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IV. Mil parfois de véritables nuées de istiques noirâtres

qui obsi urcissenl littéralement l'éclat du jour. Ainsi, jlans les Cévennes, au commencement de septembre, u des ouvriers employés au reboisement d'une partie de la montagne de l'Espérou onl (''lé témoins d'un phénomène extraordinaire dans ces contrées. A deux heures du soir, un bruit sourd et monotone, à peu près analogue à celui que produit un orage lointain, lixa leur attention sur un épais brouillard qui traversait un mamelon à environ deux kilomètres devant eux. L'air était très-calme; ils furent étonnés de ce bourdonnement, et leur première pensée leur lit croire à un incendie du côté de l'Espérou; mais voulant connaître la cause réelle de ce brouillard intense, ils ne furent pas peu surpris lorsque, s'étanl avancés, ils reconnurent que c'était une colonne immense de moucherons dont la longueur était de plus de 1,500 mètres sur une largeur de 50 et une hauteur de 50. Cette colonne d insectes se dirigeait de l'est à l'ouest1. » Les cousins et les moustiques ont la bouche munie de stylets très-grêles, capables cependant de percer les peaux les plus épaisses. La salive est venimeuse et produit des ampoules causant une douleur qui persiste longtemps.

Les titulaires ressemblent d'aspect aux cousins, mais ils ont la bouche trop faible pour attaquer l'homme el les animaux, el ne peuvent que sucer les fluides végé-

1 Bibliothèque des Merveilles, les Météores, p. 254.

taux. Il en est dont les larves vivent dans l'eau. Tel est le chironome plumetix, dont la larve, d'un beau rouge de sang, ressemble à un ver délié. Cette larve, connue sous le nom de ver de vase, est fort recherchée des pêcheurs parisiens pour amorcer les lignes destinées aux petits poissons. On amoncelle en tas le sable retiré de la Seine, surtout près d'Asnières, on laisse l'eau s'égoutter, et on récolte en abondance, en fouillant le sable, ces larves

qu'on doit conserver toujours humides. De grandes espèces de tipules se voient dans les champs et dans les jardins potagers. Souvent on les aperçoit, appuyées sur les feuilles par leurs longues pattes , balançant leur corps d'un mouvement saccadé et rapide. La tipule femelle pond sur le sol humide (fig. 281). Les larves al-

longées, grisés, sans pattes, â la tôte écai lieuse, dévorent les racines, el sont souvent très-nuisibles aux légumes. Elles changent de peau pour devenir mie nymphe immobile, laissanl reconnaître les ailes el les pattes couchées de l'adulte.

Dans ces tipulaires nous devons citer les mycétophiles, dont les larves à tête noire vivent dans les champignons, les sciara, amies <l«i> truffes, mais ne servant nullement à propager ce savoureux cryptogame; les petites ceci- (lonii/rs, doiii plusieurs espèces attaquenl les céréales. Dne d'elles ravage les blés en Amérique, el a«reçu dans ce pays le nom de mouche de Hesse, car elle fui importée fcvec les grains destinés à nourrir les troupes mercenaires de Hesse dans la guerre de l'Indépendance.

La Cécidomye du froment cuise parfois beaucoup de Ravages dans nos blés. De la moitié do juin à la moitié de juillet, on voil s'abattre le soir les myriades funestes, alin de pondit' sur les épis. Kilos y passent la nuit, et, par les temps couverts, pondent quelquefois pondant le jour. Ces cécidomyes sont de très-petites mouches jaunes, ayant un peu l'apparence svelte et grêle de nos cousins. Los femelles, longues de L2 millimètres, sont d'un beau jaune citron, quelquefois tendant à l'orangé. Leur tête porto de gros yeux noirs, des antennes longues en grains do chapelet, etle thorax a des ailes transparentes ciliées sur les bords. Leur corps se termine par une longue tarière, aussi ténue qu'un lil de ver à soie; elles l'enfoncent entre les glumes dos épillets, avant la floraison, el les œufs qui descendent par ce conduit écloront en leur temps à l'abri des intempéries. Le mâle, beaucoup plus rare, se distingue de la femelle par un corps moins long, dépourvu de tarière, une couleur plus foncée, d'un jaune brun, les ailes légèrement enfumé nervures (dus visibles (fig. ï^l, 283). Au bout de quelques jours, les larves sortent dos œufs. D'abord blanchâtres,

elles deviennent bien vite d'un jaune vif, et. sous cette

dernière couleur, on les voit très-facilement au nombre

de cinq, dix et même vingt pour un seul grain. Selon la

Fig. 282, 283 et 284.

Gécidomye du froment, mâle, femelle, larve, très-grossis.

quantité de ces larves apodes (fig. 284) , le grain avorte complètement ou reste contourné et amaigri, destiné au vannage à grossir le tas du petit blé, souvent plus riche en son qu'en farine.

