‹ Les métaphores et les comparaisons dans l'œuvre de Victor HugoChapitre 8 sur 112 · II, 29 (VII, II · texte numérisé non relu

II, 29 (VII, II

Ailleurs il cherche simplement la couleur la plus rapprochée de celle qu'il veut représenter, sans autre intention que de faire une comparaison juste :

De toutes parts débordent les houblonnières, les vergers, les arbres qui ont plus de fruits que de feuilles, les pruniers violets, les pommiers rouges, et à chaque instant apparaissent par touffes énormes les grappes écarlates du

sorbier des oiseaux, ce corail végétal.

Le Rhin, I, 90 (VI).

D'autres métaphores sont mieux celles d'un poète, mais on n^y peut toujours constater rien de plus qu'un rapprochement entre des objets de couleurs analogues : le miel, Tor, Torange ; — le sang, rérable, la grenade, la mûre, Tescarboucle :

LES INFLUENCES DETERMINANTES 2)

Vous si bon, vous aviez la pompe de l'armure ; Votre miel semblait or comme l'orange mûre.

La Légende des siècles^ I, 301 (X, iV).

Voilà Tinforturié gisant, nu, misérable, Tout tacheté de sang, plus rouge que Térable Dans la saison des fleurs.

Les Orientales, 183 (XXXIV, i).

Qnand ils s'en revenaient des combats, leurs armures Étaient rouges ainsi que des grenades mûres.

La Légende des siècles, II, 297 (XX, i).

On pouvait mettre un doigt dans les trous de ses plaies. Avez-vous vu saigner la mûre dans les haies ?

Les Châtiments, 99 (II, m).

Le lion étreignit la chair sous la cuirasse.

Et, fauve, et sous sa griffe ardente pétrissant

Ce fer et cet acier, il fit jaillir le sang

Du sombre écrasement de toute cette armure.

Comme un enfant rougit ses doigts dans une mûre.

VArt d'être grand-père, 203 (XIII, i).

Et sur son cou d'albâtre Laïs nue avait moins d'escarboucles luisant Que ces fauves rochers n'ont de flaques de sang.

La Légende des siècles, II, 66 (XV, 11, S).

Parmi les influences évidentes, il faut attribuer une grande importance à la ressemblance de forme. C*est elle qui justifie la comparaison des flèches de Bâle à deux carottes :

Elle est badigeonnée en gros rouge*, non seulement à rintérieur, ce qui est de droit, mais à l'extérieur, ce qui est infâme ; et cela depuis le pavé de la place jusqu*à la pointe des clochers ; si bien que les deux flèches, que l'architecte du quinzième siècle avait faites charmantes, ont Tair maintenant de deux carottes sculptées à jour.

Le Rhin, n, 218 (XXXIII).

• C'est peut-être surtout à cause de sa forme que la

grande rosace de Notre-Dame, éclairée par le soleil couchant, est comparée à un œil flamboyant. C'est aussi la forme des nœuds dans le bois d'une porte, plutôt que leur brillant, qui les fait ressembler à la prunelle d'une jeune fille. Le souvenir de Bauldour est aussi pour quelque chose dans la comparaison :

La grande rose centrale flamboie comme un œil de cyclope enflammé des réverbérations de la forge.

Notre-Dame de Paris, II, 4 (Vil, i).

En un clin d'œil il fut au cinquième étage, devant la porte du retrait de Bauldour. Cette porte-là, du moins, n'était ni noircie ni changée ; elle était toujours propre, gaie, nette et sans tache, avec ses ferrures luisantes comme l'argent, avec les nœuds de son bois clairs comme la prunelle d'une belle fille, et l'on voyait que c'était bien cette même porte virginale que la jeune châtelaine n'avait jamais manqué de faire laver par ses femmes chaque matin.

Le Rhin y I, 412 (XXI, xvii).

I. J*ai déjà cité ce passage en étudiant les métaphores relatives à la forme. On m'a rappelé que la cathédrale de Bâle est construite en grès rouge. L'erreur de Victor Hugo est curieuse. A-t-il réellement pris pour un badigeonnage la couleur naturelle de ia pierre? Ou bien a-t-il mal lu ses notes, pris une lettre pour une autre, et bâti sur cette faute de lecture sa diatribe contre les badigeonneurs ?

