cellule et dé pose un œuf au fond, oùil est maintenu À par un enduit visqueux. La température de la ri che, de 25° à 30°, suffit pour faire éclore cet œufau bout de trois jours habituellement. Il en sort une larve sans pattes, d’un blanc un peu grisätre ou jaunâtre, ridée circulairement, à tête à peine plus co= lorée que le corps. Sa bouche n'offre que deux faibles mandibules écailleuses, sa lèvre inférieure a une filière comme celle des chenilles. Ces larves” restent toujours roulées en anneau au fond de la cellule et peuvent s’y mouvoir lente-" ment en spirale (fig. 157). Les nourrices leur apportent une pâtée for,
bg. 151 née de miel et de pollen et variant ane selon l’âge du ver, d’abord blanche el insipide, puis devenant de plus
en plus sucrée et sous forme de gelée transpa= rente. Les soins les plus tendres sont ainsi donnés“ plusieurs fois par jour, pendant six jours en ron. Alors les nourrices ferment les cellules des larves avec un couvercle bombéet non plat, comme celui des cellules à miel; les larves se redressent, s'allongent, et pendant un jour et demi tapissen les cellules d'une pellicule de soie roussätre. La même cellule peut avoir ainsi plusieurs pellicules: si elle a logé plusieurs larves. Cette chemise dt soie est destinée à empêcher la peau si délicate dé la nymphe d’être blessée par les parois. Après troi
HYMÉNOPTÈRES. 181 jours de repos, la larve se change en nymphe blanche,emmaillottée d’une fine peau qui laisse voir les yeux, les antennes, les ailes et les pattes couchées le long du corps. Pendant sept jours environ, a nymphe reste immobile, et ses organes internes se forment. La larve n’a eu besoin que de la chaleur de la ruche. S'il faut admettre qu'on puisse généraliser par analogie les observations bien positives de Newport sur les bourdons, les nourrices seraient aussi des couveuses et augmenteraient volontairenent, par une plus puissante respiration, la chaleur ambiante, en se posant, à la fin de la vie de la nymphe, sur le couvain operculé. Les mâles pourraient aussi participer à cette incubation qui serait
nécessaire pour donner aux nymphes leur vitalité
- complète. Celles-ci déchirent avec leurs mandibules
les couvercles qui les maintenaient caplives, et sortent sans secours étranger ; mais aussitôt que les
jeunes abeilles, encore molles et plus pâles, ont
réussi à quitler les cellules et sont reconnues par
là aptes aux travaux communs, les ouvrières les
*essuient, les brossent, étendent leurs ailes et
leur offrent du miel. Tant que la chaleur du
début de lété se maintient et que les fleurs pullulent, les mâles, paresseux et indolents, ont
continué leurs excursions et rentrent le soir à la ruche; mais les provisions deviennent moins abon- .dantes, une fureur subite s'empare des ouvrières . contre ces bouches devenues inutiles. La consigne du meurtre est donnée ; des sentinelles spéciales si- nalent l’arrivée des malheureux faux-bourdons, | une escouade d’exécuteurs se précipite sur chaque
mâle qui rentre plein de confiance, à l'heure habi- : tuelle du souper; ilest percé de coups d’aiguillons, » et le lendemain les alentours des ruches sont noirs de cadavres. Ce n'est pas tout ; leslarves et nymphes de mâles qui existent encore sont arrachées des berceaux et jetées dehors, criblées de blessures mortelles. Cependant on peut trouver accidentellement, » à la fin de Paulomne, quelques mâles dans les ru-. ches ; tantôt ce sont des ruches en décadence où les … neutres semblent devenus indifférents à l’intérêt général: tantôt, au contraire, par les années florissantes où les rayons regorgent de miel, c’est à une dédaigneuse insouciance que quelques faux-bourdons doivent la vie, comme le riche bien repu qui tolère un insignifiant parasite à sa table.
La ponte de la mère diminue peu à peu, à mesure que la saison s’avance. Aux premiers froids, les abeilles se rassemblent en peloton dans la ruche et ne mangent plus. Ce peloton est d'autant plus serré que la température du dehors s’abaisse davantage. Réaumur et Huber ont affirmé que pendant lhiver il régnait dans les ruches la chaleur d'un perpétuel printemps. Au contraire, Newport soutient que les abeilles tombent en engourdissement dans les grands froids et que la température de la ruche diffère alors peu de celle du dehors. Dubost, tous les” praticiens modernes, ont une opinion contraire 2" les abeilles ne s’endorment pas en hiver et la ruche | reste toujours très-chaude, au moins au tempéré: Il parait très-probable que l'erreur du célèbre na turaliste anglais vient de ce que lethermomètre placés dans la ruche, pour ce genre d'observations, n'6skM