Les larves bien développées doivent gagner la terre pour y chercher un abri. Pour exécuter cette manœuvre, elles se courbent en arc de cercle et se lancent dans l'espace, de peur de rester accrochées à l'épi ; toutefois quelques larves demeurent dans les épis et sont transportées dans les granges. La grande majorité se réfugie au pied des chaumes. Pendant le restant de l'été, l'automne, l'hiver, le printemps, elles demeurent engourdies, sans métamorphose, à Yétat dormant. Puis elles

restent quelques jours en nymphe, el l'adulte prend son essor au mois de juin. On trouve souvent à cette époque des cécidomyes naissantes qui sortent de la terre qui, l'année précédente, était couverte de blé. Aussi, M. G. Bazin, à qui nous empruntons ces utiles notions, conseille, pour détruire ces petites mouches si nuisibles, de retourner les chaumes aussitôt après la moisson, ou de les herser, ou <Io les brûler, ou enfin d'y répandre des tourteaux de colza ou de navel le développant une essence insecticide.

Mais les meilleurs agents de destruction sont des êtres aussi chétifs que les fléaux dont ils nous délivrent. Des parasites de la famille des Proctotrupides [hyménoptères du genre Platygaster (voir fig. 285)] viennent pondre sur les larves des cécidomyes des œufs d'où sortiront les microscopiques protecteurs de la récolte. On peut dire que ces petits insectes noirs, à pattes fauves, ignorés de tons , et dont les larves dévorent les jeunes cécidomyes, sont de véritables

Ponte des cécido-

myes du froment et de leurs parasites. — Larves rongeant les grain entre les glumes. — Grain attaqué avec deux nymphes et grain sain.

agents providentiels auxquels

l'humanité a dû bien des fois sa préservation contre de hideuses famines (fig. 285, 286, 287).

D'autres cécidoinyes ont été l'occasion récente de découvertes très-étranges, celles d'un mode de reproduction tout à fait insolite dans une classe aussi élevée que les insectes, et qu'on croyait seulement propre aux animaux les plus dégradés. On savait que des vers parasites

Fig. 288, 289 et 290. — Cécidomye vivipare et petites larves incluses. — Adulte et nymphe en dessus et en dessous.

du foie, les distomes, pondaient des œufs d'où naissaient des larves sans sexes, dites Scolex. Dans celles-ci se formaient d'autres larves, incluses à l'intérieur et en sortant par déchirement, devenant enfin, après une série de métamorphoses, des distomes à sexes distincts et ovigères. Un naturaliste russe, M. N. Wagner, trouva dans les tiges du peuplier et du saule de petites larves de cécidoinyes (ou d'un genre très-voisin), ayant quelques millimètres de longueur. A leur intérieur se formèrent de

petites larves, déchirant ensuite La peau de leur mère pour devenir libres, el présentant, quelques jours après, de nouveaux embryons de larves incluses (fig. 288). C'est dans relie série d'emboîtements <|u<' se passa la fin de l'été, l'automne, l'hiver el presque toul le printemps jniivant. Puis apparurent <!<•* Larves pins petites qui se changèrent en nymphes allongées (fig. 289), «le couleur orange, ayant d'un et demi à deux millimètres et demi de Longueur. An bout de quelques joins, il en sortit des adultes, mâles et femelles, à ailes peu nervulées, ciliées, à grands balanciers (fig. 290). Les femelles on1 des (mis énormes pour leur taille, de près d'un millimètre, de sorte que cinq suffisent à remplir son abdomen. Il en provient les curieuses larves citées pins haut.

Cette espèce fui retrouvée en Danemark sons l'écorce d'une bûche de hêtre; une antre, à larves vivipares moitié pins petites, en Allemagne, dans des résidus altérés de betteraves ayant servi à la fabrication du sucre; enfin on observa en Russie une troisième espèce voisine, de •taille intermédiaire, dont les larves vivaient en hiver dans le plancher vermoulu d'une maison, dans de vieilles graines et divers détritus. Usera fort intéressant de rechercher en France des espèces pareilles ou analogues, qui doivent certainement exister; mais nous prévenons avant tout que, pour entreprendre ces curieuses explorations, il faut un fort microscope et surtout l'habitude de c'en servir.

Les diptères dont il vient d'être question ont de Ionunes antennes (némocères). La pins grande partie, au contraire, des insectes de cet ordre, ne présente que des antennes courtes (brachocères), formées de trois articles, dont le troisième est comme un gros bouton renflé, présentant sur le côté une tige grêle, avec indices d'articulations, qui sont le reste de l'antenne, déplacé et atrophié.

