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CHAPITRE IX

NÉVROPTÈRES

Les termites, ouvriers, soldats et sexués. — Les termiles des Landes. — Les termites exotiques, la mère séquestrée. — Les raphidies et les mantispes. — Les libellules et leurs chasses, ruse des larves. — Les éphémères, leur longue vie à l'état de larves, mœurs diverses de celles-ci, métamorphose supplémentaire. — Les perles et les némoures, larves et nymphes.

Comme dans l'autre section de l’ordre des névropières, ceux qui n’ont que des métamorphoses incomplètes se divisent, sous ce raport, en deux oroupes, selon que les larves et les nymphes sont terrestres comme les adultes ou qu’elles habitent l’eau à ce premier état.

Les termites sont les plus curieux représentants des premiers. On les nomme souvent fourmis blanches, à cause de leurs teintes blanchâtres, poux de bois, vagvagues, carias, etc. Les prétendus peuples mangeurs de fourmis se nourrissent réellement de termites, dont on dit que les nègres sont trèsfriands. Nous retrouvons chez ces insectes l’existence de sociétés nombreuses, et la fonction de reproduction, pivot unique de ces prétendus gouvernements, est divisée en un plus grand nombre d'individus que partout ailleurs, même chez les

bourdons. Là où la révolte est impossible, la subordination est inutile. Comme la plupart des espèces de termites sont exotiques, elles n’ont été l’objet que d’observations peu scientifiques. On se préoccupe surtout des dégâts qu'ils causent, et beaucoup de points de leur histoire restent encore obscurs. Il nest nullement certain qu’on soit autorisé à généraliser ce qui n’a encore été constaté que sur un très-petit nombre d'espèces. Il existe en France, principalement dans les landes de Gascogne, deux espèces de termites. La plus abondante fait des nids en parcelles de bois rongé, composés de quelques centaines d'individus, dans les souches des pins qui restent en grand nombre sur le sol après que les arbres ont été coupés. On nomme cette espèce termite lucifuge, parce que, à Pordinaire de tous les termites, ils rongent les objets ligneux à l'intérieur, en respectant toujours la surface externe, de sorte qu’on se trouve dans la plus parfaite ignorance de leurs atteintes.

Un grand nombre de maisons de la Rochelle, Rochefort, Tonnay-Charente ont eu leurs poutres entièrement détruites à l’intérieur. A Tonnay-Charente, une salle à manger s'écroula, et ’amphitryon et ses convives tombèrent à la cave. On peut voir dans les galeries du Muséum les colonnes de bois qui soutenaient la salle et qui furent rapportées par Audouin, en mission pour constater les dégäts des termites. L’hôtel de la préfecture de la Rochelle était envahi par ces insectes, et les archives furent en partie détruiles, la reliure des registres restant intacte. On est forcé de les enfermer maintenant

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dans des boites de zinc. M. Blanchard à vu, aux voûtes des caves de la préfecture, des tubes formés par des matériaux agglutinés, servant de galeries aux termites qui ne paraissaient pas à l’air libre. Le linge est aussi exposé à la dent de ces insectes. Audouin a rapporté de Tonnay-Charente le voile de noces d'une dame entièrement troué par eux. Certains quartiers d'Agen et de Bordeaux commencent à souffrir des ravages de ces insectes. Leurs sociétés restent séparées dans les bois; elles se réunissent dans les villes pour leurs déprédations.

M. Lespès a reconnu dans les termitières des landes cinq sortes d'individus bien distincts. Chaque nid présente d’abord un couple fécond, roi ou reine, ou petit roi el petite reine. Il S'y trouve des neutres de deux formes différentes. Les plus nombreux sont des ouvriers, de la taille d’une forte fourmi, chargés de creuser les galeries dans le bois, de soigner les œufs, les larves et surtout les nymphes, en les aidant à opérer leurs mues, les brossant, les léchant ; d’aller à la recherche des provisions, de les emmaganiser dans le nid. Chose singulière ! ils sont aveugles. D’autres neutres, bien moins abondants, au lieu de la tête arrondie des ouvriers et de leurs courtes mandibules, ont une énorme tête, presque moitié du corps, un peu carrée et avec de très-fortes mandibules croisées. Ce sont les soldats chargés de la défense du nid, se précipitant pour mordre les agresseurs. Au reste, ces pauvres défenseurs sont aveugles comme les ouvriers. L’anatomie a fait voir à M. Lespès que ces neutres des deux sortes sont les uns des mâles,

