‹ Les métamorphoses des insectes (volume 3)Chapitre 10 sur 35 · X. p. METCALF · texte numérisé non relu

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Kig. 101. Ver à soie à ses divers états.

laite pour des graines chinoises venues par caravane. Au printemps, quand la température commence à s'élever, on porte la graine à la cave ou à la glacière, de peur d'éclosions prématurées.

On a depuis longtemps créé en Italie une race spéciale, dite trivoUine, à peine connue en France, en choisissant pour la reproduction des vers hâtifs qui accomplissent leur évolution en trois mues au lieu de quatre. L'éducation a alors une moindre durée, mais la soie est médiocre. Dans les pays chauds existent des races de vers à soie à plusieurs générations dans l'année.

Les autres bombycides à cocons soyeux présentent, les uns des chenilles munies de tubercules surmontés d'épines, les autres de longs poils. Les deux principales espèces du premier groupe originaires de l'Europe sont le Grand paon de nuit et le Petit paon, à cause des taches arrondies et vitrées de leurs ailes (tig. 192, 193, 194). La première espèce, le plus grand papillon d'Europe, ne dépasse guère la latitude de Paris. Introduit par des amateurs dans le département du Nord, il a bientôt dépéri. Il est très-commun dans tous les environs de Paris, vit sur les arbres fruitiers de sa banlieue, sur les platanes du chemin stratégique des fortifications, etc. La seconde s'étend plus au nord, existe en Angleterre, se nourrit sur le prunellier, l'aubépine, l'orme, le charme. Dans ces deux in-

sectes la chenille se file un cocon en forme de nasse, ouvert naturellement à un bout pour la sortie du papillon. Elle ne casse nullement le fil à cet orifice de sortie, comme on l'a cru autrefois, mais le replie ; on la voit, par un mécanisme différent du ver à soie, transporter continuellement sa tête d'une extrémité à l'autre du cocon. La chrysalide manque de la vésicule destinée à la liqueur

Fig. 192. Petit paon de nuit l'emelle.

pour percer le cocon ; elle était inutile dans ces espèces à cocon ouvert. Leurs cocons sont trop incrustés pour être dévidables. L'Allemagne nous présente en outre le Paon moyen; une autre espèce, à ailes jaunes, est spéciale à la Dalmatie. Enfin les montagnes de l'Escurial, près de Madrid, nourrissent une magnifique espèce à ailes verdàtres, prolongées inférieurement en queue. Elle a

été dédiée à la reine Isabelle {Allacus Isabellx). Dans tous ces papillons les antennes du mule sont bien plus pectinées (|ue celles de la femelle.

Les antennes sont à peu près également fournies dans les deux sexes de deux races ou espèces, à cocons ouverts , employées pour leur soie grise, plus grossière que celle du ver du mûrier. Ce sont les Attncm du ricin et de l'ailante, le premier de l'Inde, le second du nord de la Chine. M. Milne- Edwards éleva le premier au Muséum, en 1854, le ver du ricin, abandonné aujourd'hui en France, à cause de ses générations trop rapprochées et- de l'impossibilité de le nourrir en hiver. Quant au ver de l'allante, dont on doit l'introduction, en France, à M. Guérin- Méneville,en 1858, il n'a d'ordinaire que deux générations par an. Le cocon commence à être dévidé en soie grége. On peut dire qu'il est tout à fait acclimaté aujourd'hui. On a pu voir, à l'exposition des insectes de 1865, un nombre considérable de ses cocons et une vaste cage de toile pleine de papillons. On

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