I.MII'II U.v
passer au cou un nœud coulanl el faire tomber à terre l'animal fasciné. Une autre espèce, la cigale de Vornet abonde surtoul dans le Midi occidental de la France, entre Bordeaux el Bayonne, el en Andalousie. Son chant est d'une intonation plus basse, moins accéléré el dure moins longtemps; il ne se termine pas par l'expiration qui caractérise celui de l'autre espèce.
\ côté di
cigales viennenl les fulgores, remarquable
par leur tête vésiculeuse, tantôl gonfla I massive, tantôt offrant un prolongement grêle et recourbé, La plus grande espère est le célèbre fulgore porte-lanterne de la
Guyane (fij
Mademoiselle Sibylle Mérian rapporte
qu'en ayanl renfermé plusieurs dans nue boite, W> s'échappèrenl la nuit, el remplissaienl la chambre de l'éclal phosphorescenl que jetait leur énorme tête. Un
de c^s. insectes lui servit à lire la Gazette de Lci/ile, donl les caractères étaient très-petits. Depuis on a révoqué en doute la phosphorescence de la tète des Ag fulgores. Peul - être cette propriété n'existe que dans un des -exes el à certaines époques. En Chine , une espèce plus petile, le fulgore porteckandeUe, est souvent représentée sur les papiers peints de ce pays. Une petite espèce toute verte, à front prolongé et strié de cinq lignes longitudinales, existe en Europe. G. Dumêril dit l'avoir recueillie deux lois sur les noyers. Cette fulgore d'Europe se rencontre dans les Landes, a été capturée à Agen par le docteur Lahoulbène. L'abdomen des fulgores offre une sécrétion de poussière blanche, cireuse. Dans des genres \<>isins,
Lystie pulvérulente
les phénax, les lystres, cette cire blanche sort de l'abdomen en longs filaments (fig. 355). Cette matière, mêlée à de l'huile, s'emploie dans certains pays comme la cire d'abeilles.
llexistedans l'Europe centrale, et septentrionale même, un certain nombre de pelits hémiptères sauteurs qu'où nomme cicadelles, mot diminutif de cigale. On trouve fréquemment dans les lieux ombragés des environs de Paris, la cercope sanglante (cigale à taches rouges de Geoffroy), ornée de trois taches rouges sur les ailes supérieures, et ayant l'abdomen et les pattes mêlés de rouge et de noir (fig. 556). Elle saute sur les buissons,
Fig. 55G. — Cercope sanglante, grossie.
mais assez lourdement, de sorte qu'on la saisit sans difficulté. Cette espèce a beaucoup de variétés à taches diversement modifiées dans les parties méridionales de l'Europe. Vaphrophore écumeuse [cigale écumeuse de Linnseus) est d'un gris cendré ou jaunâtre, avec deux bandes obliques blanches sur les élytres du mâle, plus ou moins marquées selon les sujets, qui firent appeler l'espèce cigale bedeaude par Geoffroy, d'après l'analogie avec la robe à deux couleurs des bedeaux. Les métamorphoses très-curieuses de cette espèce ont été étudiées par de Geer. Au mois de mai et de juin, les larves molles et sans défense de cet insecte ont recours à un singulier
mode de protection. Elleg ont la tète, le thorai el les pattes noires, l'abdomen mou, gonflé, d'un blanc grisâtre, avec I»1 lioui ou dernier anneau noir. On trouve sur les tiges des arbres de presque toute espèce, surtout ;'i l'aisselle des feuilles, des amas d'écume très-blanche,
Larves d'aphrophorc écumeuse.
