Parnassien Apollon
des Alpes, Yapollon, plus répandu, se rencontrant dans les montagnes moyennes, comme les sommets des Vosges, les hauts plateaux ou causses de la Lozère, etc.
LEPIDOPTERES.
(fig, 224). Dans le nord de L'Europe, en Finlande, en Norwége, ce beau papillon descend dans les plaines. On dit que sa femelle vient parfois dans les jardins de Besançon. Les chenilles des parnassiens vivenl sur les saxifrages el s'entourent pour se transformer d'un léger réseau de soie, maintenant enroulées autour d'elles mie on plusieurs feuilles. Nous ne trouverons plus maintenant de chrysalides suspendues. Les chrysalides des parnassiens sont saupoudrées d'une efflorescence bleuâtre, sorte d'enduit cireux, comme les prunes. Les femelles portent sous L'abdomen une singulière poche cornée, «l'un usage encore inconnu, et qui doit se rapporter à quelque particularité de leur ponte.
C'est également dans un mince cocon soyeux que se transforment les chenilles des hespériens, papillons qui nous amènent naturellement aux anciens crépusculaires et nocturnes, heur tète est élargie, leur thorax épais, leurs six pattes sont développées et robustes (fig. 225). Les ailes sont médiocres, et par suite le vol est peu soutenu et comme par sauts. En outre, ces ailes, lors du repos de l'insecte, ne se dressent pas l'une contre L'autre perpendiculaires au corps ; elles sont seulement relevées à demi. Le nom de ces papillons vient de ce qu'ils volent de préférence dans l'après-midi. On les 1 encontre sur le bord des grandes routes, dans les avenues des bois, sur les coteaux secs, etc.
Les papillons, dont la grande majorité ne se montre qu'au crépuscule et à l'entrée de la nuit, avec d'assez fréquentes exceptions, ont les antennes déforme très-diverse. En outre, leurs ailes inférieures sont liées aux supérieures au moyen d'une sorte de crin roide, situé \
Fig. 2Î5.
Hespérie Sylvain, mâle.
l'insertion des secondes ailes et qui entre dans un anneau placé à la base des ailes de devant. En examinant un des grands sphinx de nos jardins de campagne, on verra très-bien cette disposition qui met les ailes en dépendance mutuelle. Au reste, en coupant cet organe, on ne rend pas le vol impossible, mais seulement de moindre durée et moins rapide.
Dans une première série de ces papillons, les antennes sont élargies vers le milieu, puis amincies à l'extrémité, qui souvent se recourbe en crochet. Plusieurs types bien tranchés se montrent à notre observation. On prend d'habitude pour des hyménoptères les sésies, à ailes vitrées et au vol rapide comme celui des mouches. On voit volera l'ardeur du soleil un grand nombre de petites espèces de ce groupe sur les fleurs des prairies, sur les troncs des arbres, sur les groseilliers des jardins, etc. Il faut une grande habitude pour les reconnaître et les saisir au filet. Les chenilles sont blanches ou rosées et se creusent des galeries dans l'intérieur des tiges ou des racines. La chrysalide est entourée d'une coque faite avec de
la sciure de bois agglutinée , provenant des érosions de la chenille, tantôt au pied de l'arbre, tantôt à l'entrée de la galerie au dehors de laquelle elle sait se hisser, afin que le papillon sorte à l'air libre. La plus grosse espèce et la plus commune (Sesia apiformis) dévaste les jeunes plantations de peupliers (fig. 226). On voit facilement les entrées des galeries de la chenille et les pelotes de parcelles de bois mouillées de salive qui en sont
Fig. 2U26. — Sésie apiforme femelle.
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expulsées. <>n croirait à une guêpe-frelon quand on aperçoit le papillon posé sur les troncs de peuplier : même taille, même livrée; les couleurs sont plus vives et nulles. Si on prend les sésies au sortir de la chrysalide, leurs ailes son! couvertes d'une fine poussière brune. Ce son! les écailles ordinaires des ailes des papillons, mais si peu al lâchées qu'elles tombent aux premiers coups d'aile de l'insecte. Le type de Lépidoptère est conservé.
Les prairies sont fréquentées, de la fin du printemps au milieu de l'été, par des papillons à ailes brillantes, d'un noir velouté, avec des lâches d'un rouge carmin. Ce sont les zy gènes, au vol pesant et peu prolongé, immobiles pendant la grande chaleur du jour (fig. C2L27). Les chenilles sont épaisses, comme boursouflées, jaunâtres avec des lâches noires. Elles se nourrissent de légumineuses et se changent en chrysalides allongées dans un cocon aminci aux deux extrémités, ressemblant à un bateau, fixé dans sa longueur, à une tige, lisse, comme vernissé, jaunâtre ou blanchâtre (fig. 228). Nous trouvons près de Paris, dans les prés, plu-
Fig. 227. — Zygéne du trèfle. Fig. 228. — Son cocon.
sieurs espèces de ces sphinx béliers qui se ressemblent beaucoup. La plus répandue est le zygœna filipendulœ
avec les ailes supérieures d'un noir bleu, marquées de six points rouges carminés, les ailes inférieures rouges bordées de noir. Le Z. trifolii, moins disséminé, n'a que cinq taches rouges (fig. 227), et de même le Z. lonicerœ, plus rare près de Paris, se trouvant à Lardy, à Fontainebleau.
