I. Les pics des Pyrénées
simplement comprendre qu'il veut désigner une étendue noire et une étendue blanche dont l'image, pour une raison quelconque, se lie à une impression lugubre :
Une vallée d'un aspect sévère et triste se présente. Au milieu s'élève un clocher autour duquel se groupent quelques cabanes. Voilà Servoz. De toutes parts encaissée par de hautes montagnes, cette vallée semble comme ensevelie dans un blanc suaire de neige, sous un noir linceul de sapins. Ce qui ajoute à l'impression singulièrement mélancolique qu'elle produit sur l'esprit, c'est de la voir dominée, ou plutôt menacée, par les débris gigantesques d'une montagne qui s'écroula, je crois, en 1741.
Fragment d'un Voyage aux AlpcSy dans Victor Hugo raconté^ II, 198.
Presque toutes les façades sont ratissées et blanchies
au lait de chaux... Mais le lac est beau ; mais, là-bas, la
barrière des Alpes est admirable. Elle corrige ce que le
lac, bordé de maisons blanches et de cultures vertes, a
peut-être d'un peu trop riant pour moi. Les montagnes me
font toujours Tefifet de tombes immenses ; les basses ont
un noir suaire de mélèzes, les hautes ont un blanc linceul de
neige.
Le Rhin, II, 343 (XXXV).
Je suis resté longtemps assis là, sur une pierre, me reposant et songeant, regardant en silence passer cette heure sombre où le crêpe des fumées et des vapeurs efface lentement le paysage, et où le contour des objets prend une forme fantasque et lugubre. Quelques étoiles rattachaient et semblaient clouer au zénith le suaire noir de la nuit étendu sur une moitié du ciel et le blanc linceul du crépuscule déployé sinistrement sur l'autre.