Parmi ces brachocères est un ^(^wo qui partage avec

les fourmilions, de l'ordre des névroptères, le curieux instinct de la chasse à l'affût dans un entonnoir. Aussi l'insecte s'appelle ver-lion ou vermillon, d'après les mœurs de sa larve. Cette curieuse bête fut indiquée pour la première fois en 1 706, sous le nom de fourmi-renard, et étudiée en 1755 par Réaumur, puis par de Géer, en Suède, sur un individu envoyé par Réaumur à la reine Ulrique-Éléonore, sœur de Charles XII, passionnée pour l'entomologie, et possédant un riche musée d'insectes de tous pays. On trouve l'espèce (Leptis ou Psammorycter vermileo) en Provence, dans le Lyonnais, en Auvergne. Réaumur la chercha vainement aux environs de Paris, où elle n'a pas encore été trouvée, à ma connaissance. Cette larve, comme celle des fourmilions, et souvent en leur compagnie, se tient au pied des murs dégradés ou au bas des talus abrités de la pluie par une roche en surplomb.

Le corps de la larve, d'un gris sale, un peu jaunâtre, va régulièrement en augmentant de grosseur de la tète à la région opposée. La tète est effilée comme celle des asticots, et rentre au repos dans le premier anneau du corps. Il en sort deux mandibules en forme de dards, qu'elle enfonce dans ses victimes, et dont elle se sert comme point d'appui pour marcher, tirant son corps après elle. En outre, elle saute en débandant sa région postérieure. Le dernier anneau, plus long que les autres et un peu aplati, se recourbe en dessous, comme un crampon qui fixe la larve au sable de l'entonnoir pendant que sa proie se débat. Il se termine par quatre appendices charnus, que Réaumur compare à une main ouverte à quatre doigts. Elle n'a pas de pattes et s'enfonce comme un éclair dans le sable dès qu'on touche à son entonnoir; très-agile, elle s'élance du fond sur la victime, qui y tombe, et l'enlace comme un petit serpent. Elle ne commence pas par tracer l'enceinte de son

entonnoir, ainsi que le fourmilion. Elle s'enfonce dans le sable, de liaul en bas, par sa tête pointue. Le sable est lancé au dehors par les inflexions alternatives de son corps; parfois il s.« plie en compas, donl la plus longue branche tourne autour de la plus courte, formée par la partie postérieu

sorte que I»4 bout de la partie antérieure jette le sable en tournoyant. On comprend que ce mouvemenl est très-propre à faire un cône; aussi, l'entonnoir du vermilion esl plus profond, eu égard à sa taille, que

■t nymphe

Entonnoir, larv< du vermilion.

celui du fourmilion, et à parois plus abruptes

(fig. 291). lien aplanit les bords escarpés eu frottant son corps contre eux, et lance une pluie de sable sur l'insecte infortuné qui cherche à lui échapper en remontant la surface du cône meurtrier.

La larve parait vivre plusieurs années. Elle devient nymphe sans faire de coque, entourée de grains de sable collés à elle et gardant la peau de larve plissée et attachée au dernier segment. La nymphe l'ait pressentir les formes de l'adulte.

Elle a une petite tète, un I borax renflé et comme

bossu, avec des ailes en-

, , lig. 292. — Vermilion adulte. <jro

roulées autour du thorax, des rudiments de pattes, un abdomen loin

el

mince. Au bout de quinze jours, vers la fin de juin, les adultes sortent de la peau de la nymphe fendue sur le dos. Ils sont jaunâtres, avec des traits et des taches noires, et ont un aspect général de tipules, en raison de leur corselet renflé et de leurs longs balanciers (l\g. 292). Souvent ils recourbent en dessous leur abdomen, grêle à

Fig. 295. — Leptis strigosa mâle et femelles.

l'origine, déprimé, arrondi à l'extrémité. Ces diptères ont un vol léger et rapide ; au repos, leurs ailes transparentes, légèrement embrunies et irisées, se placent l'une sur l'autre le long du corps, atteignant presque l'extrémité de l'abdomen.

Nous avons près de Paris plusieurs espèces de Leptis.

DIPTERES. -2'. t.".

L'une d'elles, le Leptis strigosa, plus grande «•! plus robuste que lf vermileo, à ailes maculées de gris jaunâtre, se trouve dans nos bois en mai el juin. Les femelles, plus grosses que les mâles, à abdomen en pointe extensible pour poudre dans les trou3, onl les ailes moins tachetées. Les deux sexes se posent au soleil, sur les troncs d'arbre, avec une sorte d'obstination, ei toujours

la tête en bas. La larve ne l'ail pas d'entonnoir (fig. 293).

Nous avons parlé précédemment de ces psithyres qui, vèins comme les maîtres de la maison, vont introduire sous ce déguisemenl leurs enfants à la table des enfants légitimes, et partagent la pâtée de miel et de pollen des larves de bourdons. Un artifice analogue serl à certains diptères à pénétrer dans les nids des hyménoptères sociaux. Ce son! les volucelles, qu'on voit en été et en automne tournoyer dans nos bois d'un vol rapide el bourdonnant.