d'autres des femelles, toujours à organes avortés. Il se rencontre des larves de deux variélés, ressemblant beaucoup aux ouvriers. Les unes doivent devenir des neutres, les autres des mâles ou des femelles, et on les reconnait en ce qu’elles ont de très-légers rudiments d'ailes. Les nymphes à ailes imparfaites deviendront des mâles et des femelles. Il en est qui ont de longs fourreaux pour les ailes; d'autres, plus ramassées, ont des fourreaux alaires plus courts. Les larves et les nymphes des individus sexués ont les veux cachés sous la peau. Les males et femelles seuls ont des veux des deux espèces, composés et simples. Ils prennent des ailes et émigrent ; puis, comme les fourmis, les perdent aussitôt après que la fécondité des femelles est assurée. Les mâles et femelles provenant des nymphes à longs fourreaux deviennent les petits rois et pe- Htes reines, après leur essaimage qui a lieu à la fin de mai. En août, des autres nymphes éclosent des mâles et des femelles plus volumineux, plus féconds, qui sont les rois et reines. Les couples des deux sortes, recueillis par les ouvriers et les soldats, forment le noyau de colonies de printemps et d'automne. [l y à là, comme on le voit, une remarquable complication. L'abdomen de la reine est énorme et traine à terre. Elle se tient dans une galerie profonde du nid, sans cellule spéciale ; le male ordinairement près d’elle. Quoique très-embarrassée de son gros ventre, elle marche cependant assez bien, et le roi est toujours très-vif. Les ouvriers ne paraissent pas avoir pour eux de soins d'aucun genre.

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Des faits analogues, mais avec un caractère plus tranché, plus exagéré, se montrent chez les termites exotiques. Quelques espèces ont été étudiées dans l'Afrique australe par un voyageur hollandais, Smeathman, à la fin du siècle dernier. L’une d’elles, le termite belliqueux ou fatal, construit en terre sâchée des nids en monticules coniques, pouvant dépasser 3 mètres de hauteur, assez solides pour supporter le poids des taureaux sauvages. Smeathman et ses compagnons se cachaient en embuscade entre ces grands nids pour chasser ; 1l rapporte qu'il monta une fois sur l’un d'eux avec quatre hommes pour chercher à lhorizon si quelque navire n'était pas en vue. Au milieu de la partie inférieure du nid est'la cellule royale oblongue, à voûte arrondie, ayant jusqu’à 0,25 de longueur. Elle est entourée des salles de service du couple royal. Au-dessus sont des magasins remplis de parcelles de gomme et de sucs de plantes solidifiés. Dans le pourtour du nid sont de grandes chambres ou nourriceries, avec cellules de bois collé à la gomme. Là sont déposés les œufs de la reine, et éclosent les jeunes larves. Ces chamnbres, grandes parfois comme une tête d'enfant, sont bien ventilées. Le haut du nid est occupé par un dôme creux, plein d'air. On trouve dans ce nid une mullütude d'ouvriers , de 0",005 de longueur, des soldats, de 0*,010, dont chacun pèse autant que dix ouvriers, des mâles et des femelles non fécondées, de 0",018 de longueur, pesant autant que trente ouvriers. Les ailes des mâles, qui ne subsistent que quelques heures, ont 0",050 d'envergure.

