SUR TA
* qu'elles enferment entre les man- dibules écartées des ouvrières; celles-ci, comme les oiseaux pour - leurs petits, leur donnent la bec-
quinzaine de jours ces œufs éclosent par la chaleur de la fourmilière. Il en sort de petites larves blanches, privées de pattes, à corps ramassé et conique (fig. 180). Leur bouche est une sorte de mamelon rétractile
-quée en dégorgeant dans cette
“bouche mnbliquide sucré. Ces Fse- 180 garvede
b L S * larves sont entourées des soins
myrmique, grossie.
les plus tendres. La nuit, les ouvrières les portent
dans les parties profondes de à fourmilière pour
4 leur épargner tout air froid. Quand le soleil du ma-
tin a acquis assez de force, elies les exposent au sommet de la fourmilière pour qu’elles recoivent
à] influence bienfaisante de ses rayons ; plus tard, il
“est devenu trop ardent, alors elles les descerident
dans des chambres supérieures, mais moins rap- ; prochées des parois. Si la fourmilière est attaquée, une partie des ouvrières emporte en toute hâte
dr.
les œufs, les larves, les nymphes dans les casemales de süreté, situées dans la partie la plus profonde ; les autres se jettent avec un intrépide courage sur les assaillants et lancent en quantité l'acide formique. Ce sont les larves et les nymphes qu’on appelle improprement œufs de fourmis. On les recherche, dans les grosses espèces, pour élever les jeunes faisans et les jeunes perdreaux, principalement chez la fourmi rousse, Si commune dans nos bois, où elle amoncelle des pelits fragments de branches. Les larves des fourmis proprement dites, parvenues à toute leur taille, deviennent nymphes sous une coque de soie, allongée, d’un tissu serré, jaunâtre ou gris. La nymphe, d’abord d’un blanc pur, passe peu à peu au jaune pâle, au roussâtre, au brun ou au noir. Elle offre tous les organes de l'adulte enveloppés d'une peau si mince qu'elle parait
.. Fig. 181... sommet de la coque de soie, en se Nymphe de myrmi- . é que, grossie. mettant plusieurs pour cette opt-
ration.Elles tirent avec précaution lesnymphes hors *
de la coque, puis les débarrassent de la pellicule,
élalent leurs pattes et leurs antennes, les brossent, « leur donnent à manger, guident leurs premiers pas,"
irisée à la lumière (fig. 184). Ce « sont les ouvrières qui déchirent le .
et pendant quelques jours, les promènent dans rl
fourmilière pour leur en faire connaitre les couloirs et les issues. Ces mêmes ouvrières, quand les provisions manquent ou que la fourmilière esttrop ex=
posée aux attaques, ont l'instinct d'émigrer et transportent ailleurs, ce qu’on doit vraiment appeler leurs dieux domestiques, les œufs, les larves, les nymphes objet d'un continuel amour. Elles prennent aussi sur le dos les mâles et les femelles qui refuseraient de les suivre, sans oublier les ouvrières imfirmes ou malades. Ce sont également les ouxrières qui s'acquittent du soin difficile d’étaler Les ailes si fragiles des mâles et des femelles qui viennent d’éclore et qui restent dans la fourmilière jusqu'au moment de la reproduction.
. C’est le plus souvent en été, aussi en automne - pour quelques espèces, que se forment ces essaims composes de fourmis ailées des deux sexes, emportés parfois à d'assez grandes distances par les vents Par une belle soirée chaude on voit d’abord sortir - les mâles de leurs souterrains. [ls agilent par centaines leurs ailes argentées et transparentes. Les femelles, moins nombreuses, trainent au milieu . d'eux leur large ventre bronzé et déploient aussi leurs ailes, d’un éclat changeant et irisé. Un nombreux cortége d’ouvrières les accompagne sur les plantes qu’elles parcourent ; le désordre et lagitaüon règnent dans la fourmilière. Elles vont desuns aux autres, les touchent de leurs antennes et semblent leur offrir encore de la nourriture. Enfin les mâles, comme obéissant à une impuision générale, quittent le toit de la famille, et les femelles ne tardent pas à les suivre. La troupe ailée a disparu et les ouvrières retournent encore sur les traces de ces êtres favorisés qu'elles ont soignés avec tant de persévérance. Une fois les femelles fécondées, la force
qui soutenait tant d'insectes tourbillonnant dans les airs les abandonne : mâles et femelles retombent sur le sol. Les ailes se détachent aussitôt qu'elles sont exposées à l'humidité de ja terre, et souvent les femelles se les arrachent elles-mêmes. Selon les espèces, la scène varie. Tantôt l’essaim a été emporté loin de la fourmilière : alors les femelles fé6condées se groupent comme une peuplade naissante et donneront de nouveaux nids ; tantôt c’est près de l'ancienne fourmilière que se laisse choir la gent ailée : alors les ouvrières s'emparent des femelles, les dépouillent de leurs ailes et entrainent avec empressement ces précieuses mères, leur espérance nouvelle, dans les galeries intérieures où elles les garderont à vue. Dans ce cas, quelques femelles s’échappent, chacune se met isolément dans quelque trou, des ouvrières errantes les rejoignent, une nouvelle fourmilière commence.
Nous ne suivrons pas plus loin Huber fils, observateur aussi passionné des fourmis que son père aveugle l’était des abeilles. Nous laisserons de côté tant de curieux détails étrangers aux métamorphoses; l'amour des fourmis pour les pucerons et pour les coceus,fixés à diverses plantes, et qui leur procurent une liqueur sucrée, leurs délices ; les soins qu'elles leur donnent en les portant sur les plantes propices et en les enfermant dans leurs fourmilières comme des vaches à l’étable; les nombreuses espèces de petits coléoptères qui vivent au milieu d'elles en hôtes affectionnés. Rien de plus bizarre que les combats de fourmis, incapables d'élever leurs larves, allant chercher les ouvrières d’autres