LES INFLUENCES DETERMINANTES 2^

De petits cailloux ronds et noirs ressemblent à des châtaignes. Les lanternes rouges d'une illumination ressemblent à des oranges ; il est probable qu'elles sont rondes ; c'est aussi parce qu'elles sont accrochées dans des arbres qu'elles sont plus facilement comparées à des fruits :

Pas un passant sur ce pavage de petits cailloux ronds et

noirs que la pluie faisait reluire comme des châtaignes

mûres.

Z^r/?Am, II, 248 (XXXVI).

Partout dans les arbres on avait suspendu des lanternes chinoises qui ressemblaient à de grosses oranges lumineuses. Rien de plus étrange que ces fruits de feu éclos

tout à coup syr ces branches.

Choses vues y i8i (1847, iv).

Des points rougeâtres, qui ressemblaient à des oranges de feu, y reluisaient çà et là dans les branchages.

Choses vues. Nouvelle série, 251 (X, i).

Des gerbes de fleurs éclatent comme les bouquets d'un feu d'artifice. Victor Hugo ne fait ici que retourner une métaphore usuelle :

Dans tous les coins du jardinet, des gerbes étoilées de soleils, de roses trémières et de reines-marguerites, éclataient comme les bouquets d'un feu d'artifice.

Le Rhin, I, 261-262 (XVIII).

Les bruyères couvrent les collines d'un immense camail. La couleur est sans doute pour la plus grande part dans cette comparaison, que nous retrouverons ailleurs. La forme y est aussi pour

beaucoup , car le poète parle souvent des épaules et du dos des montagnes ; Tinfluence de la forme est peut-être plus sensible encore quand les bruyères et les genêts sont comparés à une chape ; ce mot indique en effet avec moins de précision l'importance de la couleur :

Je regardais les collines du bout de la plaine, qu'une

immense bruyère violette recouvrait à moitié comme un

camail d'évèque.

Le Rhin, I, 43-44.

Deux montagnes que les bruyères violettes et les genêts jaunes couvrent en ce moment d'une immense chape de fleurs.

Alpes et Pyrénées^ ^43 (1843, ^)-

Cest à cause de leur forme, autant que pour leur éclat, que les doigts des gantelets sont comparés à des vers. Les baïonnettes et les cuirasses ne feraient pas si bien songer à des écailles brillantes, si une troupe en marche, une file d'hommes grimpant à une échelle qui plie sous leur poids, n'imitaient la forme allongée, l'ondulation, et presque le glissement sinueux du serpent :

Le casque semble un crâne, et, de squammes couverts, Les doigts des gantelets luisent comme des vers.

La Légende des siècles, II, 95 (XV, m, 8).

L'on voit la file des bayonnettes ramper dans les ravins comme un long serpent dont les écailles brillent au jour.

H an d'Islande, 3^3 (XXX).

LES INFLUENCES DETERMINANTES 3

A voir s'élever en ondulant dans Tombre cette ligne de dos cuirassés, on eût dit un serpent à écailles d'acier qui se dressait contre l'église.

Notre-Dame de Paris^ II, 298 (X, iv)»

Là, c'est le régiment, ce serpent des batailles, Traînant sur mille pieds ses luisantes écailles.

Les Voix intérieures, 336 (IV, iv);

Étant deux divisions, ils étaient deux colonnes... On croyait voir de loin s'allonger vers la crête du plateau deux immenses couleuvres d'acier.

Les Misérables, II, 49 (II, i, 9).

De longues files d'espingoles Rampaient comme des vers luisants.

Les Chansons des rues et des bois^ 556 (II, m, 4).

Assez souvent, la métaphore est déterminée par le mouvement. Le tremblement d'un éventail ressemble à celui des ailes d'un papillon :

Cet éventail ailé, pourpre, or et vermillon.

Qui tremble dans vos mains comme un grand papillon.

Les Rayons et les Ombres, 507 (XXVIII).