« La cellule royale, dit M. de Quatrefages!, renferme toujours un couple unique, objet des soins les plus empressés, mais qui achète sa grandeur au prix d’une réclusion perpétuelle, car les portes et les fenêtres du palais, suffisantes pour laisser passer un ouvrier ou un soldat, sont trop étroites pour livrer passage au roi et plus encore à la reine. Celle-ci, toujours au centre de la chambre princière et reposant à plat, frappe tout d’abord les veux de l'observateur. Qu'elle ressemble peu à ce gracieux insecte aux ailes fines, à la taille svelte, qui n'avait que trois à quatre fois la longueur et trente fois le poids d’un ouvrier ! Kes ailes ont disparu, la tête et le corselet sont restés à peu près les mêmes ; l'abdomen, au contraire, a pris un développement monstrueux et tend à s’accroitre sans cesse. Dans une vieille femelle, il est deux mullé fois plus gros que le reste du corps, et atteint jusqu’à 0",15 de long. Cette femelle pèse alors autant que trente mille ouvriers, el, grâce à cette obésité exagérée, les précautions prises pour prévenir la fuite sont parfaitement mutiles, car elle ne peut faire un seul pas. Quant au mâle, il a aussi perdu ses ailes, mais n a d’ailleurs changé mi de dimensions, ni de formes. Toutefois 1l use peu de sa faculté de locomotion, et, tapi d'ordinaire sous un des côtés du vaste abdomen de sa compagne, 1l se borne à ôtre le mari de la reine. Les travailleurs et les soldats ont l'air de faire assez peu d'attention au roi ; mais ils sont fort occupés de la reine.

1 Souvenirs d’un naturaliste, t. W, p. 387.

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Fig. 507, 508, 509, 310. — Termite lucifuge, mâle, ouvrier, soldat, grossis ; femelle féconde d'un termite exotique.

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L'espace laissé libre autour de celle-ci est constamment rempli par quelques milliers de serviteurs empressts qui circulent autour d’elle en tournant toujours dans le même sens (fig. 307, 508,509,310). Les uns lui donnent à manger, d’autres enlèvent les œufs qu'elle ne cesse de pondre, car ici, comme chez les abeilles, cette reine est avant tout la mère de ses sujets. » Sa fécondité est devenue vraiment prodigieuse chez les termites exotiques. Son corps déformé n'est plus qu'un sac à œufs. II Y en a toujours un de mûr, eton voit de continuels mouvements de contraction s’exécuter, tantôt sur un point, tantôt sur l'autre. Elle pond au delà de soixante œufs par minute, plus de quatre-vingt mille par jour. De ces œufs naissent des petiles larves blanches, objets des soins les plus attentifs ; elles se nourrissent de champignons qui poussent sur les murs gommeux et humides des couvoirs. Vers la saison des pluies les nombreux mâles et femelles de la termitière prennent des ailes, et sortent par millions, lors d'une soirée d'orage, de leurs retraites souterraines. Leur vie aérienne dure peu, leurs ailes flétries se détachent au bout de quelques heures. Le sol est jonché de ces insectes qui deviennent la proie de mille ennemis. Quelques couples, recueillis par des ouvriers, protégés par des soldats, sont Les noyaux de nouvelles termitières, et bientôt se trouvent cloitrés chacun dans une cellule royale.

Smeathman signale encore un fermite mordant, construisant des mds en forme de colonnes cylindriques, terminées par des chapeaux voûtés comme des champignons, et un fermite destructeur, établis-

sant aux fortes branches des arbres des nids en forme de grosses boules composées d’un mélange de branchage, de feuilles et de terre réunis à des sucs gommeux et résineux. Les insectes y abordent au moyen de tubes clos et maçonnés descendant le long de l'arbre. Rien de plus curieux, rapportet-il, que les voyages des termites. Les soldats, qui font l'office d'inspecteurs quand les ouvriers réparent une brèche au nid, se postent ici en défenseurs sur les flancs de la colonne d'ouvriers. Certains se placent en sentinelle sur des plantes, et de temps en temps battent des pattes, de façon à produire un cliquetis. À ce signal, l’armée répond par une sorte de sifflement prolongé, et tous doublent le pas avec la plus grande ardeur.

