‹ Les métamorphoses des insectes (volume 2)Chapitre 9 sur 40 · TEMPS D'ENGOURDISSEMENT, SANS NOURRITURE · texte numérisé non relu

TEMPS D'ENGOURDISSEMENT, SANS NOURRITURE

Cinq mois en automne et hiver des deux premières années, du 1° novembre au 4° avril. . . . 10 mois

Total de l'existence en larves. . . 9% mois Temps de vie latente ou de nymphe du Le juillet au 4% mars de la troisième année. , . . . . . . S mois

Hannetons adultes éclos, demeurant ententes dd: Ts, :e VOD JOUE

TT 00 À 120 jours Hannetons hors de terre el dévorant L x les feuilles: . : - 2". ON OU ANS ÉPŒUISUEN 7 DEEP COUT Durée de la vie totale avec toutes ses métamorphôsés. MN 00. CEST OU NN

Pour donner une idée des quantités fabuleuses auxquelles le hanneton arrive en certaines années, nous rappellerons qu’en 1688 les hannetons détruisirent toute la végétation du comté de Galway en Irlande, de sorte que le paysage prit l'aspect désolé de l'hiver. Le bruit de leurs mullitudes dévorant les feuilles était comparable au sciage d’une grosse pièce de bois, et, le soir, le bruit de leurs ailes résonnait comme des roulements éloignés de tambours. Les habitants avaient de la peine à retrouver leur chemin, aveuglés par cette grêle vivante. Les malheureux Irlandais furent réduits à cuire les hannetons et à les manger. En 180%, les nuées immenses de hannetons, précipitées par un vent violent dans le lac de Zurich, formèrent un bane épais de cadavres amoncelés sur le rivage, dont les exhalaisons putrides empestèrent l'atmosphère. Le 48 mai 1852, à neuf heures du soir, la route de Gournay à Gisors fut envahie par de telles myriades de hannetons, qu’à la sortie du village de Talmoutiers, les chevaux dela diligence, aveuglés etépouvantés, refusèrent opiniätrément d'avancer et forcèrent le conducteur à revenir sur ses pas. En 1841, ils ravagèrent les vignobles du Mâconnais, et certaines de leurs nuées s’abattirent sur Mâcon, au point qu'on

avait grand’peine à s’en garantir parles moulinets de canne les plus rapides, et qu’on les ramassa à la pelle dans certaines rues. Un hannetonnage de ces insectes adultes, mais général, mais obligatoire, serait le seul moyen efficace de combattre un fléau qui coûte bien des millions au pays ; maisen France, l'esprit de facétie, compagnon de l'ignorance, est encore plus funeste que le hanneton. On peut citer comme exemple un spirituel préfet du roi Louis- Philippe, M. Romieu, alors préfet de la Sarthe, qui rendit un arrêté en ce sens. Il devint la proie des petits journaux et fut représenté en hanneton dans le Charivari.

Nous rencontrons aussi, mais rarement dévastateur, le hanneton du châtaignier, à corselet brun, à pattes noires, et le hanneton foulon, de taille double du hanneton commun, agréablement bigarré de fauve et de blanc, mais qui n’habite que les rivages de la mer et surtout les dunes. En été apparaissent deux petits hannetons blonds et poilus, bien plus nocturnes que le hanneton commun, volant le soir dans nos prairies. Ce sont le rhizotrogus solstitialis, qui paraît en juin, et le rhizotrogus æstivus, en Juillet. Leurs larves, très-nuisibles, vivent des racines des arbres.

A côté des hannetons se rangent les cétoines inoffensives, ornées souvent de magnifiques couleurs métalliques. Les pièces buccales des adultes sont très-molles ; aussi ne vivent-ils que de fleurs. On voit la cétoine dorée se jeter avec frénésie sur les lilas et sur les roses et s’y endormir. Les larves vivent dans le bois pourri, et les nymphes s'y fa-

connent une coque; dans ces deux états l'insecte ressemble au hanneton (fig. 72, 73). A l’état adulte les cétoines volent le jour et très-facilement, en

Fig. 72, 15. — Coque et larve de cétoine dorée. o

faisant glisser leurs ailes au-dessous des élytres qui restent closes (fig. 74). Cette espèce est le mélo-

Fig. 74. — Cétoine dorée volant.

lonthe doré d’Aristoteet partageait, avec le hanneton, le privilège fort peu agréable pour elle d’amuser les enfants des Grecs. Nous devons citer deux petites céloines, communes sur les fleurs de chardons, la cétoine stictique, noire, à points blancs, et la cétoine velue, toute couverte de poils jaunâtres. A côté des cétoines viennent ces gigantesques Goliaths, des

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