‹ Les métamorphoses des insectes (volume 2)Chapitre 16 sur 40 · RP TP NT PT PT À · texte numérisé non relu

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pas toujours recouvert par la masse serrée des abeilles. Alors la température peut s’abaisser audessous de la glace, et nème, dans les hivers trèsfroids, comme l’a vu Dubost en 1788-1789, des glaçons tapissent la ruche et s'arrêtent tout près du peloton d’abeilles où se maintient, mais là seulement, une température élevée.

Aux premières chaleurs du printemps, elles consomment le miel qui a été mis en réserve, Jusqu'aux premières fleurs. La ponte de la mère reprend, et pendant deux mois environ ce sont encore des œufs femelles qu'elle dépose dans les petites cellules et qui donnent des ouvrières destinées à réparer les pertes dues aux décès de l’hiver. Puis, la ponte d'ouvrières continuant toujours, en avrilet en mai, à certains jours, la mère pond des œufs différents, des œufs de mâles, et, sans hésitation, les

confie aux grandes cellules hexagonales. L’œuf du

mâle éclôt en trois jours; sa larve vit six jours, nourrie de la même pâtée que celle des ouvrières, avec la même tendresse. Après la pose du couvercle de cire bombé, cette larve reste trois jours à filer, puis douze jours environ en nymphe, ce qui fait que le couvain de mâle n’éclôt qu’en vingt-quatre jours au plus tôt, au lieu de vingtet un jours qui ont suffi au couvain des ouvrières. Les jeunes mâles qui seront massacrés par la suite reçoivent en naissant

les mêmes attentions dévouées que les ouvrières.

Par intervalles, à des jours distincts, la mère, au milieu de sa pointe de mâles, va déposer des œufs

de femelles, pareils en tout à ceux d'où naissent les

ouvrières, dans les immenses cellules latérales dont

nous avons parlé. Un des plus étonnants prodiges dont abondent les métamorphoses des insectes va

nous être offert. A la petite larve, toute pareilleaux

larves d’ouvrières, qui sort de œuf au bout de trois jours, les nourrices apportentune nourriture toute particulière, d'abord acidulée, puis plus sucrée que la pâtée ordinaire. En outre, cette pâtée royale est prodiguée et reste en excès dans cette vaste loge où la jeune larve dilate son abdomen à son aise. Qu’arrive-t-il? les organes producteurs des œufs, au lieu de rester stériles comme chez louvrière peu nourrie et resserrée dans sa petite loge, se développent, et, à la place d’un neutre, la larve donnera une mère féconde. Tout va aller plus vite sous l’influence de cette succulente nourriture. Elle ne met qu'un jour à filer, prend deux jours et demi de repos, devient nymphe et ne reste sous cette forme que quatre à cinq jours, de sorte qu’au bout de quinze à seize Jours après la ponte, la jeune mère est prête à percer le long couvercle pointu avec lequel les ouvrières ont fermé la cellule royale. Il arrive quelquefois que les ouvrières ne jugent pas l’instant de sa sorlie favorable; elles renforcent le couvercle avec de la nouvelle cire et maintiennent la femelle en prison, de quatre à huit jours, en lui passant du miel par un petit trou. L'influence de la pâtée royale est bien évidente, car il en tombe quelques miettes dans les cellules d’ouvrières placées près de la grande cellule, par la confusion inévitable de la mulütude des nourrices empressées autour de la larve de mère. Cela suffit pour donner une demifécondité à ces ouvrières et leur faire pondre ex-

clusivement des œufs de mâles. Ces ouvrières pondeuses, comme les vraies femelles, sont exposées à toute la colère de la mère. Les ouvrières connaissent très-bien cette propriété merveilleuse qui assure la durée des ruches. Si un accident les prive de

Ja reine à un moment où la ruche n’a pas de cou-

vain d’ouvrières, tout est perdu, les abeilles se dispersent et vont mourir dans la campagne, car les abeilles des autres ruches tuent sans pitié toute étrangère qui cherche à entrer. S'il y a du couvain, le travail continue. Vite on isole une larve d’ouvrière en massacrant les voisines pour rompre les cloisons, et une vaste cellule, cette fois au milieu du gâteau (cellule royale artificielle), entoure la préférée ; on lui apporte la précieuse nourriture, elle devient une femelle; la ruche est sauvée.

