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HYMÉNOPTÈRES, 199 conde, à la fois architecte et nourrice. Ses premiers œufs donnent des ouvrières (femelles avortées) qui ne tardent pas à suppléer la mère dans ses soins et agrandissent le nid. Les guëêpes butinent sur les fleurs el amassent du miel qu'elles dégorgent dans certains alvéoles; en outre elles déchirent des fruits, des morceaux de viande, des insectes qu'elles tuent. Dans les beaux jours de l'automne, on voit les diptères, qui pullulent sur les fleurs des allées des bois, s'éloigner avec crainte dès qu'ils entendent le bourdonnement du terrible frelon. Au milieu de l'été, la mère guêpe pond des œufs de mâles, de femelles et encore de neutres. Les larves sont soignées dès lors par les ouvrières seules, qui leur apportent du miel et aussi des morceaux de fruits et d'insectes, du jus de viande, etc. Les larves ont la bouche plus forte que celle des abeilles, en vue de cette nourriture plus résistante. Elles filent un petit couvercle soyeux à leur alvéole, s'y changent en nymphe. Celle-ci, au bout de peu de jours, devenue adulte, coupe avec ses mandibules le couvercle de la cellule et prend son essor. Le nid est gardé par des sentinelles qui veillent aux abords, rentrent lors du danger et avertissent les guêpes qui sortent en colère et piquent les agresseurs. Si on bouche tout de suite l'entrée du guëèpier et si on tue les sentinelles avant qu'elles aient jeté l'alarme, ou si on Les distraii de leur devoir avec des morceaux de suere, les guêpes demeurées dans le nid sont pleines de conlance, ne s’irritent pas, ne cherchent pas à piquer. Les mâles des guëpes sont notablement plus petits que les femelles. Les sociétés des guëpes sont bien
moins nombreuses que les ruches d’abeilles, ont, au plus et rarement, deux à trois mille individus. Au mois d'octobre, les neutres cessent de construire et de nourrir les larves, tuent et jettent dehors les dernières larves, qui du restent périraient de faim ; puis les mâles, les ouvrières, une partie des femelles meurent de froid. l’autres, plus vivaces et fécondées, sortent du guëêpier abandonné et hivernent dans des trous pour perpétuer l'espèce au printemps. C'est dans cette saison qu'avec un peu d’entente, 1l serait aisé de diminuer singulièrement le nombre des guêpes, sinuisibles plus tard aux fruits, en chassant au filet les mères guëêpes, qu’on attirerait en abondance au moyen de groseilliers-cassis en fleur.
Les polistes sont des guèpes particulières, plus petites, élancées, à abdomen aminci à sa base. Leurs nids sont moins parfaits que les vrais guêpiers, en ce qu’ils n’ont jamais d’enveloppes; les gâteaux sont à nu. On trouve en abondance sur les arbustes, sur les genêts, la poliste française, dont la femelle, aux premiers beaux jours du printemps, attache à une lige ou contre un mur un gâteau porlé par un pédicule et contenant un petit nombre de cellules (fig. 166). Elle nourrit d’abord des larves d’ouvrières seulement, et celles-ci augmentent le gâteau et quelquelois en superposent un second, attaché au premier par des piliers. La seconde ponte de la mère donne à la fois des mäles, des femelles et des neutres. On peut détacher le nid et le transporter où on veut, sans que la mère et les ouvrières songent à le quitter, et ces pauvres insectes sont si attachés
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aux larves et aux nymphes renfermées dans les alvéoles, qu'ils ne pensent pas à piquer l’observateur, s’oubliant en entier dans leur préoccupation maternelle.
Les guêpes solitaires, aux couleurs variées de jaune et de noir comme les guëêpes sociales, vivent
. 166. — Nid de poliste française.
à l'état adulte du miel des fleurs, mais leurs larves sont devenues exclusivement carnassières. Les mères font des {trous dans la terre et dans des tiges de diverses plantes et y établissent des cellules dans chacune desquelles est pondu un œuf que la mère entoure d’un certain nombre de larves, souvent toutes de la même espèce et destinées à fournir une proie à la larve molle et sans pattes qui sortira de l'œuf. Admirable et aveugle instinct! un insecte qui ne vit que de miel chasse des insectes vivants qu'il ne doit pas manger ni voir manger à ses pe- Hits. En outre, comment la larve pourra-t-elle trouver une pâture toujours fraiche et cependant incapable de résister à ses morsures? Les larves ou les insectes adultes sont percés par l’aiguillon de la
mère, mais demeurent vivants, engourdis et immobiles, en véritable anesthésie. De même, certaines peuplades sauvages de l'Amérique du Sud lancent au gibier des flèches empoisonnées, avec une dose de curare telle que l’animal atteint est seulement paralysé et sans défense. Les odynères sont les plus
communes de ces guêpes solitaires. Ainsi l’ancienne odynère rubicole, étudiée par M. Blanchard, nom-
mée maintenant oplope à pieds lisses ou épipone (fig. 167), creuse une tige de ronce sèche et y dis-
Fig. 167. — Oplope adulte. Fig. 168. — Nid de l'oplope.