Leur corps paraît souvent comme vésiculeux par la transparence des téguments. Tantôt elles sont velues et ornées de poils jaunes, blancs et rouges comme les bourdons chez lesquels elles pénètrent ; ou bien, faiblement poilues el parées de bandes jaunes et brunes, elles ressemblent aux guêpes et aux frelons, el envahissent sans crainte, sous ce masque trompeur, leur asile redoutable (fig. 294). Il semble prouvé par là que les insectes n'ont pas à distance une vision très-nette, et sont plus facilement impressionnés par les couleurs que par les formes des objets. Les volucelles pondent dans les gâteaux, mais leurs larves, bien moins innocentes que celles des psithyres, puissamment cuirassées contre l'aiguillon, dévorent les larves des hyménoptères. Réaumur avait observé les ravages des larves du Volucella bombylans dans les nids de bourdons. M. Kùnckel a étudié complètement les métamorphoses de celte espèce el de plusieurs autres. Il a constaté les plus curieux changements dans

les terminaisons extérieures de l'appareil respiratoire. Chez. la larve, hérissée de spinules, on trouve quatre stigmates, deux antérieurs au second anneau, deux postérieurs au douzième. Les pattes existent hien développées. Lors de la nymphose, le tégument s'isole de la peau de la larve ; on a une pupe, plus raccourcie, offrant aussi des couronnes de spinules. Cespupes des volucelles ont été découvertes par M. Kûnckel1. Les orifices d'entrée

Fig. 294.

Volucella zonaria,

adulte.

Fig. 293 et 296.

Larve et pupe de Volucella Zonaria.

de l'air ont disparu, et la région antérieure offre au dos deux tuyaux qui simulent deux courtes cornes. A leur surface est un nombre considérable de petits orifices d'entrée de l'air, spéciaux ta ces pupes (fig. 295, 296). Enfin, chez l'adulte, cet appareil transitoire si singulier n'existe plus ; il y a sept paires de stigmates aux places habituelles, et celte multiplicité d'orifices correspond à des trachées perfectionnées. Nous représentons les divers états du Volucella zonaria des nids de frelons et aussi de guêpes.

Les larves, sans pattes, ne changent pas de peau, dans la grande majorité des espèces de diptères à courtes an-

1 La ligure que M. Kiïnekel nous permet de donner est encore inédite.

tennes, pour prendre l'étal intermédiaire, mais deviennent (J<'s pupes brunes el immobiles dans l'ancienne peau séchée,à l'intérieur de laquelle s'organise l'adulte, sans que rien au dehors atteste sa forme. La plus grande puissance de locomotion que présente le règne animal est celle de certains de ces diptères, si l'on considère que, malgré leur petite taille, nous en voyons des espèces, <mi rlé, attirées par L'odeur, suivre quelque temps des convois de chemins de fer lancés à toute vitesse el pénétrer dans les wagons. Écoutons Macquarl nous exposer le rôle harmonique de l'ordre innombrable «les Diptères. « Voyez ees nuages vivants de tipulaires qui s'élèvent <lu sein de nos prairies comme l'encens de nos temples, el qui rendent également hommage à la Divinité en nous montrant sa puissance créatrice; voyez ces myriades de muscides répandues sur toutes les parties du globe, tourbillonnant autour de tous les végétaux, de tous les êtres animés, et même particulièrement de tout Ce qui a cessé de vivre : la profusion avec laquelle ils sont jetés leur l'ait remplir deux destinations importantes dans l'économie générale : ils servent de subsistance à un grand nombre d'animaux supérieurs; l'hirondelle les happe en rasant l'eau; le rossignol les saisit de son bec el'lilé pour les porter à ses nourrissons ; ils sont pour tous une manne toujours renaissante. D'autre part, ils travaillent puissammenl à consommer et à faire disparaître tous les débris de la vie, toutes les substances en décomposition, tout ce qui corrompt la pureté de l'air : ils semblent chargés de la salubrité publique. Telle est leur activité, leur fécondité et la succession rapide de leurs générations, que Linné a pu dire, sans trop d'hyperbole, que trois mouches consomment le cadavre d'un cheval aussi vite que le t'ait un lion. »

Le9 plus connues des moiiclies proprement dites sont celles qui sont attirées par les matières putréfiées on

mortes. La mouche domestique, si commune dans les maisons, pond ses œufs dans le fumier où vivent ses larves. Éloignez avec soin les amas de fumier des maisons de campagne si vous voulez diminuer en été leur I innombrable multitude. Les animaux abattus, les viandes dépecées attirent aussitôt des légions de diptères, parmi lesquels la mouche à viande (Calliphora vomitoria), d'un bleu d'acier, et la mouche dorée {Lucilia Cœsar), qui y pondent des œufs, et les sarcophages, mouches grises, rayées de noir, qui déposent de petites larves vivantes, les œufs étant éclos dans le corps de la mère (fig. 297). Les femelles ont l'abdomen prolongé pour la ponte en une sorte de tuyau.