Des œillets blancs, légèrement agités par le vent, semblent, au bout de leurs tiges, des papillons dont les ailes frissonnent :

Un bouquet d'oeillets blancs aux longues tiges frêles,

Dans une urne de marbre agité par le vent,

Se penche et les regarde, immobile et vivant.

Et frissonne dans l'ombre, et semble, au bord du vase.

Un vol de papillons arrêté dans l'extase.

Les Contemplations y I, 17 (I, m).

Les petits papiers blancs qui se dispersent dans Tair sont des papillons aussi, et, inversement, les papillons blancs du mois de mai sont les morceaux des billets doux jetés au vent. La métaphore est toute simple dans le premier cas : c'est un enfant qui la trouve. Elle est moins naturelle dans le second : aussi le poète la prépare et l'explique :

Georgette, pensive, regarda ces essaims de petits papiers

blancs se disperser à tous les souffles de Tair, et dit :

— Papillons.

Qiiatrevmgt-tret\e^ 39a (III, m, 6).

O printemps I quand on songe à toutes les missives Qui des amants rêveurs vont aux belles pensives, A ces cœurs confiés au papier, à ce tas De lettres que le feutre écrit au taffetas, Aux messages d*amour, d'ivresse et de délire Qu*on reçoit en avril et qu'en mai Ton déchire. On croit voir s'envoler au gré du vent joyeux, Dans les prés, dans les bois, sur les eaux, dans lescieux, Et rôder en tous lieux, cherchant partout une âme. Et courir à la fleur en sortant de la femme, Les petits morceaux blancs, chassés en tourbillons, De tous les billets doux, devenus papillons.

Les Contemplations^ I, 5i-|)a (I, xii).

Les papillons blancs sont souvent comparés aux flocons de neige, qui, dans leur chute lente, tourbillonnent au gré du vent et semblent voltiger :

Autour de ces touffes flottait sans cesse une neige

vivante de papillons blancs.

Le Rhin, I, 26a (XVIII).

LES INFLUENCES DETERMINANTES aç

Les petites ailes blanches Sur les eaux et les sillons S'abattent en avalanches ; 11 neige des papillons.

Les Contemplations y I, 66-67 (^» ^'^)'

A midi mille papillons blancs s'y réfugiaient, et c^était un spectacle divin de voir là tourbillonner en flocons dans Tombre cette neige vivante de Tété.

Les Misérables^ IV, iii-iia (IV, m, 3).

Vois-tu, que je t'explique. En hiver, le ciel triste Laisse tomber sur terre un linceul pâle et froid ; Mais, quand avril revient, la fleur naît, le jour croît ; Alors la terre heureuse au ciel qui la protège Rend en papillons blancs tous ses flocons de neige.

Torquemadaj^o (I, i, 5).

Les flocons de neige sont des papillons, et Bossuet explique à Courfeyrac pourquoi ces papillons tombent en foule :

La neige redoublait et emplissait l'espace . Bossuet était en train de dire à Courfeyrac :

— A voir tomber tous ces flocons de neige, on dirait qu'il y a au ciel une peste de papillons blancs.

Les Misérables^ III, 3^7 (III, viii, 15).

La métaphore s'appuie sur le mouvement plutôt que sur la couleur, car, si la couleur change ou plutôt paraît changer, la métaphore subsiste :

Sur ce fond de feu les flocons de neige devenaient noirs, et l'on eût dit des papillons sombres volant dans une fournaise.

L Homme qui rît ^ I> ^59 (I» i^i S)-

Les flocons de neige ont aussi l'apparence d'un duvet qui flotte : ce sont des plumes de cygne. Et les plumes des colombes blanchissent le pavé, comme la neige :

Quand sur notre terre, où se joue Le blanc flocon flottant sans bruit, La mort, spectre vierge, secoue Ses ailes pâles dans la nuit ;

Quand, nous glaçant jusqu'aux vertèbres.

Nous jetant la neige en rêvant.

Ce sombre cygne des ténèbres Laisse tomber sa plume au vent.

Les Contemplations^ 1, 329 (III, xxx, 3).

La neige en cette nuit flottait comme un duvet.

La Légende des siècles, IV, 73 (XLIX, vi).