Nous connaissons en Europe deux espèces trèsvoisines d'abeilles, l'abeille commune (Apis mellifica), à abdomen brun, de l'Europe centrale, et l'abeille ligurienne (Apis ligustica), d'Italie, de Sicile, de Crète et de Grèce, celle qu’a chantée Virgile. Son abdomen est fauve. Peut-être n'a-t-on que deux races constantes, car on peut les croiser et l’on a des ruches mixtes fécondes. En Égypte, on élève, également en ruches, l'abeille à bandes. Dix ou douze autres espèces d'abeilles existent dans l’ancien monde, au Sénégal, au Cap, à Madagascar, aux Indes orientales, à Timor, ete. On récolte leur miel sauvage. L'Amérique n'avait point d’abeilles ; on y à introduit, au nord et au sud, l'abeille d'Europe qui y a multiplié. Seulement elle y devient très-facilement sauvage dans les bois, ce qui lui

arrive au contraire très-rarement chez nous. Cette influence du continent américain s'est manifestée

sur tous nos animaux domestiques importés, sur les bœufs et les chevaux libres aujourd'hui dans les pampas comme sur les abeilles. Les vaches n’y gardent le lait que pendant l'allaitement de leur veau.

Les populations primitives de Amérique con-

naissaient cependant le miel, un miel moins doux

que le nôtre, plus parfumé, plus coloré et plus fluide. Lors de la conquête, les Espagnols reconnurent au Mexique et en Colombie l'existence d’insectes plus petits que nos abeilles, faisant leurs gâteaux dans les creux d’arbre, où l’on va encore habituellement les chercher, présentant des mâles, des femelles et des neutres, mais tous sans aiguillon (il est rudimentaire chez les femelles et ouvrières), ce qui rend la récolte très-aisée. La cire est brune et de médiocre qualité. Sous d’épais feuillets de cire sont des gâteaux à alvéoles hexagonaux, les uns des mâles, les autres de femelles ou d'ouvrières. Ces cellules des larves sont bouchées par les ouvrières, et les larves se filent un cocon. Tout autour de cet amas de berceaux sont de grands pots arrondis, où amphores, où s’amasse le miel, de forme tout autre que les cellules à couvain. Il est très-probable que les mâles, les neutres et plusieurs femelles fécondes existent ensemble. En effet, iei personne n'a d'arme, la bonne intelligence doit régner. On doit être porté à croire que les femelles fécondes se font, à la volonté des ouvrières, par une pâtée spéciale ; car, quand on veut multiplier les nids de ces douces mélipones, on prend au hasard quel-

ques gâteaux et on les porte dans un creux d'arbre, et toujours une nouvelle colonie se fonde. On commence en Amérique à rendre domestiques certaines espèces de mélipones, qui consentent à accepter pour ruche des pots de terre, de caisses de bois ou des troncs d'arbres perforés. On a amené plusieurs fois en Europe ces nids de mélipones. En été, les insectes ont butiné, mais ont toujours péri aux premiers froids, en refusant le miel qu'on leur offrait. Ainsi, on a conservé au Muséum, pendant l’été de 1863, une ruche de la mélipone scutellaire, du Brésil (fig. 198). On ne trouva pas de couvain dans le nid, les amphores à miel étaient vides, et tous les individus qui arrivèrent Jusqu'en octobre étaient des neutres. Il est très-probable 2

que les sociétés des mélipones es sont permanentes, comme celles

des abeilles. L'ancien monde offre aussi quelques mélipones, en Abyssinie, au Bengale, etc. ; la Tasmanie également.

