‹ Les métamorphoses des insectes (volume 2)Chapitre 24 sur 40 · À SO · texte numérisé non relu

À SO

LÉPIDOPTÈRES. 245 existe le Papilio alexanor ; en Corse et en Sardaigne, le Papilio hospiton : ces deux rares espèces sont voisines de notre machaon.

L'homme a amené avec lui et a multiplié par ses cultures de plantes fourragères et potagères plu-

Fig. 210. — Chenille et chrysalide du pavillon machaon.

sieurs espèces de la famille des piérides. Ainsi les papillons blancs du chou, du navet, de la rave, dé-

croissent de taille, à partir de la Syrie et de l'Égypte, à mesure qu'ils avancent dans les régions du Nord (fig. 211). Leurs chenilles sont légèrement velues, et, sans les insectes ennemis dont les larves les dévorent, elles détruiraient la plupart de nos légumes (fig. 212). Les prairies artificielles nour-

rissent les coliades, dont les ailes ont le fond jaune, à bord noir. Nous voyons voler sur les fleurs des trèfles et luzernes, le soufré, d’un jaune clair, et le

Fig. 212. — Chenille et chrysalide de la période du chou.

souci, d'un jaune orange. Une belle variété femelle d: cette espèce, dite helice, a Le fond des ailes d’un ton carné päle. On la prend près de Paris, mais elle est rare. Les hautes montagnes et Les régions polaires ont plusieurs espèces de coliades : ainsi celles nommées Palæno, Phicomone, etc. (fig. 215).

Fig. 215. — Chenille et chrysalide Fig. 214.

de coliade palæno Aurore de Provence.

Les aurores offrent, chez les mâles, lextrémité des ailes supérieures d’un beau jaune orange. Le reste des ailes est blanc dans l'espèce des endirons de Paris (Anthocharis cardamines), et jaune soufre chez l'aurore de Provence (A. eupheno) de

nos départements les plus méridionaux (fig. 214). On voit voler dans nos bois, dès le milieu de février, les papillons nommés citrons, à cause de leur couleur, d’un beau jaune chez les mâles, d’un jaune verdâtre pâle chez les femelles. Dans le midi de fà France et en Espagne, une espèce très-voisine présente, chez le mâle, une large tache orangée au centre des ailes supérieures.

Une espèce de cette famille, à ailes blanches rayées de lignes noires, dont la chenille vit sur

Fig. 215. — Parnassien Apollon.

l'aubépine (Leuconea cratægi, le gaxéj, et dont la femelle a les ailes en partie dépouillées d’écailles, nous conduit aux parnassiens, habitants des montagnes. Leurs noms rappellent les souvenirs du mont cher aux poëles, le mnémosyne des Alpes, l’apollon plus répandu, se rencontrant dans les montagnes moyennes , comme les sommets des Vosges, les hauts plateaux ou causses de la Lozère, etc. (fig. 215). Dans le nord de l’Europe, en Finlande, en Norwége, ce beau papillon descend dans les plaines. On dit que sa femelle vient parfois dans les

jardins de Besançon. Les chenilles des parnassiens vivent sur les saxifrages et s’entourent pour se transformer d’un léger réseau de soie, maintenant enroulées autour d'elles une ou plusieurs feuilles. Nous ne trouverons plus maintenant de chrysalides suspendues. Les chrysalides des parnassiens sont saupoudrées d’une efflorescence bleuâtre, sorte d'enduit cireux, comme les prunes. Les femelles” portent sous l'abdomen une singulière poche cornée, d’un usage encore inconnu, et qui doit se rapporter à quelque particularité de leur ponte. C’est également dans un mince cocon soyeux que se transforment les chenilles des hespériens, papillons qui nous amènent naturellement aux anciens crépusculaires et nocturnes. Leur tête est élargie, leur thorax épais, leurs six pattes sont développées et robustes (fig. 216). Les ailes sont médiocres, et par suite le vol est peu soutenu el comme par sauts. En outre, | Fig. A6. ces ailes, lors du repos de Hespérie sylvain mâle. se f l’insecte, ne se dressent pas l'une contre l'autre perpendiculaires au corps; elles sont seulement relevées à demi. Le nom de ces papillons vient de ce qu’ils volent de préférence dans l'après-midi, On les rencontre sur le bord des grandes routes, dans les avenues des bois, sur les coteaux secs, etc.