que les paysans nomment écume printanière, crachat de coucou (fig. 357). Ce son! surtout les saules jeunes et ombragés et les petits peupliers qui offrent ces écumes; elles sont plus rares sur les chênes et ont moins de larves. A l'intérieur de chaque flocon se trouve une larve et souvent plusieurs, jusqu'à cinquante environ (fig. 558, 7)00) . La larve suce la sève de la plante, et bientôt rejette par l'anus une bulle d'air entourée d'une pellicule liquide, qu'elle fait glisser au-dessous de son corps. Les bulles sucessives entourent la larve d'une mousse qui prévient la dessiccation par le soleil de son corps délicat. La viscosité du liquide empêche l'air de s'échapper. Par mu-
ment l'écume dégoutte des arbres de manière à imiter une pluie. De Geer rapporte que des hyménoptères chasseurs savent arracher ces larves au milieu de l'écume
Fig. 558 et 559. — Aphophore écumeuse, mâle et femelle, avec ses larves, grossis.
qui les cache aux regards. Si on met la larve sur une plante desséchée, l'écume s'évapore peu à peu, et la larve n'en produisant plus s'amaigrit et meurt bientôt. Les nymphes ne quittent point l'écume où ont vécu les
HEMIPTERES. 3,73
larves pour subir leur dernière métamorphose. Elles onl l'art de faire évaporer et dessécher la couche d'écume qui les couvre immédiatement, de manière à Be trouvei à sec au centre d'une voûte moussue. Alors la peau de nymphe se fend sur le dos et l'adulte Borl de son enveloppe. C'est au mois de septembre qu'on trouve sur le> plantes 1rs insectes parfaits, faisant, malgré leur petite taille, des sauts de "1 mètres. <>n a peine à saisir lo> ma les et à les retrouver si on les laisse échapper. Les femelles au contraire sont peu sauteuses, à cause de leur ventre gonflé d'oeufs. Il est probable qu'elles les pondent dans de petites entailles laites avec leur tarière sur les branches, et qu'ils y passent l'hiver.
Dans les endroits humides des bois des environs de Paris et de la plus grande partie de l'Europe, de préférence sur les hautes tiges de fougères et sur les chardons, on voit sauter avec vigueur un petit insecte d'un brun noirâtre, ayant à la partie antérieure du corselet deux cornes aiguës et trigones, avec une partie postérieure très-rétrécie, ondulée et bossue dans le milieu, atteignant L'abdomen à l'extrémité de cette proéminence. Cette forme bizarre avait frappé Geoffroy, le vieil historien des insectes des environs de Paris, et il appelait le Petit diable ce bizarre Centrote cornu. Cet insecte appartient à un type très-étrange, les membraces, dont le corselet se prolonge en dessus de la façon la plus singulière et la plus variée, comme la figure permet de s'en convaincre (fig. oGO à 50,')). Presque tons ces singuliers hémiptères de petite taille sont américains, de la Guyane, du Brésil et de la Floride. On croirait volontiers à quelque caprice extravagant de l'artiste dans le dessin si lidèle de ces créatures anomales.
Des insectes dégradés, remarquables par leur extrême multiplication et par leurs dégâts, terminent la section des hémiptères homoptères. Il n'y a presque pas de
plante qui ne possède une ou plusieurs espèces de pucerons. Ces petits insectes très-lents, de couleurs diverses, verts, noirs, bronzés, bigarrés, enfoncent dans les végétaux un long bec au moyen duquel ils sucent la sève, et amènent des déformations dans les feuilles et les tiges. Depuis plusieurs aimées, le puceron du tilleul abîme ces arbres sur les promenades publiques de Paris. C'est le puceron du pêcher qui produit la cloque des feuilles, maladie que les paysans attribuent à du liâle, à des mauvais vents. Le puceron lanigère, recouvert d'un duvet cireux, à corps rempli d'un liquide rouge, fait souvent manquer la récolte des pommes dans les pays à cidre. On a encore fort peu étudié les pucerons qui produisent sur les feuilles des saules, des peupliers, des ormes, etc., des galles où ils sont logés en grand nombre. Ces insectes laissent suinter par de longs tubes qui terminent leur abdomen un liquide sucré que les fourmis, et aussi certaines noctuelles (lépidoptères), recherchent avec avidité. Il parait servir à nourrir les très-jeunes pucerons. Ce liquide sucré imbibe les feuilles et les tiges où vivaient les pucerons, et bientôt se développent des matières noires, cryptogames très-inférieurs, constituant la fumagine, qui recouvre les orangers, les oliviers, etc., et cause de grands dommages. Les vignes de la Provence et du Bordelais viennent d'être envahies par un puceron des racines, le Phylloxéra vastatrix, Planchon, et les ceps meurent. Il est aussi des Phylloxéra produisant des galles sur les feuilles, peut-être le même. Une controverse passionnée est soulevée aujourd'hui par ce terrible insecte, funeste présent de l'Amérique à ce qu'on croit. La reproduction des pucerons est entourée de singuliers phénomènes, qui sont encore l'objet des plus récentes études. Bonnet reconnut le premier, en 1740, sur le puceron du plantain, ce fait général pour les pucerons, que pendant toute la belle saison il n'existe que
Fi". 560 à 365. — Les membraces, grossies.
