‹ Les métaphores et les comparaisons dans l'œuvre de Victor HugoChapitre 53 sur 112 · I. Le front du Jupiter Olympien · texte numérisé non relu

I. Le front du Jupiter Olympien

l8o LA COULEUR, LA LUMIERE ET l'oMBRE

sèment dans la fleur la goutte de rosée dont a besoin

l'abeille ?

William Shakespeare^ 338 (II, vi, 7),

Au point du jour, sa tour, dont Taube teint le faîte, Noire en bas et vermeille en haut, semble un tison Qu'un bras mystérieux lève sur Thorizon.

La Légende des siècles^ II, 343 (XXI, i).

Homme, debout! voici le jour, Taube ravie, Uazur ; et qu'est-ce donc qui rentre ? c'est la vie. C'est le cri du travail, c'est le chant des oiseaux, C'est le rayonnement des champs, des airs, des eaux... On ne reconnaît plus son âme ; elle était noire. Elle est blanche ; elle espère et se remet à croire, A sourire, à vouloir ; on a devant les yeux Un éblouissement doré, chantant, joyeux.

On ne sait quel fouillis charmant de lueurs roses; Et tout l'homme est changé parce qu'on voit les choses, Les hommes, Dieu, les cœurs, les amours, le destin, A travers le vitrail splendide du matin.

Toute la lyre^ I, 168-169 (III, 1).

Parmi ces couleurs éclatantes, c'est le rouge qui domine. C'est la couleur des rayons du soleil à travers les brumes du matin ; on dirait une pourpre qui s'étend au-dessus des collines :

A voir tant de haillons même dans la pourpre toute neuve du matin au sommet des collines.

Les Misérables^ IV, 475 (IV, xu, 2).

La pourpre est une couleur de joie, de gloire et de fête. Victor Hugo donne parfois cette signification

l'aube et l'aurore, le coucher du soleil i8i

à la pourpre de Taurore, qu'il en parle au propre ou au figuré :

Les poètes sereins, ces frères de l'aurore,

Faits de la même pourpre et dorés du même or.

Dieu, 77 (I, ii)

Depuis que Thistoire écrit et que la philosophie médite, la misère est le vêtement du genre humain ; le moment serait enfin venu d arracher cette guenille, et de remplacer, sur les membres nus de THomme-Peuple, la loque sinistre du passé par la grande robe pourpre de Taurore.

Les Misérables, V, 510 (Notes).

La teinte rouge de Taurore rappelle au poète la crête du coq :

A l'heure où sur le mont lointain Flamboie et frissonne l'aurore, Crête rouge du coq matin.

Les Contemplations, I, 330 (III, xxx, 3).

Cette rougeur peut être celle de la honte, en présence des actions humaines :

Tous les matins, à l'heure où l'oiseau se réveille. Quand l'aube, se dressant au bord du ciel profond. Rougit en regardant ce que les hommes font, Et que des pleurs de honte emplissent sa paupière. Gais, ils* grimpent là-haut, et, cognant chezsaint Pierre, Jettent à ce portier leur journal impudent.

Les Châtiments y 48 (I, in).

C'est aussi la couleur du sang versé. L aube et le sang se trouvent en antithèse dans une des pages

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