‹ Les métamorphoses des insectes (volume 2)Chapitre 20 sur 40 · PORT, NE) PT OUT IT PO · texte numérisé non relu

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la France et en Algérie, où M. Lucas à observé ses métamorphoses. L’insecte construit sous les grosses pierres, avec de la terre et du sable agglutinés par une salive particulière, des nids de forme grossière, contenant chacun cinq à six larves. Les cellules des larves sont assez rapprochées et toutes verticales. Ces larves sont molles, immobiles, tenant la tête recourbée contre le milieu

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Fig. 175. — Larve, nid et cocons du pélopée.

du corps, jaunes, marquées en dessus et en dessous de taches arrondies, blanches et faisant saillie. Parvenues à toute leur croissance, elles se renferment dans un cocon formé d’une soie fine, serrée, recouverte d’une couche gommeuse. On a longtemps ignoré quelles étaient les victimes des pélopées. Tout récemment M. Lucas a découvert que leurs nids sont exclusivement approvisionnés d'araignées et très-principalement du genre des épeires. Les pélopées, bien différents des chlorions, nous rendent

donc de mauvais services en détruisant nos utiles auxiliaires contre une foule d'insectes dévastateurs.

On trouve dans le midi de la France et très-rares ment près de Paris, à Fontainebleau, un singulier “enre de ce groupe, les mutilles, dont les femelles, toujours sans ailes, ressemblent à des fourmis, agréablement variées de rouge et de jaune (fig. 176). Les mâles, ailés et bien plus petits, sont noirs

Fig. 176. — Mutille maure,

} Fig. 177. — Mutille maure, femelle grossie. i

male grossi.

(fig. 177). On à longtemps ignoré les métamorphoses des mutilles. On sait maintenant que ces hyménoptères des terrains sablonneux vivent parasites dans les nids des abeilles solitaires. Leurs larves dévorent, non la pâtée mielleuse, mais les propres larves des abeilles. Sans doute la mutille femelle les perce de son aiguillon acéré.

Les hyménoptères fouisseurs ont des parasites, encore très-mal connus, de leurs nids, ne sachant pas s'emparer de proies vivantes et devant cependant les fournir à leurs larves. Telles sont, entre autres, les jolies quépes dorées (chrysidiens) à corps brillant de bleu métallique et de rouge cuivreux. Leur abdomen, continuellement agité ainsi que leurs antennes, étincelle au soleil comme une pierre précieuse. Les unes vont pondre leur œufs au mi-

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lieu des larves amassées par les cerceris et les philanthes ; d’autres entrent dans les nids de mellifiques solitaires pour tuer leurs larves, comme les mutilles, au bénéfice de leurs propres enfants. Les fouisseurs sociaux constituent l'immense légion des fourmis, répandues dans tous les pays. Nous ne devons voir dans les fourmilières aucune

espèce d'organisation à la façon de nos gouverne-

ments ; ce sont des associations pour la reproduclion de l'espèce composées de mâles, de femelles et de neutres ou femelles incomplètes plus modifiées encore que chez les abeilles et les guêpes, car elles ont perdu les ailes. On distingue trois groupes prineipaux, dont les mœurs et les métamorphoses sont

Fig. 1478. — Myrmique Fig. 179. — Myrmique lævinode, mäle, grossi. ouvrière, grossie.

analogues. Les myrmiques ont deux nœuds au pédieule de l’abdomen, un aiguillon chez Les femelles et les neutres (fig. 178, 179). Les ponères n'ont qu’un

. nœud au pédicule et un aiguillon chez les femelles

et les neutres. Dan, ces deux groupes, les larves ne lilent pas de cocon pour se changer en nymphe. Enfin les fourmis proprement dites, de beaucoup les

plus nombreuses en espèces, n’ont qu’un nœud au pédicule de l'abdomen. Leurs larves se filent une petite coque de soie. Elles n’ont pas d’aiguillon, mais versent dans les blessures que font leurs mandibules un liquide acide, l'acide formique, produit de combustion des matières ligneuses et amylacées. Leur corps en est imprégné et a une forte saveur aigre. Les fourmilières où habitations communes des fourmis sont construites avec des matières végétales ou en terre, On y trouve des séries de chambres soutenues par des piliers, des galeries, des corridors mullipliés pour le service de ces chambres où sont déposés dans les unes des œufs, dans les autres des larves et des nymphes ; certaines enfin contiennent des femelles fécondes retenues caplives. Les fourmis ont de tout temps été citées comme des modèles d'économie et de prévoyance. Les anciens croyaient qu'au centre de l’Asie existuent d'énormes fourmis, allant chercher l'or dans les sables aurifères et gardant avec soin les précieux trésors qu'elles accumulaient. Les opinions sont aujourd’'hui partagées au sujet des provisions qu'elles amasseraient pour lhiver. Dans nos hivers rigoureux, les fourmis tombent en engourdissement et beaucoup périssent. Peut-être dans les hivers doux en est-il autrement, et alors des aliments leur sont nécessaires, comme pour les jours pluvieux où elles ne sortent pas; au reste une grande partie des objets que les ouvrières transportent sans cesse sont des matériaux de construction. Les ouvrières exécutent seules les travaux d'architecture, nourrissent les larves et leur prodiguent des soins bien

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plus compliqués que chez lesabeilles, car ces larves

ue sont pas à poste fixe. Enfin elles défendent avec

acharnement la progéniture des mâles et des femel-

les qui, eux, ne s'occupent de rien. Les femelles vivent.en bonne intelligence et pondent des œufs çà

et là. Les neutres recueillent avec soin ces œufs,

-tantôt cylindriques, tantôt renflés et arqués, selon - les espèces, les humectent d’un liquide qui les grossit et Les portent dans les couvoirs. Au bout d’une

die

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