Les papillons, dont la grande majorité ne se montre qu'au crépuscule et à l'entrée de la nuit, avec d'assez fréquentes exceptions, ont les antennes

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de forme très-diverse. En outre, leurs ailes inférieures sont liées aux supérieures au moyen d’une sorte de crin roide, situé à l’insertion des secondes ailes et qui entre dans un anneau placé à la base des ailes de devant. En examinant un des grands sphinx de nos jardins de campagne, on verra trèsbien cette disposition qui met les ailes en dépendance mutuelle. Au reste, en coupant cet organe; on ne rend pas le vol impossible, mais seulement de moindre durée et moins rapide.

Dans une première série de ces papillons, les antennes sont élargies vers le milieu, puis amineies à l'extrémité, qui souvent se recourbe en crochet. Plusieurs types bien tranchés se montrent à notre observation. On prend d'habitude pour des hyménoptères les sésies, à ailes vitrées et au vol rapide comme celui des mouches. On voit voler à l’ardeur du soleil un grand nombre de petites espèces de ce groupe sur les fleurs des prairies, sur les troncs des arbres, sur les groseilliers des jardins, etc. Il faut une grande habitude pour les reconnaitre et les saisir au filet. Les chenilles sont blanches ou rosées et se creusent des galeries dans l’intérieur des tiges ou des racines. La chrysalide est entourée d'une coque faite avec de la sciure de bois agglutinée, provenant des érosions de la chenille, tantôt au pied de lParbre, tantôt à l'entrée de la galerie où elle sait se hisser afin que le papillon sorte à l'air libre. La plus grosse espèce et la plus commune (Sesia apiformis) dévaste les jeunes plantations de peupliers (fig. 217). On voit facilement les entrées des galeries de la chenillle et les pelotes de parcelles de bois

mouillées de salive qui en sont expulsées. On croirait à une guêpe-frelon quand on aperçoit le papillon posé sur les troncs de peuplier :

même taille, même livrée ; les couleurs sont plus vives el males. Si on prent les sésies au sortir de la chrysalide, leurs ailes sont couvertes d’une fine poussière brune. Ce sont les écailles ordinaires des ailes des papillons, mais si peu attachées qu’elles tombent aux premiers coups d’aile de l’insecte. Le type de lépidoptère est conservé.

Les prairies sont fréquentées, de la fin du printemps au milieu de été, par des papillons à ailes brillantes, d'un noir velouté, avec des taches d'un rouge carmin. Ce

Fig. 218. sont les xygènes, au vol

Zygène de la filipendule. pesant et peu prolongé, immobiles pendant la grande chaleur du jour (fig. 218). Les chenilles sont épaisses, comme boursouflées , jaunâtres avec des taches noires. Elles se nourrissent de légumineuses et se changent en chrysalides allongées dans un cocon aminei aux deux extrémités, ressemblant à un bateau, fixé dans sa longueur à une tige, lisse,

Fig. 217. — Sésie apiforme femelle.