I. Hypsauchénie balisle. — ± Membrace feuilh'-e. — 5. Contrôle cornu — -i. Urabonie épineuse. — 5. Bocydie globulaire. — 6. Cyphonic fourchue.
des femelles sans ailes mettant au monde de petits pucerons vivants égalemenl femelles, et ainsi de suite pendant un grand nombre de générations. Bonnel obtint neuf générations de ce genre. Duveau en observa jusqu'à onze en une saison. \ l'approche de l'hiver apparaissent des nymphes à moignons d'ailes, puis des maies munis d'ailes transparentes, «vi de même des femelles ailées Très-différentes des précédentes femelles, celles-ci pondent des œufs qui passent l'hiver, et d'où naissent au printemps exclusivement des femelles vivipares La température a une très-grande influence surce double mode de reproduction, car Kyber, en 1812, publia des expé riences laites sur le puceron de l'œillet, «lent il obtint, en serre chaude, des générations exclusivement femelle- et sans ailes pendant quatre années successives.
La famille presque immobile dos cochenille* est aussi singulière que celé des pucerons. Les femelles, qui sont les plus nombreuses, sont privées d'ailes, de forme globuleuse et attachées par leur bec au végétal, dont elles aspirent la sève. Elles se fixent ainsi et pondent un grand nombre d'oeufs qu'elles l'ont passera mesure sous leur corps. Celui-ci se vide et devient, après la mort de la mère, un toit protecteur des œufs et des jeunes larves. Celles-ci d'abord agiles se fixent à leur tour, si elles sont femelles. Les mâles sont des insectes à deux ailes (les inférieures avortent), très-petits comparativement à leurs femelles, sans bec et toujours agiles; ils ont des antennes pareilles à celles des femelles, mais plus complètes ; leur abdomen se termine par deux longs filets, qui sont, au contraire, fort courts chez les femelles. Comme certains pucerons, les cochenilles sécrètent une matière cireuse qui revêt leur corps d'un duvet blanc plus ou moins épais. Il en est aussi qui produisent des liquides sucrés, et que les fourmis viennent visiter avec une affection peu désintéressée.
Beaucoup de végétaux sont recouverts par ces singulières excroissances, dues aux femelles enveloppant leurs œufs, et qui, confondues autrefois avec les galles, firent donner à leurs producteurs le nom de gai I insectes. On en rencontre sur l'orme, sur le chêne, le tilleul, l'aune, le houx, l'oranger, le laurier rose, etc. Certaines de ces espèces d'hémiptères sont remarquables par les belles matières colorantes rouges qu'elles renferment. Le nom de cochenille ou graine cVécarlate vient de ce qu'on prit d'abord pour une graine les femelles desséchées que les Espagnols importèrent du Mexique, où on les employait déjà à la teinture avant l'invasion européenne. La cochenille du cactus, saupoudrée seulement de points blancs, s'élève sur le cactus nopal, et exige certaines précautions (fig.
