‹ Les métaphores et les comparaisons dans l'œuvre de Victor HugoChapitre 45 sur 112 · La fée · texte numérisé non relu

La fée

LE CIEL ET LES ASTRES l6l

Et me montre, au ciel qui scintille, L'étoile qui s'éteint et brille, Comme un œil prêt à s'assoupir.

/*., 436-437 (Ballade I).

Les étoiles, ces yeux du vague crépuscule.

Toute la lyre^ I, 96 (II, vni).

Mais, le plus souvent, c'est bien la vie et la pensée qui brillent dans les étoiles. Elles regardent l'homme*, attentives à ses actions bonnes ou mauvaises, elles sont les yeux de la nuit, les yeux des puissances qui gouvernent le monde, et c'est en elles que Dieu se condense :

Or, dans ce ciel où va la nuit se propageant, Comme un œil lumineux, vivant, intelligent, Vois-tu briller là-bas cette profonde étoile ?

Les Feuilles d'automne^ 304 (XII).

Souvent, en confrontant Thistoire avec la nature, au milieu de ces comparaisons éternelles que mon esprit ne peut s'empêcher de faire entre les événements où Dieu se cache et la création où il se montre, j'ai tressailli tout à coup avec une secrète angoisse, et je me suis figuré que les forêts, les lacs, les montagnes, le profond tonnerre des nuées, la fleur qui hoche sa petite tête quand nous passons, Tétoile qui cligne de Tœil dans les fumées de l'horizon, Tocéan qui parle et qui gronde, et qui semble toujours avertir quelqu'un, étaient des choses clairvoyantes et terribles, pleines de lumière et pleines de science, qui regardaient en pitié se mouvoir à tâtons au milieu d'elles, dans la nuit qui lui est propre, l'homme, cet orgueil

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