‹ Les métamorphoses des insectes (volume 2)Chapitre 7 sur 40 · AL LU · texte numérisé non relu

AL LU

Fig: 51, 52, 53 et 54.

Staphylin odorant adulte {face et profil}, nymphe et larve.

écarle ses mandibules et relève l'abdomen, d'où font saillie deux vésicules blanches (fig. 51, 22, 99,94). Ses métamorphoses ont été bien étudiées en même temps par MM. Blanchard et Heer. La larve est allongée, atténuée vers l'extrémité, avec deux longs filets écartés et un tubercule par-dessous qui l'empêche de trainer sur le sol. La tète et les anneaux du thorax sont d’un brun brillant, avec des pattes grèles et longues; les autres anneaux sont d’un gris cendré. Comme l'adulte, elle relève l'abdomen d'un air menaçant. Très-agile et trèscarnassière, elle guette le jour sa proie au passage, à demi-enfoncée dans un trou en terre, et sort la

nuit pour chasser. Souvent elle saisit à la gorge un autre individu de son espèce et Le suce avec avidité. Vers la fin de mai, elle s'enfonce en terre et se transforme en nymphe dans une cellule. La nymphe est d’un jaune paille avee la tête repliée en dessous, ainsi que les pattes, les ailes sur le côté. Elle est très-crosse à la région antérieure, puis amincie. Au bout d’une quinzaine de jours, 1l en sort un insecte jaunâtre prenant bientôt la couleur noire. Nous citerons aussi le staphylin à grandes mûchoires (maxillosus), revêtu de bandes cendrées, grand amateur des cadavres, et le staphylin velu (hirtus), noir, à longs poils jaunes, qui lui dondent quelque ressemblance avec un bourdon, quand on le voit s’abattre sur les charognes. Aussi Geoffroy, le vieil historien des insectes de Paris, Pappelle le staphylin bourdon. Les pœdères chassent au bord des eaux, sous les pierres, et leurs espèces, dans tous les pays, présentent un agréable mélange de noir, de rouge et de bleu. De petits staphylins vivent en parasites dans les nids des fourmis, et une rare espèce, de forte odeur musquée, habite le guépier des frelons : il est fort difficile de se la procurer, vu les mœurs peu traitables de ses amis !. Quelques staphylins ont des mœurs très-singulières. Une petite espèce, découverte d’abord dans le nord de PEurope, a été trouvée par le docteur Laboulbène au cap de la Hève, près du Havre. C’est le micralymna brevipenne. Ainsi que la larve et la nymphe linsecie parfait vit sous Peau à la maréé

1 C'est le Quedius où Velleius dilatatus.

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haute. On les prend, à marée basse, dans les fentes des roches, qu’on fait éclater au ciseau. Dans certaines grottes de la Carniole se rencontre un grand staphylin, d’un centimètre de long, de couleur de poix, ayant un très-petit œil, allongé et sans faceltes. On Le nomme le glyptomère cavicole.

Il faut en finir avec ces tristes carnassiers. Nous avons vu les silphes fétides se nourrir avec avidité des chairs putréfiées ; les dermestes, qui attaquent de préférence les tendons et les peaux des cadavres, achèvent l’œuvre de destruction. Il n'y aurait qu’avantage, au point de vue des grandes harmonies naturelles, si les larves des dermestes ne mangeaient indifféremment toutes les matières animales sèches, le lard, les pelleteries, les plumes, les erins, les objets en écaille, les cordes à boyau, les vessies, etc. Une espèce très-commune, le dermeste du lard, abonde dans les charcuteries mal tenues (fig. 55, 56, 57). Il est noir avec une large bande grise à la base des élytres. Il aime les endroits obscurs et malpropres. Ses larves, à fortes mandibules, ont des pattes courtes ; elles marchent lentement et avancent en se servant, comme d’un levier, d’un tube qui termine leur corps. De longs poils rougeâtres forment comme une couronne autour de leurs anneaux d’un brun rouge. Pendant quatre mois elles ne cessent de se repaitre, et même se dévorent entre elles, si la faim les presse. Elle se recouvrent d’excréments pour se changer en une nymphe qui conserve pour s'appuyer les deux ap-

pendices postérieurs de la larve.

Le dermeste renard (vulpinus), d’un gris fauve,

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