I. Le poète
LE CIEL ET LES ASTRES lia)
La lune est r« astre des morts » », et Victor Hugo la montre se levant sur des tombeaux. Cette planète dont toute vie est absente, dont la clarté faible ne paraît guère que la nuit, éveille facilement une idée funèbre. Le poète y voit une face de cadavre ; le clair de lune donne à tout ce qu'il touche une apparence lugubre :
La mer était désespérée ; la lune était sinistre. Il y avait
quelque chose d'étrange à voir cette immense chimère
mystérieuse aux mille écailles monter avec douleur vers
cette froide face de cadavre qui l'attire du regard à travers
quatrevingt-dix mille lieues, comme le serpent attire
Toiseau.
France et Belgique^ 27 (1835).
On ne sait quelle vie émeut lugubrement L'homme, Tesquif, le mât, Tonde, Técueil, le havre ; Et la lune répand sa lueur de cadavre.
Dieu^ 99 (II, u).
(Les châteaux des bords du Rhin). Aujourd'hui, mélancoliques, la nuit, quand la lune revêt leur spectre d'un linceul blanc, plus mélancoliques en plein jour... ils laissent tomber le passé pierre à pierre dans le Rhin, et
date à date dans Toubli.
Le Rhin, W, 96 (XXV).
La lune parut, fit un spectre du menhir,
De l'étang un linceul, du sentier un mensonge,
Et du noir paysage inexprimable un songe.
VArt d'être grand-père, ao6 (XIII, m).
C'était, comme à présent, une nuit de septembre.