I. Les Orientales^ 199 (XXXVIII
Un froid rayon de lune, entrant au bouge obscur, Découpait un linceul sur la blancheur du mur.
Les Burgraves^ 348 (III, 11).
Guanhumara raconte l'assassinat de Donato. On voit que, dans la plupart des cas, c'est une impression triste qui détermine le choix de la métaphore. On peut encore rappeler à ce sujet rhallucination de Claude FroUo :
Les longues fenêtres du chœur montraient au-dessus de la draperie noire Textrémité supérieure de leurs ogives, dont les vitraux, traversés d'un rayon de lune, n'avaient plus que les couleurs douteuses de la nuit, une espèce de violet, de blanc et de bleu dont on ne retrouve la teinte que sur la face des morts.
Notre-Dame de Paris y II, aoi (IX, i).
La métaphore qui se présente le plus naturellement au sujet des astres, c est celle qui les assimile au feu sous ses diverses formes. Victor Hugo se plaît à y voir des étincelles. Le contraste entre l'apparence et la réalité, la comparaison entre lextrêmement grand et l'extrêmement petit, entre un monde lumineux et une parcelle enflammée, satisfont son goût pour l'antithèse. Aussi faut-il joindre aux comparaisons proprement dites les antithèses qui en sont l'équivalent :
Le crépuscule, ouvrant la nuit qui les recèle, Fait jaillir chaque étoile en ardente étincelle.
Les Feuilles d'automne, 401 (XXXVII).
Il le voit, ce soleil unique, Fécondant, travaillant, créant, Par le rayon qu'il communique Egalant Tatome au géant,
Semant de feux, de souiQes^ d'ondes, Les tourbillons d'obscurité, Emplissant d'étincelles mondes Uépouvantable immensité.
Les Contemplations^ I, 337 338 (III, xxx).
Est-ce une semence ? est-ce une cendre ? des millions de flambeaux, nul éclairage ; une vaste ignition, qui ne dit pas son secret, une diffusion de feu en poussière qui semble une volée d'étincelles arrêtée.
Les Travailleurs de la mer, II, 106 (II, n, 5).
Le soir, l'horreur m'emplit', un sombre sacrifice Semble en mes profondeurs muettes s'apprêter, . De derrière mon faîte on voit la nuit monter Ainsi qu'une fumée avec mille étincelles.
La Légende des siècles^ I, 342 (XII, i).
O Dieu! le vent rugit comme un soufflet de forge, La côte fait le bruit d'une enclume, on croit voir Les constellations fuir dans l'ouragan noir Comme les tourbillons d'étincelles de Tâtre.
/*., IV, 15a (LU, m).
Mais qu'importe à l'abîme, à l'âme universelle Qui dépense un soleil au lieu d'une étincelle... !
/*.,!, 41 (II, I, ij.
L'étincelle des cieux, l'étincelle des chaumes, Etoile ou paille, sont pour moi* de la lueur.