‹ Les métaphores et les comparaisons dans l'œuvre de Victor HugoChapitre 81 sur 112 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

Uœil est brillant comme Tétoile. Victor Hugo qui parle si souvent des yeux du ciel, compare souvent aussi aux étoiles les yeux humains. L'idée de couleur est donc absente , et c'est la flamme du regard qui justifie la comparaison :

Ses grands yeux noirs brillaient sous la noire mantille. Telle une double étoile au front des nuits scintille Sous les plis d'un nuage obscur.

Les Orientales^ 175 (XXXIII, m).

Que Dieu montre ou voile Les astres des cieux !

La plus pure étoile Brille dans tes yeux.

Ruy Blas, 132 (II, 1).

Comme un ange qui se dévoile, Tu me regardais dans ma nuit, Avec ton beau regard d'étoile Qui m'éblouit.

Les Contemplations^ I, 141 (II, x).

Quoi ! ton pavé bruyant et fangeux, ô Paris,

A de ces visions ineffables î Je pris

Ses yeux fixés sur moi pour deux étoiles bleues.

Les Quatre vents de Vesprit^ I, 91 (Liv, sat., XXII).

Voir la naïade aux yeux d'astres laver ses jambes !

Théâtre en liberté^ 277 (La Forêt mouillée, m).

Il y a souvent dans remploi de cette métaphore quelque chose de plus qu'une comparaison matérielle : les yeux sont des astres qu'on divinise et qu'on adore, dont Téclat suffît à illuminer Tâme :

Si vous ne connaissez que pour l'entendre dire Au poète amoureux qui chante et qui soupire, Ce suprême bonheur qui fait nos jours dorés, De posséder un cœur sans réserve et sans voiles, De n'avoir pour flambeaux, de n'avoir pour étoiles, De n'avoir pour soleils que deux yeux adorés.

Les Feuilles d'automne, 339 (XXIII).

Mon esprit qui sans voile

Vogue au hasard, Et qui n'a pour étoile

Que ton regard I

Les Voix intérieures, a8i (XI).

Puisqu'en vos yeux je crois voir une étoile éclore.

Toute la lyre, II, 209 (Vil, x, 2).

Laisse-moi t'adorer, car un divin rayon Va, comme d'une étoile aux cieux épanouie, De ton œil lumineux à mon âme éblouie !

Les Jumeaux, 363 (H, n).

Les yeux de Thomme de génie sont des étoiles qui éclairent l'humanité :

L'homme dit : Je suis Zoroastre; Et son sourcil abrite un astre.

Et sous son crâne un ciel bleuit.

Les Contemplations, II, 31a (VI, xxui. 5).

266 LA COULEUR, LA LUMIERE ET l'oMBRE

Vénérez, quoi qu'il fasse» quiconque a ce signe, la prunelle étoile.

Les Misérables, III, 262 (III, vn, 1).

Qu'il (le poète) ait des ailes pour l'infini, mais qu'il ait des pieds pour la terre, et qu'après l'avoir vu voler on le voie marcher... Qu'aprèsl'avoir vu archange on le retrouve frère. Q.ue l'éloile qui est dans cet œil pleure une larme, et que cette larme soit la larme humaine.

William Shakespeare, 341 (II, vi, i).

Tant qu'on admirera ce Bacon effrayant,

Ce monstre fait d'azur et d'infamie, avant

Le cloaque dans l'âme et dans les yeux l'étoile.

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