pose des loges, à parois de terre sableuse pétrie, et chacune séparée par un plancher de moelle et de terre (fig. 168). Dans chaque loge est un œuf, entouré de chenilles de pyrales. La larve à anneaux gonflés, moyen d'appui et de mouvement limité (fig. 169), tapisse la loge d’un enduit soyeux, et construit, au-dessus de sa tête et de celle de la nymphe, Fig. 169. un couvercle de soie à deux tuni- “ane ques séparées par de la moelle très-serrée ; puis elle devient nymphe (fig. 170). lei la première cellule n'est pas rapprochée de
la paroi, comme chez les abeilles solitaires. Aussi
un fait inverse se présente. C'est l'œuf le der-
nier pondu, dans la dernière cellule, qui se développe le plus vite, et dont l’adulte sort le premier. Le plus anciennement pondu, au contraire, donne l’adulte le dernier. Sans cela, si un insecte parfait était sorti d'abord d’une loge inférieure, 1l aurait détruit tous les autres sur son passage. La Fig. 170.
même chose se produit pour d’au- ‘?"7"phe
tres odynères qui font leurs nids en terre ou dans de vieilles murailles. On peut s'amuser, à l'exemple de Réaumur, à élever au fond d’un petit tube de verre une jeune larve, retirée d’un de ces nids d’odynères, en ayant soin de lui fournir chaque jour une chenille ou une larve appropriée à son espèce.
On la voit manger avec voracité et atteindre toute
sa croissance au bout d’une quinzaine de jours.
Un très-crand nombre d’hyménoptères, différents des guêpes en ce que leurs ailes supérieures au repos ne se replient pas, sont désignés sous le nom de fouisseurs, parce qu'ils nidifient en terre ou dans des troncs d'arbres. On y distinguera encore des solitaires et des sociaux. Les premiers approvisionnent leurs nids avec les proies les plus variées, engourdies par le venin de l’aiguillon, qui n'est plus mortel comme celui des abeilles et des guêpes. Nous nous contenterons de citer quelques exemples.
Les cerceris donnent à leurs larves des insectes adultes, toujours de la même espèce pour le même cerceris ; ainsi, dans les Landes, le Cerceris bupresticide va, à plus d’une lieue de sa demeure, cher-
cher des buprestes ; comme ces coléoptères sont lrès-rares, le plus sûr moyen, pour les amateurs, de se les procurer est de visiter les nids des cerceris, et de guctter leur retour. Le philanthe apivore rôde autour des ruches. Il est moitié plus petit qu'une abeille ; mais sa peau est très-épaisse, et sa
vivacité est telle qu'il se jette sur le dos de l'abeille
butinant dans une fleur et lui enfonce son aiguillon
Fig. 171. — Philanthe apivore emportant une abeille.
dans le cou avant qu'elle ait le temps de se mettre en défense. Il la porte engourdie dans le trou en terre où seront ses larves, en la tenant retournée, le ventre contre le sien, et entourant de ses pattes ce lourd fardeau ; aussi son vol est alors très lent. Si elle ne peut entrer, il lui coupe les pattes et les ailes et la tire à lui, à reculons, en la comprimant comme à la filière. La larve du philanthe, bien repue d’abeilles, se file un très-curieux cocon dans lequel elle parait être mise en bouteille. Lepelletier
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Saint-Fargeau a depuis longtemps observé et décrit les mœurs du philanthe apivore. Il a vu qu'il ne prend que les abeilles ouvrières et jamais les mâles. En Algérie, M. Lucas a constaté qu'une espèce voisine, le philanthe Abd-el-Kader, emporté aussi l'abeille dans son nid, et toujours l'ouvrière, jamais le faux-bourdon. Cependant les mâles sont sans aucune défense, tandis que l’ouvrière à un aiguillon redoutable. Les pompiles semblent les vengeurs de la race des insectes, car ils donnent à leurs larves des araignées engourdies par l’ai- Hu guillon. Ils saisissent surtout les de philanthe araignées errantes, mais ne crai- DE gnent pas d'affronter le danger des toiles, et parfois l’on voit le pompile des chemins venir jusque dans les maisons saisir l’araignée domestique.
Rien de plus intéressant que les manœuvres du pompile, si bien étudiées par le D'° Giraud.
Ce n'est qu'après avoir engourdi une araignée destinée à nourrir une larve, qu'il creuse son trou. Il pose son arai- £ gnée au haut d'une M lopiate min grande herbe et non à terre, près de lui, car les camarades, qui chassent en rasant le sol, la lui prendraient pendant qu’il fouit.
De temps à autre, inquiet de son butin, il retourne voir son araignée, la touche avec sa tête, et, salisfait, reprend son travail. L’ammophile des sables, noir, très-allongé, avec une partie de l’abdomen fauve, emporte dans son nid les chenilles des gros papillons de nuit. Les sphex, à pédicule de l’abdomen très-grèle, ont un aiguillon à piqüre très-douloureuse, surtout chez les grandes espèces exotiques. Beaucoup attaquent les araignées ; nous en avons en France qui arrachent de sa toile l’araignée des jardins (Epeira diadema), bien plus grosse qu'eux, lui coupent la tête et les pattes, et donnent à leurs larves son énorme abdomen gonflé de sucs. A Pile de la Réunion, les chlorions, à corps métallique, percent de leur aiguillon ces hideuses blattes ou cancrelats, fléau de nos colonies, les traînent avec effort, leur enlèvent les pattes et les font entrer dans leur nid en terre en les comprimant. Quelquefois, mais très-rarement, aux environs de Paris, vole un élégant insecte de cette tribu, le pelopée tourneur, très-singulier par le long pédicule qui rattache labdomen au thorax.
Bien difficile doit être la circulation du sang d’une région à l’autre avec une telle organisation. Les pélopées font des nids en terre, d’où lenom Moses “D een du genre qui veut dire potier ou pétrisseur de terre, et l’esèce tourne sans cesse au vol autour de ce nid.
P L'espèce est bien plus fréquente dans le midi de
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