Fig. ^297. Les larves molles, sans pattes,

Sarcophage de la viande. v i ,1

1 D blanches, rampant sans cesse

en contournant leurs anneaux, sont les asticots des pêcheurs à la ligne. Elles deviennent des pupes brunâtres. Il se dégage de la chaleur de ces animaux à nutrition si active, et les pêcheurs en éprouvent la sensation quand ils versent ces larves dans leur main engourdie par le froid. Ces mouches, attirées par les odeurs fortes, pondent parfois accidentellement sur les plaies de l'homme, ou s'introduisent dans la bouche et dans les narines de malheureux endormis dans une dégoûtante ivresse. Depuis que les condamnés aux travaux forcés sont transportés à Cayenne, on a déjà constaté cinq cas mortels causés par un insecte de ce groupe, nommé par le docteur Coquerel Lucilia hominivorax (fi g. 298, 299). D'autres condamnés ont perdu le nez. La larve, à crochets des mandibules très-aigus, vit dans l'intérieur des fosses nasales et des sinus frontaux. On en voit gagner le globe de l'œil et gangrener les paupières ; elle peut entrer dans

Wl

a bouche, corroder les gencives, l'entrée de la gorge, dévorer le pharynx, avec les symptômes d'une angine ai guë. Les malades commencent par éprouver un fourmiilemenl dans les fosses nasales, puis du mal de tête, un gonflemenl du nez. Ils ressentenl une douleur sou- les orbites c o 1 1 1 1 1 1 1^ si l'on y appliquait des coups de barre, fient ensuite une ulcération du nez d'où sortenl les larves, puis une réaction inflammatoire très-vive amène une méningite ou un érysipèle du cuir chevelu, suivi de

Kg. W2(J8 et 299. — Lucilia hominivorax, larve, adulte

mort. Des larves, sorties des malades, ont été nourries de viande, et on a obtenu la mouche. Celle-ci n'est pas un parasite de l'homme, car les véritables épizoïques ne tuent pas leurs animaux ; ils sont destinés à vivre l'un de l'autre. Il n'y a que des faits accidentels dus à une horrible malpropreté et à l'ivresse; un des malheureux t|ui ont succombé aux larves de cette mouche était atteint de boulimie ou faim insatiable, et dévorait souvent des viandes gâtées. La larve en question est connue àCayenne sous le nom de ver macaque et avait été indiquée pai Allure, médecin du roi, eu 1755. Il est probable que le vei moyacuil du .Mexique, qui attaque l'homme et le chien, est une espèce analogue. Le docteur Coquerel a aussi fait connaître une autre mouche (Idia IVujoti) piquant,

au Sénégal, les soldats des petits postes de la côte, probablement en introduisant sa tarière dans la peau avant de pondre. La larve a été rencontrée dans des furoncles du dos, des bras, des jambes. Les nègres sont souvent attaqués par cet insecte et savent très-bien extirper la larve. Enfin, tout récemment, une mouche d'un autre genre, dile au Sénégal mouche de Cayor, couverte de poils d'un gris jaunâtre, et nommée par M. E. Blanchard ochromye anthropophage, vit à l'état de larve, au Cayor, dans des tumeurs sous-cutanées de l'homme, et aussi, je crois, de divers animaux.

Quand les mouches ordinaires des viandes et des cadavres ont rempli leur office, tout n'a pas encore satisfait à la voracité de la gent à deux ailes. Des mouches, qu'on peut qualifier de funèbres, vivent de la graisse des os des squelettes. L'espèce la plus célèbre de ces thyréophores se trouve, en janvier et février, sur les squelettes de cheval, de mulet, d'âne, dans les charniers des équarisseurs. Elle est très-rare et singulière, parce que sa tête répand, la nuit, une lueur phosphorescente, peut-être pour éclairer l'insecte dans son œuvre de dernière destruction. Une autre espèce, plus commune, fréquente les squelettes des chiens morts dans la campagne. Le squelette du roi de la création n'est pas à l'abri des outrages de ces mouches. Une imperceptible espèce réduit en poussière impalpable les os, les ligaments, les muscles desséchés. Elle abondait, dans l'année 1821, sur les préparations du Musée de l'École de médecine de Paris.