Près des zygènes se placent les procris, qui volent comme elles pendant le jour dans les prairies humides. Leurs ailes sont d'un beau vert brillant ou d'un bleu de turquoise. Les auteurs rangent souvent à la suite des procris un genre de papillons à métamorphoses très-curieuses, les hétérogynis, dont les mâles et les femelles ont les plus étranges dissemblances. Les mâles sont des petits papillons gris, à antennes pectinées ; les femelles ressemblent tout à fait aux chenilles, sans trace d'ailes, ayant six très-petites pattes au thorax ; elles sont d'un jaune verdâtre avec des bandes noires. Les chenilles filent un joli cocon, Irès-soyeux, un peu lâche, ovoïde, d'un jaune pâle, attaché à une tige de genêt, plante qui les nourrit. La chrysalide de la femelle est une sorle de sac brunâtre, renflé à l'abdomen. Du côté de la tête est un petit clapet que la femelle pousse après son éclosion. Elle sort de cette chrysalide et du cocon, mais reste attachée postérieurement à celui-ci, près de l'orifice de la chrysalide demeurée dans l'intérieur du -cocon. Elle se lient
229, 230, 251 Heterocjynis penella, mâle,
ainsi recourbée, la tète en bas, femelle, cocon et chrysalide attendant le mâle qui la cherche
de la femelle. , A , , ,L afta «fti
de son côté (fig. 229, 230, 251, 252). Si on vient à la toucher, elle rentre dans la peau de
LÉPID0PTÊR1 5. 257
l,i chrysalide pour ressortir ensuite. Quand elle a été fécondée, elle retourne définitivemenl dans la chrysalide, e| laisse retomber le clapet sur elle. Elle s'enferme ainsi dans nu sépulcre, <|iii doit être le berceau de sa postérité. Son corps se réduil beaucoup après la ponte d'un nombre énorme d'oeufs jaunâtres liés entre eux en chapelet par une humeur visqueuse. Les petites chenilles restent quelque temps dans ce sac de la chrysalide, et mangent l'humeur visqueuse qui colle les œufs et même le cadavre rétréci de leurmère. Ce u'esi qu'au moment de leur première mue qu'elles percenl la chrysalide et le cocon, et se répandent sur les feuilles de genêt. Nous devons à l'observation de M. de Graslin es curieux détails reconnus sur l'espèce française, VHeterogynis penella, rencontrée dans différentes localités, au Vernet, dans les Pyrénées-Orientales, dans le département dos Basses-Alpes, dans la Côte-d'Or, près de Dijon.
Les sphinx ont reçu ce nom général d'après l'attitude fréquente de leurs chenilles, redressant la moitié antérieure de leur corps et restant ainsi longtemps immobiles, dans la position prêtée par les sculpteurs au monstre de la Fable, jetant sa terrible énigme aux passants. L'avant-dernier et onzième anneau de leur corps porte un appendice courbé simulant une corne. Elles se changent en chrysalide dans des coques de grains de terre ou de débris de feuilles sèches, agglutinés par une salive visqueuse et réunis par quelques fils de soie. Ces chrysalides sont ovoïdes, sans angles et deviennent promptement d'un brun marron. Nous citerons d'abord les smérinthes du peuplier, du tilleul et du cliène, ce dernier bien plus rare que les deux: précédents, à ailes découpées, d'un vol faible, contre l'ordinaire de cette famille; les macroglosses, doués au contraire d'un vol rapide comme la ilèclie, ne laissant pas distinguer leurs ailes frémissantes. Pendant toute l'année, le moro-sphinx
ou sphinx-moineau, à cause du faisceau de poils divergents qui termine son abdomen à la façon d'une queue d'oiseau, butine en plein jour sur les fleurs de nos jardins (fig. 235). Il reste en vol stationnaire, devant cha-
Fig. 235. — Moro-sphinx butinant sur un pétunia.
que fleur, sans s'y poser, c'est-à-dire qu'il contre-balance par la vibration continue de ses ailes l'action de la pesanteur, ce qui est le cas des meilleurs voiliers seuls. En même temps sa longue trompe, se recourbant à angle droit avec son corps, s'enfonce dans les corolles jusqu'aux nectaires. Cette espèce paraît pendant toute la belle saison, et au milieu de l'automne, et entre souvent dans les maisons pour se réchauffer.
Les sphinx proprement dits se trouvent le soir sur les fleurs, volant avec une extrême vitesse ; avec un léger