560, 567). On récolle les femelles avant la ponte, en laissant sur la Fi". 366 et 367. plante quelques -unes de celles-ci Cochenille du cactus pour la reproduction. L'insecte a été
nopal, mâle et femelle, . , -, .. . ..,, . , ,
"rossis. introduit aux Antilles, en Andalousie,
à Madère, en Algérie, où les essais ont été heureux, mais où cette éducation se répand peu, par ignorance des soins à y apporter. Cette co^ chenille, qui donne le meilleur carmin, ne passant pas à l'air comme les rouges des goudrons de houille, est de la grosseur d'un pois, et son mâle est à peine visible à l'œil. L'histoire de son importation aux îles Canaries est assez curieuse. Elle y prospéra, jusqu'en 4 852, sur le cactus à figues de Barbarie; mais comme elle épuisait ces plantes, dont les fruits douceâtres sont d'une grande ressource pour la classe pauvre, une véritable émeute se produisit, et fut suivie du massacre des cochenilles. Actuellement il n'en reste que dans quelques propriétés.
HEMIPTERES.
Une seconde espèce, la Cochenille iylvettre, couverte d'un duvet qui la rend peu délicate, el bie oins sensible aux pluies, se récolte au Mexique à l'étal sauvage et donne une couleur moins vive. Autrefois on employait, pour obtenir des rouges violacés, la cochenille du chêne vert, «lit Midi de l'Europe, et la cochenille de Pologne, insectes assez délaissés maintenant. Aux Indes orientales, la cochenille laque, qui vil sur les Gguiers, s'entoure ainsi que ses larves d'une abondante sécrétion de gommelaque. C'est une cochenille qui, eu piquant les taraarix, produit la manne alimentaire, dont la rencontre causait la joie des Hébreux êmigranl vers la terre promise.
La seconde catégorie d'hémiptères renferme ceux qu'on nomme les hétéroptères, parce que les ailes BU| érieures, coriaces à la base, sont membraneuses à l'extrémité. Le vulgaire comprend tous ces insectes sons le nom de punaises. Nous les diviserons très-simplemenl d'après leur mode d'habitation. Les unes vivent dans l'eau, les autres à l'air libre.
Toutes les punaises d'eau sonl des insectes très-carnassiers, et qu'il ne faut saisir qu'avec, précaution, car il > font pénétrer dans les doigts leur rostre acéré. Ils sucent avec avidité des insectes et les mollusques des eaux, auxque's ils livrent une chasse active. Nous nous bornerons à indiquer les deux principaux types. Les nèpes ont l'abdomen terminé par une longue tarière formée de deux pièces servant à introduire l'air dans les trachées, et probablement aussi à la ponte des œufs (fig. 508). Ceux-ci, présentant plusieurs pointes, sont ■enfoncés dans les tiges submergées des plantes aquati-
Fig. 3GS.
Nêpe cendrée.
ques. Les nèpes nagent mal et se traînent lentement dans la vase. Elles volent très-rarement. Leurs pattes antérieures sont recourbées en pinces, à l'instar de celles des mantes et des mantispes, pour saisir la proie et l'apporter contre la bouche. Les notonectes, à face ventrale aplalie tandis que l'autre est convexe, nagent renversées sur le dos, au moyen de leurs longues pattes postérieures contournées, qui leur ont valu le nom de punaises à avirons. Un fin duvet retient autour de leur corps, comme un fourreau d'argent , l'air nécessaire à leur respiration. Elles se rencontrent dans les mares et s'y meuvent avec vélocité. Le soir elles en sortent en marchant et surtout en volant. Les femelles pondent
un grand nombre d'œufs qu'elles attachent aux plantes aquatiques, et les larves éclosent au printemps. On trouve en abondance près de Paris une assez grande espèce, la notonecte glauque, à corps noir, à élytres d'un jaune brunâtre (fig. 569).