D'autres muscides déposent toujours leurs œufs dans des animaux vivants, et leurs larves doivent se nourrir des tissus animés. Les hyménoptères ne sont pas les seuls auxiliaires que la nature nous présente pour détruire les insectes hostiles à l'agriculture. Une foule de mouches, nommées pour cette raison cntomohies, ont

DIPTERES. 299

des larves don! l'instinct esl de dévorer les amas graisseux des insectes, pour n'attaquer qu'à la (in de leur existence les viscères essentiels de l'insecte don! le corps est à la fois leur berceau el leur magasin de vivres. Ces entomobies peuvent subsister dans beaucoup d'insectes d'ordres différents, et même dans des araignées ; mais elles attaquenl surtout les chenilles des lépidoptères. Los mouvements inquiets de là lête, les poils, les épines dé fende ni peu les chenilles. La mouche pond ses œufs sur la peau, sans faire de lions à la façon des femelles «les ichneumoniens. Les petites larves, écloses trèspromptement, se hâtent de déchirer la peau de la chenille avec leurs crochets; parvenues à toute leur croissance, elles sortenl de la chenille ou de la chrysalide, ei très-raremenl <le l'adulte, et deviennent pupes immobiles dans leur dernière peau durcie. Il tant remarquer que les larves doivent se métamorphoser au dehors, parce que la mouche adulte manque d'organe pour perforer la peau de ranimai où a vécu la larve. Kn Chine, les vers à soie son! attaqués par des insectes de cette section; ce qu'on non nue la maladie de (a mouche, .l'ai publié, pour la première fois, des observations analogues faites en France sur des vers à soie élevés à l'assy par M. Caillas. L'instinct avait trompé la femelle de l'entomobie, cherchant seulement de la chair vivante pour ses enfants, car les larves ne peuvent sortir de l'épais cocon, et les mouches y trouvent la tombe à côté du berceau. C'est en ouvrant des cocons destinés au grainage et qui ne donnaient pas de papillons qu'on a pu reconnaître ces faits.

Il ne faudrait pas croire que les mouches produisent seulement la mort de chétifs insectes (les cas mortels pour l'homme sont des accidents anomaux), lue des causes qui rendent si difficile l'exploration de l'intérieur de l'Afrique est l'existence d'une simple mouche (Glos-

sina morsitans) nommée la tsetsé. Cette mouche infeste d'une manière permanente le centre de l'Afrique aus- 1 traie, entre 18° et 25° lat. sud et de 22° à 28° long. Elle , remonte périodiquement vers le nord en certaines sai- j sons, car elle fut indiquée autrefois par Agatharchides, puis par Bruce en Abyssinie. Ne peut-on pas admettre, qu'à l'ordre du Seigneur, dépassant ses limites ordinaires, elle causa la quatrième plaie d'Egypte? « Une multitude de mouches très-dangereuses vint dans les maisons de Pharaon, de ses serviteurs, et par toute l'Egypte. » (Exode, chap. vin, v. 24.) La cinquième plaie, la peste sur les bêtes, devient alors la conséquence de la quatrième.

Les premiers renseignements positifs sur ce terrible ' insecte sont ceux de MM. Livingstone et Oswald, qui le rencontrèrent en 1849 dans leur voyage au Zambèse, sur ,1a rive méridionale du Chobé, un des affluents septentrionaux du lac Ngami. La tsetsé n'est pas plus grosse que la mouche domestique ; elle est brune avec quelques raies jaunes et transversales sur l'abdomen (fig. 500, 301). Ses ailes sont plus longues que son corps. Sa vue est très-perçante ; et, rapide comme la flèche, elle s'élance du haut d'un buisson où elle guette ses victimes, et immédiatement sur le point qu'elle veut attaquer. C'est une suceuse de sang. Si on la laisse agir sans la troubler, dit M. Livingstone1, on voit sa trompe se diviser en trois parties dont celle du milieu s'insère assez profondément dans votre peau. La piqûre prend une teinte cramoisie; l'abdomen de la mouche, flasque et aplati auparavant, se gonfle peu à peu, et, si l'insecte n'est pas tourmenté, il s'envole tranquillement aussitôt qu'il est gorgé de sang. Une légère démangeaison succède à cette piqûre, mais n'est pas aussi sérieuse que

1 Explorations dans l'intérieur de l'Afrique australe, par le docteur Livingstone. Hachette, 1859, p. 86, 92 et sùiv.

DIPTERES.

