‹ Les métaphores et les comparaisons dans l'œuvre de Victor HugoChapitre 109 sur 112 · Les penseurs · texte numérisé non relu

Les penseurs

360 LA COULEUR, LA LUMIÈRE ET l'oMBRE

Vos esprits, ô noirs Zoroastres, Sont les chevaux de l'infini.

U Année terrible^ 110 (Avrils i).

Oh ! vous êtes les seuls pontifes, Penseurs, lutteurs des grands espoirs, Dompteurs des fauves hippogriffes, Cavaliers des pégases noirs î

Les Contemplations^ II, 523 (VI, xxiii, 11).

L'Inconnu, ce quelqu'un qu'on distingue dansTombre, Prend les poètes, joue avec leur âme sombre, Emplit leurs yeux profonds de la lueur des soirs, Et donne à deviner à ces œdipes noirs Le bien, le mal, Tenfer, Dieu, Taniour, les désastres.

Dernière gerbe ^ 163 (III, vni).

Et ce mage était grand plus qu'Isaïe, et plus Q.ue tous ces noirs vieillards épars dans les reflux De la vertigineuse et sombre prophétie.

La Fin de Satan ^ 106 (La Judée y m).

Le poète serein contient l'obscur prophète ;

Orphée est noir.

Les Quatre vents de l'esprit, II, 218 (Liv. lyr,, LV).

L'homme est sombre aussi quand il doit accomplir une œuvre de justice. Il y a une sérénité noire, une équité noire. Chez Cimourdain, ce caractère sombre vient de ce que la prêtrise a fait en lui la nuit. Chez d*autres punisseurs, comme Dante, Isaïe, Juvénal, la noirceur ne vient que de la sévérité terrible de leur fonction :

Cimourdain était une conscience pure, mais sombre. Il avait en lui l'absolu. 11 avait été prêtre, ce qui est grave.

L'homme peut, comme le ciel, avoir une sérénité noire ; il suffit que quelque chose fasse en lui la nuit. La prêtrise avait fait la nuit dans Cimourdain.

Quatrevingl'iret\e, 149 (II, 1, 2).

Les punisseurs sont noirs. Leur pâle et grave amie, La Mort, leur met la main sur Tépaule, et leur dit : — Esprit, ne laisse pas échapper ton bandit.

Les Quatre vents de l'esprit, 1, 70 (Liv, sat., III).

Il faut Que Juvénal arrive et dresse Téchafaud Et qu'Eschyle, dieu noir, justicier olympique. Frappe le traître avec le plat du glaive épique.

Toute la lyre^ II, 323 (La Corde d'airain^ xiii).

Ils * sont les juges d'ombre, ils ont 1 équité noire ; Mais, gouff'resî laissez-moi, quel que soit le chemin, M'évader d'un coup d'aile étrange et surhumain, Et m'enfuir, et chercher la justice étoiléeî

La Pitié suprême y 103 (I).

Jùvénal, noir, rongé par la muse, est un lieu

Autant qu'un homme, un mont de haine, et s'accoutume

A la colère ainsi que Vésuve au bitume.

Les Quatre vents de Vesprit, II, 226 (Liv, lyr,, LVI, m).

C'est ainsi qu'entassant deuils, forfaits, désespoirs. Les tyrans font téter à nos vers, dogues noirs,

La mamelle des Euménides.

Toute la lyre, III, 141 (La Corde S air a in, m).

Cette énumération d'exemples est bien longue ; elle est pourtant trop courte encore pour faire bien

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