On ne se douterait guère du Fig. 569. singulier usage de certaines
Notonecte glauque ° . °
punaises d eau de petite taille au Mexique (CorLra femorata, G. Mém). Dans les lacs voisins de Mexico, et principalement dans le lac Tescuco, ces hémiptères aquatiques sont en nombre immense. On recueille leurs œufs pondus contre les joncs, on les réduit en farine dont on fait des galettes d'un pain appelé haulté, et qui a un goût prononcé de poisson. Les indigènes du Mexique faisaient usage de ce pain d'œufs de punaises avant la conquête. Ces punaises séchées, de la grosseur d'un fort grain de millet, se vendent dans les rues de Mexico, sous le nom
HEMIPTERES.
de mosquitos, pour nourrir les petits oiseaux eu ca
Les punaises (jui vivent à L'air libre renfermenl des genres qui courenl à la surface de l'eau sans j pénétrer. Leur corps esl comme huilé, afin de ne pas être mouillé, cl une matière grasse, qui existeà l'extrémité des pattes, empêche l'eau d'yadhéreret la courbe au-dessous. Il en résulte, par les luis de la capillarité, une force plus que suffisante pour porter l'insecte, de même qu'on fait surnager nue aiguille d'acier enduite de graisse. Si on lave
l ig. 370. — Hydromètre 'les étanj
avec un pinceau imbibé d'éther les bouts des pattes de ces insectes, ils enfoncent dans l'eau et n'y marchent plus qu'avec peine. Les gerris courent très-vite, sous leurs trois états, à la surface des eaux calmes, et sautent, rapidement par bonds à peu près égaux. Les hydromètres, dont le corps est beaucoup plus grêle et la tête plus allongée, sont très-souvent terrestres, et ont des mouvements plus lents à la surface de l'eau (fig. 570 . On rencontre au pied des arbres, au bas des murs exposés au Midi, des hémiptères assez allongés, bariolés de noir et de rouge vermillon. C'est la Pyrrhocoris aptère (punaise rouge des jardins de Geoffroy, punaise sociable de Stoll). Les paysans et les enfants dos environs de Paris l'appelaient autrefois le suisse, d'après l'uniforme rouge des troupes suisses an servie»1 de la France. La très-majeure partie de ces insectes ne prend pas d'ailes; on en trouve fort rarement qui présentent des ély-
très à membrane noire, et, au-dessous, des ailes de même couleur. Ces individus ailés sont plus communs dans les départements méridionaux. Ces punaises, dépourvues de mauvaise odeur, sucent des végétaux, des fruits tombés, des insectes morts. Elles s'engourdissent en hiver sous les pierres et les écorces. Les femelles déposent sous les feuilles humides des œufs d'un blanc de perle, lisses et brillants, devenant ensuite bleuâlres. Les petites larves sont blanches en sortant de l'œuf; elles se colorent bientôt à l'air, et leur abdomen, de forme lenticulaire,
Fig. 371.
Pentatome grise.
Fig 372.
Phyllomorphe de Madagascar, grossie.
est d'abord entièrement d'un beau rouge vermillon. Peu à peu, avec les mues, il s'allonge et se raye de bandes transversales noires.
Les végétaux nourrissent de nombreuses espèces d'hémiptères larges et aplatis, répandant une odeur infecte, qui persiste longtemps sur les doigts qui les saisissent. D'après M. J. Kùnckel, deux glandes odorifiques occupent, chez les larves et les nymphes, la région dorsale de l'abdomen. Chez l'adulte les ailes mettraient obstacle à leur fonction ; une autre glande se développe sur la partie inférieure du thorax, produisant la même matière odorante, moyen de défense de ces insectes
appelés punaise* de bois. Nous signalerons parmi elles la pentatome grise, à corps et à élylres d'un jaune grisâtre ponctué de noir (fig. 571). Très-commune dans toute l'Europe, elle vit en famille sur les houes des arbres, principalement des bouleaux H des ormes < j n i bordent les routes. De Geer rapporte « 1 1 1 1* la femelle, au mois de juillet, conduil ses petites larves, au nombre de vingt à quarante, comme une poule ses poussins; elles la suivent quand elle se déplace. Si on l'inquiète, elle bal «les ailes comme pour les défendre, sans fuir ni s'envoler. Elle a surtout à les protéger contre l<i mâle, qui, nouveau Saturne, cherche avec empressement à les dévorer. Certaines de ces punaises de bois sont remarquables par di'> appendices bizarres. Telle est, par exemple, la phyllomorphe de Madagascar, qui ressemble à une feuille à demi déchirée (fig. 572).