-ni

celle «MiistV par un moustique. Les enfants de M. Livîngstone étaient souvenl piqués par cette mouche. Il n\ a aucun danger pour l homme, pour ions [es animaux sauvages, cl parmi les animaux domestiques pour le porc, la chèvre, l'âne, le mulel et les veaux tanl qu'ils tettent leur mère. Par une étrange exception, cette pi- * qùre est mortelle au boul de quelques jours pour le

Pig. 500 et 301. — Mouche tsetsé de grandeur naturelle et grossie, avec détail des pièces buccales.

bœuf, le cheval, le mouton et le chien. C'est un empoisonnement du sang produit par le venin que sécrète une glande placée à la base de la trompe de la tsetsé. M. Livingstone perdit quarante-trois bœufs magnifiques qui, bien surveillés, n'avaient reçu chacun que très peu de piqûres. Au bout de peu de jours, le bœuf piqué rend par les yeux et le mufle un mucus abondant. La peau tressaille et frissonne comme sous l'impression du froid

Le dessous de la bouche enfle, les muscles deviennent flasques. 11 en est qui sont pris de vertige et deviennent aveugles. Un bruit sourd et prolongé sort de l'intérieur du corps quand l'animal mange. Au bout d'une à deux semaines, il meurt dans un état d'amaigrissement considérable. A l'autopsie, le tissu cellulaire paraît boursouflé, la graisse changée en un liquide jaune verdâtre; le sang est devenu albumineux et tache très-peu les doigts. C'est à peine s'il en est resté. La chair est molle, le foie et le poumon altérés, et le cœur, semblable à de la viande macérée dans l'eau, est tellement mou et vide que les doigts qui le saisissent se rencontrent en le pressant.

La mouche tsetsè paraît peu en plaine, mais fréquente les buissons et les roseaux qui bordent les fleuves et les marais. Son bourdonnement, bien connu des bestiaux, les frappe d'épouvante. Elle est localisée dans certains cantons de la manière la plus complète et ne franchit jamais leurs limites. Les deux rives du Zambèse en sont infestées, et beaucoup de peuplades qui les habitent ne peuvent avoir d'autre animal domestique que la chèvre. Quand des troupeaux doivent Iraverser les domaines de cette mouche si redoutable, on choisit les clairs de lune des nuits de la saison froide, où elle est trop engourdie pour piquer. Les docteurs indigènes ont aussi mis à profit le dégoût qu'inspirent aux tsetsés les excréments des animaux; on barbouille de fiente mêlée de lait les bœufs qui doivent traverser les cantons dangereux. Les rares observateurs de la tsetsè ne nous ont encore rien appris de certain sur ses métamorphoses. Ils s'accordent à dire que sa disparition suivra celle des animaux sauvages devant l'extension de l'empire de l'homme et l'emploi des armes à feu, car le sang de ces animaux est sa seule nourriture.

Il semble que les diptères sont les insectes créés le plus

DIPTÈR1 S.

spécialement pour vivre an\ dépens des grands animaux. Les œstres, au corps velu, à la bouche à peine formée chez l'adulte, ne paraissent pas prendre de nourriture â l'état parfait, ou ils ne vivent que peu de jours (fig. 502,503).

Œstre 'lu cheval, m Me et remette.

Les femelles s'approcheni des chevaux, se balancent jjuelque temps les ailes ouvertes, puis fondenl comme un Irait, L'abdomen replié. Vn œuf adhère au poil louché par le diptère. Le même manège est répété un grand

Fig. 304. — Œufs collés aux poil?

nombre de fois. Le noble quadrupède redoute singulièrement ces contacts renouvelés, qui lui causent des titillations excessives. Il se frotte contre les arbres, cherche à replier sa tète entre les jambes de devant quand l'insecte a louché ses lèvres, enfin quitte le champ de bataille dans un état de rage, et, si son galop rapide ne suffît pas pour le soustraire à L'ennemi, n'a d'autre ressource que de se plonger dans de l'eau. Les œufs sont déposés sur les poils dans toutes les parties que la lan-

gue du cheval peut atteindre (fig. 504). De ces œufs munis d'une opercule sortent des petites larves. En se léchant, le cheval les colle à sa langue, puis, avec la nourriture, elles passent dans l'estomac. Les larves s'accrochent aux parois par des couronnes de crochets qui les entourent et qui leur servent aussi à ramper (fig. 505).

Fig. 505. — Portion d'estomac avec larves d'oestres.

Quand leur développement au moyen de sucs digestifs est achevé, elles sortent avec des excréments et, dans leur peau durcie, deviennent pupes à la surface du sol. La céphàlëmye du mouton pond ses œufs dans les narines de l'animal ; les larves remontent avec leurs crochets dans les cavités olfactives. On trouve fort souvent ces larves clans les boucheries quand on fend les têtes de mouton pour en extraire la cervelle. C. Duméril rapporte avoir recueilli les insectes adultes en grande quantité sur les solives du plafond des bergeries. Au moment où cet insecte touche le nez du mouton, le pau-

viv animalsecoue la tète et frappe violemment la terre avec ses pattes <l<' devant. Il se sauve, le museau baissa contre le sol, il flaire l'herbe en courant de crainte qu'une autre mouche n \ soif cachée, et, s'il l'aperçoit, B'éloigne avec terreur. Il cherche les ornières pleines de poussière, el y place son museau pour en rendre l'accè ■npossible.