comme vernissé, jaunâtre où blanchâtre (fig. 219). Près des zygènes se placent les procris; qui volent comme elles pendant le jour dans les prairies humides. Leurs ailes sont d’un beau vert brillant ou d’un bleu de turquoise. Les auteurs rangent souvent à la suite des procris un genre de papillons à métamorphoses très-curieuses, les héterogynis, dont les mâles et les femelles ont les plus étranges dissemblances. Les mâles sont des petits papillons gris, à antennes pectinées; les femelles ressemblent tout à fait aux chenilles, sans trace d'ailes, ayant six Fig. 219. très-petites pattes au thorax; ellessont FEV d'un jaune verdâtre avec des bandes noires. Les chenilles filent un joli cocon, très-soyeux, un peu lâche, ovoïde, d'un jaune pâle, attaché à une tige de genèt, plante qui les nourrit. La chrysalide de la femelle est une sorte de sac brunâtre, renflé à l'abdomen. Du côté de la tête est un petit clapet que la femelle pousse après son éclosion. Elle sort de cette chrysalide etdu cocon, mais reste attachée postérieurement à celui-ci, près de l'orifice de la chrysalide demeurée dans l’intérieur du cocon. Elle se tient ainsi recourbée, la têle en bas, attendant le mâle qui la cherche de son côté (fig. 220, 221, 2292, 293). Si on vient à la toucher, elle rentre dans la peau de la chrysalide pour ressortir ensuite. Quand elle à été fécondée, elle retourne définitivement dans la chrvysalide et laisse retomber le clapet sur elle. Elle

s’enferme ainsi dans un sépulcre, qui doit être le berceau de sa postérité. Son corps se réduit beaucoup après la ponte d'un nombre énorme d'œufs jaunâtres liés entre eux en chapelet par une humeur visqueuse. Les petites chenilles restent quelque temps dans ce sac de la chrysalide et mangent l’humeur visqueuse qui colle les œufs et même le cadavre rétréci de ANS leur mère. Ce n’est qu’au Fig. (920, 221, 922 25. — moment de leur première femelle ec et yat mue qu'elles percent la chrymer salide et le cocon et se répandent sur les feuilles de genêt. Nous devons à l'observation de M, de Graslin ces curieux détails reconnus sur l'espèce française, l’Heterogynis penella rencontrée dans différentes localités, au Vernet, daus les Pyrénées-Orientales, dans le département des Basses-Alpes, dans la Côte-d'Or, près de Dijon. Les sphinx ont reçu ce nom général d’après Pattitude fréquente de leurs chenilles, redressant la moitié antérieure de leur corps et restant,ainsi longtemps immobiles, dans la position prèlée par les sculpteurs au monstre de la Fable, jetant sa terrible énigme aux passants. L’avant-dernier et onzième anneau de leur corps porte un appendice courhé simulant une corne. Elles se changent en chrysalides dans des coques de grains de terre ou de débris de feuilles sèches, agglutinés par une salive

visqueuse et réunis par quelques fils de soie. Ces chrysalides sont ovoides, sans angles et deviennent promplement d'un brun marron. Nous citerons d'abord les smérinthes du peuplier et du tilleul, à ailes découpées, d’un vol faible, contre l'ordinaire de celte famille ; les macroglosses, doués au contraire

Fig. 224. — Moro-sphinx butinant sur un pétunia.

d'un vol rapide comme la flèche, ne laissant pas distinguer leurs ailes frémissantes. Pendant toute l'année, le moro-sphinx ou sphinx-moineau, à cause du faisceau de poils divergents qui termine son abdomen à la façon d'une queue d’oiseau, butine en plein jour sur les fleurs de nos jardins (fig. 224).11 reste en vol stationnaire, devant chaque fleur, sans

s’y poser, c’est-à-dire qu'il contre-balance par la vibration continue de ses ailes l'action de la pesanteur, ce qui est le cas des meilleurs voiliers seuls. En même temps sa longue trompe se recourbant à angle droit avec son corps s'enfonce dans les corolles jusqu'aux nectaires. Cette espèce parait pendant toute la belle saison, et au milieu de l’automne, entre souvent dans les maisons pour se réchauffer (fig. 295).

