XVI
LES INFLUENCES DETERMINANTES lOÇ
L'occident était blanc, Torient était noir, Comme si quelque bras sorti des ossuaires Dressait un catafalque aux colonnes du soir.
Et sur le firmament déployait deux suaires.
U Année terrible, 69 (Novembre y i).
Le lieu était morose. Aux idées funèbres qui vouis y saisissaient, on se sentait entre la Salpétrière dont on entrevoyait le dôme et Bicétre dont on touchait la barrière ; c'est-à-dire entre la folie de la femme et la folie de Thomme. Si loin que la vue pût s'étendre, on n'apercevait que les abattoirs, le mur d'enceinte et quelques rares façades d'usineS; pareilles à des casernes ou à des monastères ; partout des baraques et des plâtras, de vieux murs noirs comme des linceuls, des murs neufs blancs comme des
suaires.
Les Misérables^ II, 331 (II, iv, i).
Mais voyez donc là-haut ce drapeau d'ossuaire, Noir comme le linceul, blanc comme le suaire !... C'est le drapeau de Prusse et le drapeau du deuil !
U Année terrible ^ 228 (Avrils iv).
Ainsi de multiples influences peuvent contribuer à déterminer dans l'esprit de Victor Hugo les métaphores relatives à la couleur, à la lumière et à Tombre. En même temps que la couleur des objets, le poète en remarque la forme, et songe aux objets qui ont à la fois la même forme et la même couleur. Il voit où les objets sont placés, quels sont ceux qui les environnent, et son habitude de faire des métaphores suivies l'oblige souvent à tenir compte de ces éléments accessoires. Son état d'esprit, ses souvenirs, ridée inhérente à telle ou telle chose, lui font
)armi les diverses comparaisons possibles
s'accorde le mieux avec l'impression du
Toujours obsédé par l'idée du mystère ,
1 invisibles entre tous les êtres, il cherche
[es symboles, la manifestation de rapports
sUigence humaine peut tout au plus soup-
Ajoutons à cela cette vie consciente qu'il
lontiers à tout, aux rochers comme aux
aux maisons comme aux rochers , son
de comparer l'activité des forces de la
l'activité de l'homme, d'admirer la richesse
ble de l'univers, la prodigalité qui remplit
ants l'espace infini sans oublier d'en sus-
n à l'extrémité du brin d'herbe, sa promp-
remarquer les contrastes pour y voir
comme dans les ressemblances, une si-
>n cachée, et nous comprendrons combien
; modifiée la donnée primitive. En passant
î les spectacles qui s'offraient aux yeux du
n les observant à travers son imagination,
isterons à des transformations souvent mer-