Les larves des genres voisins doivent vivre dans des tumeurs excitées par elles. Les femelles déposent l'œul Bur la peau percée ensuite par les larves. Ces larves sonl munies de crochets pour se mouvoir dans leur horrible

Hypoderme du bœuf, très-grossi.

i berceau. Elles en sortent et se laissent tomber sur le sol I à l'état de pupes encore molles. L'hypodernie du bœuf en I France fait développer des tumeurs sur I*1 dos du bétail. < Réaumur en étudiait les larves <\w les vaches de l'abbaye ; de Malnoue en Brie. Les diptères qui proviennent de ce

e-enre de larves sont très-velus, et Réaumur les compare à des bourdons. Leurs cuillerons sont très-développés, et leurs balanciers ont de gros boutons ovales (fîg. 506). D'autres espèces produisent des tumeurs sur le dos des cerfs, des daims et des chevreuils dans nos bois, et les oiseaux insectivores viennent parfois les becqueter et les débarrasser des larves. Le renne, dans les marécages glacés de la Laponie, souffre des attaques d'un diptère analogue, et une espèce spéciale vit aussi sur l'élan aux bois gigantesques. Dans les pays tropicaux, les cutérébrés ont les mêmes mœurs. Une espèce, à la Nouvelle-Grenade (Cuterebra noxialis) couvre de tumeurs les bœufs et les

Fig. 507, 308 et 309. — Gutérébré nuisible, adulte, larve, nymphe.

chiens (fig. 307, 508, 509). Ce diptère est aussi à redouter pour l'homme, et l'on voit souvent le ventre des naturels couvert de petites tumeurs où vit la larve pourvue de cercles de crochets. Quand ces larves se sont fixées sur les jambes, elles peuvent produire de graves ulcères, avec de vives douleurs, et mettre obstacle à la marche. On les force à sortir au moyen de cataplasmes de tabac. Les derniers diptères présentent les signes de la dégradation la plus manifeste. Ils ne peuvent plus vivre seuls, mais courent entre les poils ou les plumes de certains mammifères et oiseaux. Les balanciers ont disparu ; les ailes ne leur servent qu'à passer d'un animal à

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l'autre; la bouche es! munie de deux soies qu'ils enfoncent dans la peau pour aspirer l«' sang ou la graisse. Enfin l'abdomen, sorte de poche volumineuse, est garni

d'une peau très-extensible. Ce sont les meta rphoses

qui rendenl curieuse au plus haut poinl celte famille d'insectes dégénérés. Elles oui été très-bien décrites par Réaumursur la mouche-araignée du cheval, qu'on trouve en été entre les poils du ventre des chevaux h smis la queue. Tous ces insectes Irès-agiles, couranl même t\<côté, à longues pattes munies de loris ongles crochus pour se cramponner aux poils ou aux plumes % ressemblent à des araignées. On voit sortir do l'abdomen distendu des femelles non pas un œuf, mais une énorme niasse blanche, presque aussi grosse que la mère, on forme de lentille ronde et plate. C'est une larve qui a accompli son évolution à l'intérieur du corps de la mère. Bientôt elle brunit et Ton reconnaît que réellemenl le

Fig. 310.

Slénoptéryx. de l'hirondelle,

grossi.

Fig. 511.

Mëlophage du mouton,

grossi.

diptère a mis au monde une pupe, d'où l'insecte par- ! fait sort bientôt en soulevant la portion supérieure i comme un couvercle. Uhippobosque du cheval a les ailes lassez développées; elles deviennent longues et très- ( étroites dans le sténoptéryx de V hirondelle, qu'on renl contre entre les plumes des jeunes hirondelle- el dans (les nids de ces oiseaux (fi-. 510). Elles sonl presque

nulles dans une espèce qui vit sur le cerf, le leptotène du cerf, et enfin manquent tout à fait dans les mélophages, qui restent accrochés au milieu de la toison des moutons . (fig. 311). Leur présence nous explique ces vols d'étour- • neaux suivant les troupeaux, et se cramponnant sur le

dos des moutons au point de s'empêtrer parfois les ; pattes dans la laine ; ils ; cherchent ces diptères paasites. La tête se distingue • à peine du thorax chez tous ces insectes imparfaits ; elle • se confond tout à fait avec lui dans les mjctérïbies cachées entre les poils des chauves-souris et ressemblant tout à fait à des araignées qui n'auraient que !

six pattes (fig. 512). On ne sait trop si ces singuliers insectes ont des métamorphoses. Les diptères nous conduisent ainsi, de dégradation i en dégradation, aux insectes épizoïques, les poux des s mammifères et les ricins des oiseaux, chez lesquels les changements se réduisent à de simples mues.

Fig. 512. — Nyctéribie de la chauvesouris, grossie.

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