Les mellifiques sociaux dont il nous reste à parler ne font que des colonies annuelles, dont tous les individus meurent à la fin de l’automne, à l'exception de certaines femelles fécondes, qui vont passer l’hiver engourdies dans quelque trou, et commenceront au printemps le logement de leur nombreuse postérité. Parcourez, au mois de mars, les prairies

. -où commence le gazon, les bois encore dépourvus de feuilles ; vous verrez voler çà et là des bourdons au corps velu, tous de la plus grosse taille. Ce sont les femelles réveillées par les premiers soleils du

printemps. Elles visitent les interstices des pierres, les trous creusés par les mulots ; elles se glissent sous les amas de mousse, cherchant une place convenable pour leur nid. Si nous suivons le travail d’une de ces grosses femelles, nous la verrons apporter d’abord de la mousse, des herbes sèches pour façonner les parois du nid, dans lequel elle pénètre par une longue et étroite galerie couverte, afin d’en rendre l'accès difficile aux insectes ennemis. Puis elle y dépose une pâtée de miel et de pollen ; des petits trous y sont creusés où elle pond ses œufs, opération assez pénible pour elle et dans laquelle son aiguillon lui sert d'appui. Il en naît des larves blanches, sans pattes, trouvant tout de suite leur subsistance dans cette boule mielleuse que la mère accroit sans cesse autour d’elle. Les larves se filent des coques de soie, placées l’une contre l’autre, où elles se transforment en nymphes. Il n’éclôt d’abord que des ouvrières ou petites femelles infécondes, qui aident aussitôt la mère dans son travail et amassent la nourriture des larves. Elles achèvent le nid, l’agrandissent, y façonnent des gâteaux grossiers formés de cellules

ovoides de cire. Un miel très-fin y est déposé, ser- .

vant à humecter la pâtée des larves et à nourrir la colonie, seulement dans les jours pluvieux, car les bourdons meurent à l’entrée de l’hiver: certaines cellules sont remplies de boulettes de pollen. Bientôt la mère ne fait plus que pondre, mais aux œufs d'ouvrières s'ajoutent des œufs de mâles et de femelles fécondes, de taille très-variée, souvent plus petites que la mère, plus grosses que les ouvrières,

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C’est sans doute une nourriture spéciale qui provoque la formation de ces femelles. On croit que ces sortes de femelles ne donnent naissance qu’à des mâles, et on explique ainsi le grand nombre de ceux-ci à l’arrière-saison. Au mois d'août éclosent quelques grosses femelles fécondes, pareilles à celle qui à fondé le nid. Il n’y a pas de cellules distinctes pour ces divers individus; la colonie des bourdons est une dégradation évidente de celle des abeilles. Les femelles fécondes demeurent ensemble dans le nid sans combat. Les grosses femelles, nées à la fin de lété, ne pondent pas, bien que fécondées. Elles se dispersent à la fin de l’année, alors que la mère fondatrice de l’année d’avant, les mâles de bonne heure, un certain nombre de femelles, les ouvrières, meurent. Ce sont elles qui, après l'engourdissement de l'hiver, seront les mères des colonies de l’année suivante. Chaque nid de bourdons peut avoir de cent cinquante à deux cents individus, mais il est rare qu'ils y soient tous en même temps; beaucoup, surpris par la nuit ou par la pluie, restent à dormir sur les fleurs et découchent du nid. Le petit nombre d'habitants des nids de bourdons rend ceux-ci bien plus faciles à observer que les abeïlies et les guêpes. Cesontles bourdons (humbles bees des Anglais) quiont permis à Newport de constater le rôle des femelles, et aussi des mâles, se plaçant comme couveuses audessus des coques de soie où résident les nymphes prêtes à éclore, et par une respiration volontairement activée, ainsi que le témoignent les rapides inspirations de leur abdomen, élevant la température de leurs corps et par suite celle des nymphes

au-dessus de celle de l'air du nid. Voici, sur l’espèce que nous avons figurée dans l'introduction, p. 27, quelques observations du célèbre naturaliste anglais, traduites en degrés centigrades. Des thermomètres très-étroits, à réservoir gros comme une