Une odeur plus infecte encore relie ces espèces sylve.siiys avec un insecte domestique, Ûéau des maisons malpropres, la punaise des lits. Cet insecte n'était pas inconnu des anciens, mais parait avoir élé rare autrefois. Aristote le désigne, avec les poux et les puces, parmi les insectes qui ne sont pas carnivores, mais qui vivent des humeurs de la chair vivante. Pline, Dioscoride, Martial en font mention. C'est à partir du seizième siècle que la punaise devint commune dans une partie de l'Europe. Moufet raconte qu'elle lit son apparition en Angleterre en 1505, et que deux dames nobles, épouvantées des pustules produites par ses piqûres, firent venir en toute hâte leur médecin, se croyant atteintes de quelque contagion. La punaise des lits est inconnue dans le nord de la Suède et de la Russie, et parait manquer aussi dans l'extrême midi de l'Europe. .M. E. Blanchard dit n'en avoir rencontré que deux en Sicile, et pas une en Calabre, pays où l'espèce humaine ne brille pas cependant par la propreté. C'est le centre de l'Europe
qui en est infesté, et Lyon est connu en France comme leur quartier général. Un célèbre naturaliste, voyageur espagnol, Azzara, remarquant que les punaises sont inconnues chez les sauvages et n'attaquent que les hommes civilisés rassemblés dans des maisons, arrive à cette conclusion singulière, qu'elles ont été créées longtemps après l'homme, et seulement quand il fut parvenu à l'état urbain. 11 paraît probable que la punaise des lits provient des Indes orientales et qu'elle y acquiert un développement complet des ailes et des élytres. En Europe, au contraire, c'est une extrême rareté de voir la punaise des lits avec des ailes; elle reste à la mue des nymphes et n'a que des vestiges d'ailes (fig. 575). L'aplatissement de la punaise, passé en proverbe, lui permet de se loger sous les tentures des murailles et dans les interstices des lits. Cet abominable insecte nocturne a l'in-
Punaise dlîsUte," grossie. stillct de Se laisser tomber Ver"
ticalement du plafond sur le lit qu'on a eu la précaution d'écarter du mur. Les œufs des punaises sont pondus isolés dans les encoignures. Leur coque est couverte de sortes de poils destinés à faciliter leur adhérence contre les corps et les tissus où ils sont déposés. C. Duméril dit en avoir trouvé sous les ongles des gros orteils de cadavres provenant des hôpitaux. L'œuf (c'est le cas habituel des hémiptères) a un couvercle que la petite punaise pousse pour sortir. On comprend qu'un insecte qui n'a qu'un suçoir effilé ne pourrait percer une coque. Ces larves sont d'abord pâles et blanchâtres, puis leur tube digestif devient rouge par le sang qu'elles absorbent, ensuite tout leur corps. La punaise des lits (ou peut-être des
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espèces voisines) a été rencontrée dans les nids des per drix, des pigeons, des hirondelles el dans les poulaii lors.
Dans les maisons vole souvent le soir un hémiptère nocturne, sans odeur, qu'on nedoil saisir qu'avec précaution, car il pique avec smi rostre imprégné d'un venin, et produit plus de douleur qu'une abeille. Cet insecte noir et velu (figuré dans l'Introduction, p. lJ.'m <>>t la punaise-mouche de Geoffroy, ou leréduve masqué, à cause des curieuses habitudes de la larve et de la nymphe. Elles son! peu agiles, et s'enveloppenl de poussière, de flocons de laine, de toiles d'araignées, au point de doubler leur volume. Elles s'avancenl ainsi par petits soubresauts, et trompentsous ce déguisement les insectes qui deviennent leur proie. Adulte et volant bien, le réduve abandonne ce travestissement. Sous leurs tiois états, les réduves font dans les maisons une guerre active aux punaises des lits, aux mouches et aux araignées.