Des jets d'éclairs mêlés à des plumes de cygne, Des flammèches rayant dans Tombre les flocons.

Tous ces nids dans ses tours abrités et couvés D où le souffle du soir fait sur les noirs pavés Neiger des plumes de colombes.

Les Voix intérieures, 341 (IV, vi).

Souvent, pour bien comprendre une comparaison, il faut voir où est placé l'objet comparé, et de quoi il est environné. Les fleurs du pommier sont la* neige du printemps, parce que tout le monde se représente facilement un arbre couvert de neige, et aussi parce que les fleurs ont la légèreté des flocons. Des huttes crayeuses sur une pente ressemblent à

LES INFLUENCES DETERMINANTES 3I

des chèvres blanches ; c'est que la chèvre est un animal montagnard. Une vieille église blanche dans la montagne semble une génisse de plus ; c'est sans doute que la présence de vraies génisses détermine la comparaison, favorisée aussi par un détail : la cloche suspendue sous une arcade qui ressemble à un collier :

Il faut qu'avril jaloux brûle de ses gelées Le beau pommier, trop fier de ses fleurs étoilées, Neige odorante du printemps.

Les Orientales, 17a (XXXIII, 1).

Ordener s'arrêta, contemplant ces vieilles forêts druidiques qui couvrent les rivages montueux du lac comme une chevelure, et les huttes crayeuses de Sparbo, répandues sur une pente ainsi qu'un troupeau épars de chèvres

blanches.

Han d'Islande^ 333-333 (XIX).

Je vois dans les rochers des escaliers qui grimpent... jusqu'à la vieille église blanche, laquelle semble une génisse de plus agitant sa cloche à son cou dans la montagne.

Alpes et Pyrénées^ 303 (1843, ^"0-

La lave brûlante est comparée au vin : c'est qu'il semble qu'on la voie écumer dans la cuve, ou, dans une orgie de flammes, ruisseler de la bouche du volcan :

Quand longtemps a grondé la bouche du Vésuve, Quand sa lave, écumant comme un vin dans sa cuve, Apparaît toute rouge au bord.

Les Chants du crépuscule^ 33 (I, vui).

Le feu, c'est le volcan chez lui, tyran et maître, Mâchant les durs rochers, féroce et parfois traître,

Tel qu'un sombre empereur.

Essuyant la fumée à sa bouche rougie, Et son cratère enflé de lave est une orgie De flammes en fureur.

La Légende des siècles^ II, 26 (XIII).

L'uniforme des lanciers rappelle les coquelicots parce que les piques se pressent comme les tiges de blé. Les couleurs éclatantes d'une forêt de drapeaux font penser à un champ de dahlias ; un drapeau isolé n'éveillerait pas Tidée d'un dahlia. Enfin un cimetière avec ses croix vernies et dorées prend l'aspect d'un grand buisson noir à fleurs jaunes ; il est évident qu'une seule croix ne serait pas comparée à une fleur :

Les dragons chevelus, les grenadiers épiques. Et les rouges lanciers fourmillant dans les piques, Comme des fleurs de pourpre en l'épaisseur dès blés.

Les Chants du crépuscule, 5a (V, iv).

Voici les quatrevingt-six sous-officiers légionnaires portantes bannières des quatre vingt-six départements. Rien de plus beau que ce carré au-dessus duquel frissonne une forêt de drapeaux. On croirait voir marcher un champ de

dahlias gigantesques.

Choses vues^ 24 (1840).

Sur chaque fosse il y a une pierre, et de cette pierre sort une croix rococo en fer ouvragé très vernie et très dorée. L'ensemble de toutes ces croix donné au cimetière l'aspect d'un gros buisson noir à fleurs jaunes.

Alpes et Pyrénées, 13 (1839, i).

LES INFLUENCES DETERMINANTES )}

La métaphore peut se former sous Taction d'une idée dominante. Le prodigieux travail de la nature au printemps éveille dans l'esprit de Victor Hugo ridée d'un bouillonnement, d'une effervescence, d'une fermentation : les fleurs des buissons semblent récume à la surface de la cuve :

Aux buissons que le vent soulève, Q.ue juin et mai, frais barbouilleurs, Foulant la cuve de la sève, Couvrent d'une écume de fleurs.