plume de corbeau, étaient glissés entre les coques

à nymphes et les bourdons placés au-dessus. Dans une expérience, la température de Pair du nid étant de 21°,2, celle des bourdons, au nombre de sept, recouvrant les nymphes, fut de 35°,6 et la température des coques voisines; sous la même voûte de cire, mais non recouvertes par les bourdons, seulement 27°,5. Dans une autre expérience, l'air du nid étant à 24°,0, le thermomètre placé sous quatre bourdons couveurs monta à 54°,5. Les jeunes bourdons sortaient de leurs coques, après plusieurs heures de ces incubations dans lesquelles les insectes couveurs se relayent. Ils sont d’abord mous et grisâtres, mouillés, très-sensibles au moindre courant d’air, s’insinuant pour se réchauffer au milieu des gâteaux ou entre les bourdons anciens. Ce n’est qu’au bout de plusieurs heures qu'ils durcissent, et qu’on voit se dessiner les bandes jaunes et noires de leurs anneaux.

C’est en étudiant les bourdons que le comte Lepelletier Saint-Fargeau fit une bien curieuse découverte qui éclaira toute l’histoire des hyménoptères nidifiants. Il avait reconnu qu’on trouve dans nos bois certains insectes ayant tout à fait l'apparence de bourdons (fig.159), par leurscorps poilu, à bandes de diverses couleurs, mais dont les pattes postérieures, étroites et non dilatées, sans épines, ni Cor-

PDT UT, D.

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où ni fie

beille, ni brosses, ne peuvent permettre la construction des nids ni la récolte du pollen (fig. 160, 161). Ces psithyres, ou apathes des entomologistes anglais, n'ont que des mâles et des femelles fécondes. On trouve au mois de septembre beaucoup de mâles de psithyres dans nos bois, sur les capitules des scabieuses, des chardons. Incapables de nourrir leurs larves, les psithyres pondent leurs œufs au

Fig. 160.

Jambe et larse postérieur.

Psithyre rupestre.

Fig. 159. Fig. 161.

Psithyre rupestre. Jambe et tarse postérieur Bourdon terrestre.

milieu de la pâtée des bourdons, et ceux-ci confondant les enfants étrangers avec les leurs, les entourent de la même sollicitude. Les psithyres sont de vérilables parasites, selon la signification antique donnée très souvent mal à propos aux animaux épizoïques qui vivent sur le corps d’autres animaux.

Vêtus comme les légitimes propriétaires du nid, ils

trompent, sous cette analogie de livrée, les yeux vigilants des ouvrières. Les hyménoptères présentent bien des exemples de ce genre. Il y a chez les insectes de nombreuses espèces pareilles aux coucous qui portent leurs œufs dans les nids des

fauvettes, et dont les pelits, avides et gloutons, prennent toute la nourriture apportée par les pauvres parents, dont 1ls jettent souvent au dehors la malheureuse postérité.

Nous trouvons fréquemment aux environs de Paris, un peu plus tard que les vrais bourdons, le Psithyrus rupestris, noir, à abdomen terminé par des poils rouges, habillé comme le Bourdon des pierres dans le nid duquel il vit. On rencontre encore les Psithyrus campestris et vestalis, ornés de bandes jaunes et blanches au bout de l'abdomen, comme les bourdons terrestres et des jardins. Ces psithyres ont les ailes plus enfumées que leurs bourdons.

Un grand nombre de mellifiques vivent isolés. Les femelles seules construisent des nids divisés en cellules et ne sécrètent plus de cire. Dans chacune est déposé un œuf, etla jeune larve sans pattes se nourrit de miel et de pollen accumulés par la mère, puis devient nymphe, tantôt nue, tantôt dans une mince coque de soie. Il y a une complète identité dans les métamorphoses avec les constructions de nids les plus diverses. Toutes ces abeilles solitaires qui nidifient sont des femelles, fécondées à la fin de l'été précédent, et qui ont passé l'hiver engourdies. Elles bouchent le nid, après qu’il est rempli d'œufs et de pâtée mielleuse, et meurent sans voir éclore celte postérité, pour laquelle elles ont cependant l'attachement le plus vif.