On rencontre au printemps dans les bois, volant contre les troncs d’arbres, surtout les pins et sapins, des insectes à grosse tête triangulaire suivie d’un long corselet. Les ailes ont de fines nervures, el les femelles ont une longue tarière pour déposer leurs œufs entre les écorces où vivent les larves (fig. 5311). Celles-e1 sont allongées, carnassières, et se

Raphidie remarquable, tordent comme de petits serax pents (fig. 5312). De là le nom

de raphidie serpentine donné à l'une des espèces. Il y en a plusieurs se ressemblant beaucoup, loujours rares. On les nomme, en Allemagne, mouches à tête de chameau. Les nymphes, pourvues de fourreaux d'ailes, sont agiles et commencent à ressembler aux adultes (fig. 315). Près de ces ra-

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phidies se rangent les mantispes. La forme du corps et des ailes est analogue ; les pattes de devant sont”

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Fig. 312.— Larve Fig. 313. Fig. 314.

de raphidie, Nymphe de Mantispe païenne.

grossie. raphidie, grossie.

élargies, épineuses et repliées pour saisir les insectes, comme chez les mantes. Une des plus rares captures qu’on puisse faire dans les bois des environs de Paris est celle de la Mantispe paienne, dont les métamorphoses sont à découvrir (fig. 314).

Les névroptères aquatiques dans leurs premiers états quittent peu le bord des eaux. Les libellules volent avec rapidité en repassant sans cesse aux mêmes endroits. La grâce de leurs mouvements, leurs riches couleurs qui disparaissent malheureusement par la dessiccation, leur ont valu le nom de demoiselles. Leurs veux énormes, embrassant tout l'horizon, leurs fortes mandibules indiquent des insectes cruels et carnassiers. Chacun a son territoire de chasse, saisit au passage les mouches, les papillons et les déchire aussitôt. On voit souvent les femelles planer au-dessus des eaux, surtout des eaux stagnantes el vaseuses.

L’extrémité de leur long abdomen se replie et

touche l'eau de temps à autre. C'est un œuf qui tombe au fond et donne naissance à une larve. Celle-ci rappelle la forme de l’adulte, mais plus ramassée. Elles sont souvent couvertes de la vase dans laquelle elles aiment à vivre. Leur respiration est fort étrange. L’eau pénètre dans la partie terminale du tube digestif très-élargie et dont les parois portent un réseau de délicates branchies communiquant avec les trachées. Cette eau sort ensuite refoulée brusquement, et la larve s’avance par un effet de recul. Elle n’a plus ces branchies latérales en panaches qui servent en outre à la natation chez d’autres larves aquatiques. Cette larve, lourde et peu agile, est cependant très-carnassière, avide d'insectes, de mollusques, de petits poissons. Elle s'approche lentement de sa victime; puis, tout d'un coup, débande sa lèvre inférieure, très-longue, qui était repliée sous le thorax. Deux crochets, situés à l'extrémité, forment une pince pour saisir la proie, qui, par le retrait de cette lèvre, se trouve naturellement portée à la bouche. Les nymphes, un peu plus allongées que les larves et à moignons d’ailes, ont les mêmes mœurs (fig. 515, 316). Pour se transformer elles sortent de l’eau et s’attachent par les pattes à quelque plante. Le soleil sèche peu à peu la peau, qui se fend en long sur le dos, et la libellule se débarrasse de son fourreau. Elle reste molle pendant quelques heures ; puis, ses téguments bien raffermis, prend son essor. Les adultes vivent plusieurs mois. Les grandes espèces sont souvent emportées, dans l’ardeur de leur chasse, fort loin des eaux. On rencontre parfois sur les

NÉVROPTÈRES. 305 coteaux secs la plus grande espèce des environs de Paris, atteignant 0,1 de longueur, l’æschne

grande, dont le vol dépasse en vélocité celui de l'hirondelle. Ce sont surtout les ailes antérieures

Fig. 515, 516. — Larve de libellule et éclosion de l'adulte.

qui concourent au vol des libellules, et qui peuvent encore le produire seules, quand on a coupé les autres. Quand ces insectes se tiennent au repos à l'extrémité des branches, les ailes restent étalées.