Les Chansons des rues et des boisj 154 (I, iv, 7),

Les fleurs que le soleil allume donnent une impression dé joie. Ce sont des étincelles et des flammes. Les coquelicots luisent comme des charbons ardents ; un champ de roses est une fournaise :

Et nous recommencions nos jeux, cueillant par gerbe Les fleurs, tous les bouquets qui réjouissent Therbe,

Le lys à Dieu pareil.

Surtout ces fleurs de flamme et d'or qu on voit, si belles Luire à terre en avril comme des étincelles

Qui tombent du soleil !

Les Voix intérieures^ 347 (XXIX).

Comment 1 vous la beauté céleste, vous craignez, Déesse, la beauté d'en bas ! Vous qui régnez, Vous redoutez Téclat éphémère de celles Qu'avril jette et qui sont comme ses étincelles',

X. Ici 1 étincelle représente surtout ce qui ne brille qu'un moment. Les fleurs ne sont d'ailleurs là qu'avec une valeur symbolique. Mais la forme de la métaphore reste la même.

Qui, comme la verveine et la sauge et le thym, Naissent dans la lueur fuyante du matin, Embaument un moment les prés et les charmilles, Et qui durent autant que Taube, étant ses filles ?

Toute la lyre, II, i6i (VI, xxiv).

Le soleil dorait, empourprait et allumait les tulipes, qui ne sont autre chose que toutes les variétés de la flamme, faites fleurs. Tout autour des bancs de tulipes tourbillonnaient les abeilles, étincelles de ces fleurs flammes.

Les Misérables^ V, 90 (V, i, 16).

Elle tressait en guirlandes des coquelicots qu'elle mettait sur sa tète, et qui, traversés et pénétrés de soleil, empourprés jusqu'au flamboiement, faisaient à ce frais visage rose

une couronne de braises.

/*., IV, 146 (IV, m, 8).

L air brûlant fait, sous ses haleines Sans murmures et sans échos, Luire en la fournaise des plaines La braise des coquelicots.

Les Chansons des rues et des bois, 137-138 (I, iv, a).

Quelqu'un a mis le feu partout, Tembrasement

Va de l'arbre au nuage et du ciel à la terre ;

La prairie a Téclat glorieux d'un cratère,

Partout des fleurs de pourpre, et tout flambe et tout luit.

Et la création bouillonnant à grand bruit

Bout tout entière ainsi qu'une eau dans la chaudière,

Et tout rit, le soleil étant l'incendiaire.

La Légende des siècles, III, 2«)0 (XXXIX).

Les pivoines sont en feu ;

Le ciel bleu Allume cent fleurs écloses ;

LCS INFLUENCES DETERMINANTES 33

Le printemps est pour nos yeux

Tout joyeux Une fournaise de roses.

La Fin de Satan, 256 (Chanson des oiseaux).

Tu verras mes jardins. Il y a des sources sous les feuilles,

des grottes où Ton peut sembrasser, et de très beaux

groupes de marbre qui sont du cavalier Bernin. Et des

fleurs ! Il y en a trop. Au printemps, c'est un incendie de

roses.

V Homme qui rit, II, 288 (II, vu, 4).

La cerise brille dans l'arbre comme la flamme dans un buisson :

Ses petits doigts allaient chercher le fruit vermeil Semblable au feu qu^on voit dans le buisson qui flambe.

Les Contemplations, I, 135 (II, vu).

Presque toujours, c'est le soleil qui joue le principal rôle dans ces transformations. M. Mabilleau rappelle avec raison ces deux vers de Victor Hugo* :

Ce merveilleux soleil, ce soleil radieux

Si puissant à changer toute forme à nos yeux.

Le soleil est en effet la source de la joie comme de la lumière, et c'est lui qui inspire au poète ces métaphores flamboyantes. Victor Hugo Ta dit luimême* : « La pensée que j'ai dans Tâme ressemble au ciel que j*ai sur la tête. » La joie ne peut se passer de la lumière : il faut un éclairage à giorno pour Tallégresse de Marius, de Cosette et du grand-

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