Un premier groupe de ces abeilles solitaires à encore, comme les abeilles et les bourdons, les pattes postérieures élargies et munies de brosses, de façon à pouvoir amasser sur ces pattes une boulette de

HYMÉNOPTÈRES. 195 pollen. Les anthophores, à trompe allongée, qui ressemblent à des abeilles, mais plus velues et grisâtres, font leur nid entre les fentes de muraille, entre les pierres des lieux arides, dans la terre

sèche. Ce nid est un tuyau courbe, en terre gâchée

ét agglutinée par leur salive. IL est divisé par des cloisons terreuses en cellules, dont chacune contient une larve entourée de pâtée. La cellule du fond, la plus ancienne, se rapproche du sol, de sorte que le premier insecte qui éclôt n’a qu’une mince couche de terre à percer pour sortir. Les autres éclosent successivement, chacun perçant la cloison de la cellule du frère qui l’a précédé, et tous profitant du trou de sortie du premier-né. Les anthophores abondent dans les ravins arides de la Provence, exposés au brûlant soleil du Midi. Ce sont elles qui ont fourni à M. Fabre ses curieuses observations sur les métamorphoses des coléoptères vésicants, à larves parasites. Cet habile observateur a d’abord remar-

qué que l’on peut étudier sans danger ces abeiïlles

solitaires, bien qu’on soit effrayé au premier abord par la quantité d'insectes qui bourdonnent sur les talus criblés de nids. A cet aspect, on croirait à une ruche; mais, en réalité, on n’a pas ici des insectes sociaux, solidaires pour la défense d’une progéniture confiée à tous. Ces insectes sont des voisins indifféren{s, qui laissent bouleverser sans émoi la maison d'autrui; on n’a à craindre que l’aiguillon de la mère dont on attaque les berceanx. M. Fabre a bien examiné aussi des insectes, poilus comme les anthophores, noirâtres, tachetés de blanc, les mélectes. dépourvus d’instruments propres à recueillir le

pollen. Ces mélectes ne peuvent que déposer leurs œufs au milieu de la pâtée des anthophores, et cellesci laissent les mélectes entrer en toute liberté dans leur galerie, leur font place, en se serrant contre la paroi, pour leur livrer passage, sans colère, sans inquiétude. Ineffables harmonies ! Qu'une anthophore, au contraire, pénètre étourdiment chez sa voisine, qu'elle se montre seulement à la porte : aussitôt celle-ci se précipite sur l’imprudente, et, toutes deux, ivres de fureur, se mordent, se roulent dans la poussière du chemin, cherchant à s’enfoncer l'aiguillon. Cette anthophore, si courroucée pour une sœur inoflensive, capable de prendre à peine une gorgée de miel, se montre pacifique, débonnaire pour la mélecte, qui ne sait élever ses larves, ct qui, pour leur procurer le vivre et le couvert, extermine à demi la race de l'aveugle mère, dont une partie des enfants périront affamés.

Les xylocopes (abeilles charpentiers ou perce-bois de Réaumur) sont ces gros insectes à ailes trèsenfumées, d’un beau violet métallique, qui butinent au printemps dans les jardins sur les fleurs des arbres fruitiers (fig. 162). Les femelles ereusent des galeries dans le bois vermoulu, selon le sens des fibres, et y placent une série de cellules superposées. Dans chaque cellule est déposé un tas de pollen mêlé de miel, exactement calculé pour chaque arve, dans lequel un œuf est pondu; puis la cellule

est fermée par un plafond de sciure de bois hu

mectée de salive gluante. Sur ce plafond, nouveau dépôt de pâtée, nouvelle cellule construite (Hg. 165). Le premier œuf pondu est dans la cellule la plus

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