Les sphinx proprement dits se trouvent le soir sur les fleurs, volant avec une extrême vitesse, avec un léger bruissement, plongeant dans les fleurs tubuleuses une trompe aussi longue que leur corps. On tire leur nom de la nourritutue de leurs chenilles. L'un vit sur les pins, l’autre sur les troënes et les lilas, le troisième sur les liserons. De longues ailes antérieuresaiguës, à nuancesgrises, lesdistinguent. Les ailes inférieures du sphinx du troëne, ainsi que son abdomen, ont des bandes noires et roses. Le mâle répand une légère odeur musquée qui est bien plus forte dans le mâle du sphinx du liseron, où cornebœuf. Les femelles en sont dépourvues. La chrysalide du sphinx du liseron a la trompe déjà très-visible. Les deiléphiles ont en général le vol un peu moins puissant. Les espèces les plus intéressantes sont le petit-pourceau et le sphinx de la vigne, à magnifiques couleurs d’un rose vif; le sphinx du laurier-rose,

Fig. 225. — Sa chenille.

nuancé d’un beau vert, habilant PAfrique, l'Espagne, l'Italie méridionale, la Grèce, pays où croit naturellement le laurier-rose. Emporté par leur vol impétueux et s'aidant de courants atmosphériques, certains individus viennent pondre dans l'Europe centrale, et jusqu’en Angleterre, sur les lauriersroses des jardins ; mais les papillons qui naissent dans ces contrées trop froides ne se reproduisent

Fig. 226. — Deiléphile de l'euphorbe.

pas. Les chenilles de ces trois espèces font rentrer la tête et les premiers anneaux du corps dans les suivants ornés de taches qui simulent des yeux. Les chenilles paraissent alors avoir un groin, ce quiles a fait appeler chenilles cochonnes. Le sphinx de l'euphorbe (fig. 226) a une chenille à peau comme vernissée, bigarrée de jaune et de rouge, ne craignant pas l’ardeur du soleil. Ainsi que plusieurs autres chenilles de deiléphiles, les petites chenilles de cette espèce mangent les peaux qu’elles viennent de quitter. Les chenilles du deiléphile vespertilion, ct aussi celles de l'espèce dont nous allons parler

(Atropos), qui se cachent le jour, sont cependant attaquées par certaines mouches diurnes, les tachinaires, qui savent bien les {rouver, et déposer sur leur peau des œufs d'où naïîtront des larves, entrant dans le corps des chenilles et les dévorant.

Enfin Ja plus grosse espèce de sphinx est le célèbre sphinx à têle de mort, présentant grossièrement figuré en jaune clair sur fond noir un crâne humain dessiné sur son corselet. Il est souvent attiré par la lumière dans les appartements. Le mâle a les pattes de devant très-velues. Ce papillon fait entendre dans les deux sexes un eri aigu et plaintif, sortant probablement de la base de Pabdomen et qui parait lié chez lui à quelque sentiment de crainte. Ce chant un peu sinistre ne devrait réellement épouvanter que les abeilles; 1l a jeté souvent la terreur dans les populations , joint au lugubre emblème de l’insecte. Cette espèce, orioinaire des Indes, des iles Malaises, de l'Afrique, s’est répandue en Europe au siècle dernier, avec la pomme de terre sur les feuilles de laquelle vit de préférence son énorme chenille, de 0",12 de long, habituellement jaune et verte avec sept bandes transversales bleues et la corne grenue. Elle est parfois assez commune en Bretagne, et Réaumur nous rapporte que l'apparition du papillon ayant coincidé avec des maladies épidémiques, «il n’en a pas fallu davantage au peuple timide, toujours disposé à adopter des présages funestes, pour juger que c’était ce papillon qui portait la mort ou au moins qui était venu annoncer les maladies fatales qui régnaient. » Le nom scientifique du papillon,

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Acherontia atropos, est au reste l'expression de ces terreurs populaires. Au dire du docteur J. Franklin, on croit, dans les campagnes de l'Angleterre, que l’Atropos est en rapport avec les sorcières et va murmurer à leur oreille le nom de la personne pour laquelle la tombe est près de s'ouvrir. « Quant à moi, dit-il, j’éprouve pour ces animaux, longtemps méconnus, voués à l’anathème universel, associés par la superstition au principe du mal, le même sentiment de miséricorde et de respect qui saisit le cœur de l'historien à la pensée des races humaines maudites. L’atropos, si sombre que soit sa livrée, ne vient point des rives de l’Achéron; 1l vient des sources divines de la vie. Le doigt de la nuit, et non celui de la mort, a marqué sur lui son empreinte. Il n'apporte pas aux hommes de mauvaises nouvelles de l’autre monde ; 1l Leur apprend que la nature a voulu peupler toutes les heures et consoler celles du crépuscule, en leur fournissant des compagnes ailées. »