Dans des genres, voisins, les insectes volent beaucoup plus lentement, et tiennent au repos les ailes relevées. Ainsi les calopteryx, dont les larves aiment les eaux courantes et dont les adultes, pourvus d’ailes colorées, volent au bord des fleuves et

des rivières. Le calopteryx vierge est très-commun dans toute la France. Le mâle, d’un bleu métallique, a ses ailes diaphanes traversées d’une bande bleue verdûâtre, et la femelle offre le corps d'un vert de bronze etles ailes d’un brun clair. Is se posent fréquemment sur les roseaux. Les agrions ont le corps très-grêle, les yeux très-éloignés lun de l’autre et très-saillants. Leur corps est tantôt d’un blane de lait, tantôt brun, tantôt vert. Ils volent faiblement, et abondent sur les buissons qui bordent les mares. Ils peuvent voler avec l’une ou l’autre paire d'ailes qui sont bien égales. Leurs larves sont minces et illongées.

Les éphémères sont des sortes de libellules dégradées, dont les adultes ne vivent que quelques heures sans prendre d'aliments, comme l'indique leur bouche imparfaite. L'éclosion a lieu le soir, plus rarement le matin, et la nuit ou le Jour suflit pour accomplir leur reproduction et mettre fin à leur existence. C'est ce qu’indique leur nom. Bientôt les étangs, les rivières sont jonchés de leurs cadavres, véritable manne pour les poissons. Le sol semble parfois couvert de neige, et on assure même que, dans certaines parties de la Hollande, on les ramasse à pleines charretteset qu’on s’ensert comme engrais. Au-dessus des eaux, on voit une nuée de ces éphémères qui se précipitent en tournoyant autour des lumières. Chez elles Jes ailes de la seconde paire sont très-pelites, et manquent dans cerlains genres. Les antennes sont deux soies trèscourtes comme celles des libellules. L’abdomen se termine par deux ou trois longs filets; les pattes

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antérieures, très-grandes , se tiennent dirigées en avant. L'éphémère vulgaire est brune, tachée de jaune, avec les ailes enfumées, à taches brunes, et les trois filets de l'abdomen sont bruns (fig. 517). Les éphémères, dans leur vol, s'élèvent et s'abaissent continuellement; en agitant leurs ailes, elles montent ; en les laissant étalées et immobiles, ainsi que les filets de l'abdomen, elles retombent. Les poëtes et les philosophes se! sont complu à établir leurs comparaisons sur la vie si courte de cet élégant insecte. Le fait n'est même pas exact pour les adultes, car on peut prolonger leur vie pendant une à deux / /

semaines en empêchant la

reproduction. Il est tout à Fig. 317.

fait faux, sion prend l'os: Éphémère vulgaire, adulte. tenceentière de insecte, qui est d’un an ou plus. Les femelles laissent tomber dans l’eau leurs œufs en deux ou trois paquets portés au‘dehors de l’abdomen, et cette ponte se fait avec une extrême rapidité. Les paquets d'œufs s'imbibent d’eau et vont au fond. Il en nait des larves très-agiles, entourées sur les côtés de longs panaches de branchies qui leur servent en même temps à nager. L'extrémité de l'ab-

domen est muni de deux ou de trois longs filets, comme dans les insectes parfaits. Selon les genres, ces larves offrent des différences intéressantes. Celle des éphémères proprement dites et des palingénies, de forme cylindrique, sont fouisseuses et se creusent avec leurs mandibules et leurs pattes de devant des galeries droites, séparées les unes des autres et à deux ouverlures, dans la vase argileuse et molle des bords des rivières et des étangs (fig. 518). Dans cet abri qui les soustrait à la voracité des poissons, elles se nourrissent de petits insectes, et vivent deux ou trois ans. Les bætis ont des larves plates qui ne creusent pas de terriers, mais demeurent

Fig. 518.

Larve d'éphémére appliquées contre les pierres dans

vulgaire, grossie.

les ruisseaux rapides. Elles sont carnassières, et vivent un an. Les cloës ont des larves nageuses allongées et cylindriques qui chassent en nageant les petites proies. On (rouve souvent dans les maisons, contre les vitres et les rideaux, la cloë diptère, qui n’a que deux ailes et vole peu (fig. 319). Enfin, les larves rampantes des potamanthes ne peuvent fouir, se trainent sur le limon, s’'entourent de vase et chassent à Pembuscade.

