‹ Les métaphores et les comparaisons dans l'œuvre de Victor HugoChapitre 19 sur 112 · LES INFLUENCES DÉTERMINANTES · texte numérisé non relu

LES INFLUENCES DÉTERMINANTES

Jette son flamboiement d'astre et de coloriste, Rit, ouvre la lumière énorme à deux battants. Et met l'olympe en feu, vous n'êtes pas contents; Cela n'est pas correct et cela n'est pas sobre ; Vous regardez juillet avec des yeux d'octobre ; Toute cette dorure, auréoles partout, Clartés, braises, rayons, rubis, blesse le goût, Et cette foudroyante et splendide largesse Est la divinité, mais n'est pas la sagesse.

VAne, 324-325 (I, vu).

Quand nous disons : c'est de la poésie, vous dites : ce n'est que de la couleur. Pauvres gens ! le soleil aussi n'est qu'un coloriste.

Post'Scriptum de ma vie^ 54 [Tas de pierres^ m).

La critique amie de la sobriété use d'une métaphore littéraire pour reprocher à Dieu les outrances de son œuvre :

Tout, c'est trop. Son soleil va jusqu'au gongorisme ; Lumière outrée. Oui, Dieu vraiment est inégal.

U Art d'être grand'Père^ 79 (IV, v).

Cette activité, qui imite celle de l'homme, en imite aussi les produits. Le ciel est un manteau d'azur, ailleurs un drapeau. Les astres tremblent et pâlissent sur la jupe de Taurore. Le ciel est vêtu de bleu de Prusse, ou bien, après une averse, fraîchement rebadigeonné :

Jersey, sur Tonde docile, Se drape d'un beau ciel pur,

Et prend des airs de Sicile Dans un grand haillon d'azur.

Les Contemplations^ I, 65 (1, xiv).

Oui, ce cirque et ses tours, édifice sacré Où le drapeau d'azur du gouffre est arboré, Ce théâtre où le vent combat la trombe enfuie. Voilà ce qu*a construit un atome de pluie.

Dieu^ 69 (I, II)

Et Ton n'est plus celui qui va de grand matin, Pâle, faire sa cour à l'aurore, et s'occupe A regarder trembler les astres sur sa jupe.

Dernière gerbe y 133 (II, xxv).

Le ciel N'endosse pas son bleu de Prusse officiel.

Il s'humanise, il a de très jolis nuages 1

Théâtre en liberté^ 27. (La Grand* mêrc^ ni).

Beau temps I Le ciel est rebadigeonné.

/i., 283 (La Forêt mouillée^ iv).

Avril et mai ont pour office de repeindre les arbres et les buissons, de farder la rose ; le soleil peint la mûre ; la nature décore Taile du scarabée :

Un moineau-franc, que rien ne gêne, A son grenier tout grand ouvert.

Au cinquième étage d'un chêne Qu'avril vient de repeindre en vert.

Les Chansons des rues et des bois, 323-324 (II, 11, 3).

Grand scandale dans le hallier Que tous les ans mai badigeonne.

Toute la lyre, II, 185 (VII, v).

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