Le sphinx à tête de mort est réellement un papillon qui chante. On peut encore donner, moins exactement, cette qualification à d’autres papillons qui sont munis d'appareils de stridulation non sans rapport avec ceux des cigales. Tels sont lécaille pudique, du midi de la France, et plusieurs espèces des montagnes du genre Setina (fig. 229, 250). Ce sont vraiment des papillons timbaliers. Sur le dernier anneau du thorax on voit une large membrane blanchätre, triangulaire, recouvrant une cavité sans communication avec l’intérieur du corps, sans

tendon ni battant agissant sur la membrane. C’est

du dehors, à reconnu le docteur Laboulbène, que vient le coup sec qui fait vibrer la membrane sèche et parcheminée, tendue sur la vésicule pleine d'air. Ce sont de petites percussions des cuisses des pattes postérieures ou des pressions latérales rapides des genoux. D’après de Villiers, qui à découvert en 1833 le son de lécaille pudique, on dirait le bruit d’un méüer de fabricant de bas.

M. Guenée, en 1861, à fait Fig. 229, 950. — Appareils sui, CONNaÎlre un acte analogue dulants des Chelonia pudica chez les Setinu, où le son et Selina aurita. ; RS :

produit unite le tic-tac d’une montre ou les pulsations des vrillettes, ces petits coléoptères des bois ouvrés s’appelant la nuit, d’un sexe à l’autre, en frappant contre les cloisons avec leur tête ces coups secs qui leur ont valu le nom d'horloges de la mort. Dans nos papillons ces organes de stridulation servent, comme il est d’usage chez les insectes, à des appels pour la reproduction, car ils sont plus développés chez les mâles que chez les femelles.

Ces derniers papillons appartiennent aux bombycides caractérisés par la forme de leurs antennes, simulant des dents de peigne, surtout chez les mâles, et par l'imperfection de leur bouche. A l’état adulte, ils ne mangent pas et ne vivent que peu de jours, uniquement occupés de perçétuer leur espèce. Enfin les chenilles de ces insectes sont par

excellence les productrices de soie et s'entourent de cocons pour devenir chrysalides. À ce titre, la première place revient au ver à soie (Sericaria mort).

Son origine, perdue dans une haute antiquité, est encore incertaine. Il à dû exister sauvage et existe sans doute encore dans les forêts du centre de la Chine, de la Perse, des pentes de l'Himalaya. Selon l'opinion la plus répandue, la couleur primitive des cocons était le jaune, et on voit de temps à autre reparaître cette couleur dans les races à cocons blancs. De même, les couvées des serins domestiques, qui sont des albinos, reproduisent parfois le type vert des iles Canaries. IL semble, chez toutes les races domestiques, que des souvenirs de l'état primitif, perçant la nuit des âges, reprennent une influence intermittente sur la loi mystérieuse de la génération. Des auteurs regardent les vers noirs, appelés moricauds où bouchards, et qui sont très-robustes, comme le type premier de l'espèce. La domesticité aurait blanchi la chenille, puis sa soie, par une véritable dégénérescence. D’autres pensent qu’il y a deux espèces très-voisines, l’une à soie jaune, l’autre à soie blanche, confondues par de très-anciens croisements. Ces ‘incertitudes, qui tiennent à l’antique domestication du ver à soie, justifient tout à fait l’heureuse expression de M. Guérin-Méneville : « Le ver à soie est le chien des insectes. » L'influence de l'homme a dépouillé cet animal de toute force, de toute volonté, à la façon du mouton, si éloigné aujourd’hui du mouflon. Le ver à soie ne peut plus se tenir sur les feuilles incli-

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