Les nymphes des éphémères ne diffèrent des larves que parce qu’elles ont des rudiments d'ailes (fig. 320). Elles se meuvent et se nourrissent de la même manière. Le dos, sorti de l’eau, se gonfle

NÉVROPTÈRES. 367 et se fend lors de l’éclosion de l'adulte. Elle a lieu à la surface même de l’eau pour les larves eylindri-

ques, et la peau de la nymphe sert de radeau à l'adulte. Les larves plates sortent de l’eau et s’atta-

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Fig. 19. Fig. 520. Nymphe Cloë diptère, grossie. d'éphémère vulgaire, grossie.

chent. En s’échappant de la peau de nymphe, les éphémères présentent une particularité remarquable. L'animal parait lourd, il vole mal, ses ailes sont en partie opaques. Il se fixe sur quelque plante, et se débarrasse, au bout d’une ou deux heures, d’une dernière peau, très-fine et blanche, qui recouvrait le corps et les ailes, et reste attachée

au support en conservant la forme de l’insecte. On oblient, au lieu de la première forme (subimago); un insecte à ailes diaphanes, volant beaucoup mieux, et dont les antennes, les soies caudales et les pattes sont plus longues (imago). Cette dernière mue est spéciale aux métamorphoses des éphémères.

Les perles et les némoures sont des insectes au vol

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Fig. 521. — Perle à deux points, adulte.

faible, ne quittant pas le bord des eaux. Leur corps est large, la tête surtout, leurs ailes amples et celles de la seconde paire très-développées en arrière, et se repliant sur elles-mêmes dans le repos (fig. 521). En outre les supérieures s’entre-croisent. Les larves sont toujours nues, sans fourreaux, tou- Jours aquatiques (fig. 322). Les unes respirent au moyen de branchies placées latéralement, les autres par la peau. Elles nagent peu, mais marchent

NÉVROPTÈRES.

au fond des eaux, en laissant leur abdomen trainer sur la vase. Elles se cachent sous les pierres ou

contre les feuilles et les tiges des plantes aquatiques. Elles aiment les eaux courantes et se plaisent là où l’eau se précipite et se brise sur les pierres. On les voit souvent balancer leur corps, en se tenant fixées par leurs pattes contre une pierre.

Elles sont exclusivement carnassières, vivent de petits insectes, de larves d’éphémères ou de larves d'espèces de leur senre. Elles chassent à l'affût en se cachant dans la vase. Les nymphes prennent des rudiments d’ailes, et, à cela près, ont la vie et les habitudes des larves (fig. 5323). Pour se métamorphoser, elles sortent de l’eau et atlendent, en se sé-

Fig. 322.

Perle à deux points, larve.

chant, qu'une couche d’air soit venue s’intercaler entre l’ancienne peau et la nouvelle. Alors, la peau se fend au milieu du thorax. L'adulle ne vit que peu de jours, car sa bouche est imparfaite et il ne mange pas. Les larves ont passé l'hiver, et c’est surtout au printemps qu’éclosent les adultes. Une espèce est très-commune à Paris, au commencement d'avril, et se trouve sur les parapets des quais el des ponts, et contre les maisons des rues voisines. Les femelles sont bien plus fortes que les mâles, el

pondent dans l’eau les œufs associés en paquels peu compactes, sans gelée comme les phryganes, et se séparant facilement.

Les larves et les nymphes des perles ont à l’extrémité de l'abdomen deux longs filets qui subsis-

Fig. 595. Fig. 8 Perle bordée, larve-nymphe. Némoure trifasciée, larve. tent chez les adultes. Il en est de même pour les premiers états des némoures (fig. 324); mais chez celles-ci les soies caudales demeurent attachées à la dépouille de la nymphe, et les adultes en manquent ou n'en sont que des vestiges (fig. 325). Ils sont plus grèles et plus délicats que les perles, avec une tête plus petite, plus ronde et moins aplatie. Dans beaucoup d'espèces, les males ont les ailes plus petites que les femelles, et même quelquefois

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à l'élat de rudiments. C’est une exception fort re-

Fig. 325. — Némoure bigarrée.

marquable chez les insectes, où ce sont au contraire les femelles qui d'habitude présentent, dans cerlains types des divers ordres, une réduction ces ailes.

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