LES INFLUENCES DETERMINANTES IO
L'opposition de Tombre ou de la nuit, et de la neige, se marque dans cette antithèse : Tombre est le drap mortuaire, le neige est le linceul :
De quelque chef de baude implacable et trompeur Chacun d'eux * est Tabri redouté ; leur vapeur Semble empoisonner Tair d'un miasme insalubre ; Ils sont la vision colossale et lugubre ; La neige et Tombre font, dans leurs creux entonnoirs, Des pans de linceuls blancs et des plis de draps noirs.
La Légende des siècles, l, 348 (XXI, 11, i).
Subitement, soit que la neige eût fini par les niveler, soit pour toute autre cause, les empreintes s'effacèrent. Tout redevint plane, uni, ras, sans une tache, sans un détail. Il n'y eut plus qu'un drap blanc sur la terre et un drap noir sur le ciel.
V Homme qui rit, I, 323 (I, m, 2).
L'impression dominante est plus forte que le sens des mots, plus forte que la synonymie. Le linceul fait antithèse au suaire : le linceul blanc s'oppose au suaire noir, ou le linceul noir au suaire blanc. L'inadvertance peut sembler bizarre, et pourtant elle n'est pas inexplicable. Le blanc et le noir sont le contraire lun de Tautre, mais ils peuvent être tous les deux un symbole de la mort, un «: reflet du tombeau ». Aussi éveillent-ils tous les deux l'idée d'un même objet, de Tobjet essentiellement funèbre; ils prennent indifféremment l'un ou Tautre des noms de cet objet. Quand Victor Hugo parle d'un suaire noir et d'un linceul blanc, ou inversement, il faut