‹ Les métaphores et les comparaisons dans l'œuvre de Victor HugoChapitre 83 sur 112 · I. Philippe II · texte numérisé non relu

I. Philippe II

384 LA COULEUR, LA LUMIERE ET l'oMBRE

Ce n'est pas l'humble enfant, le jardin, Peau moirée

Reflétant le ciel d'or d'une claire soirée,

Les bosquets, les oiseaux se becquetant entre eux,

Non ; au fond de cet œil comme Tonde vitreux.

Sous ce fatal sourcil qui dérobe à la sonde

Cette prunelle autant que l'océan profonde,

Ce qu'on distinguerait, c'est, mirage mouvant,

Tout un vol de vaisseaux en fuite dans le vent.

. La Légende des siècles^ III, 56 (XXVI).

. La couleur des yeux, le plus souvent indifférente dans la métaphore, en devient l'élément principal quand Victor Hugo compare les yeux bleus au ciel azuré :

Dans ses yeux d*azur en feu.

Son regard que rien ne voile ^ ^

Est l'étoile \ Qui brille au fond d'un ciel bleu.

Les Orientales^ 117 (XIX).

Comme le jour dans les cieux met sa flamme, Toi, mon enfant, dans l'azur de tes yeux

Mets ton âme !

Les Contemplations y I, 11 (I, i).

A la source du pré, qu'abrite un vert rideau. Une enfant blonde alla remplir sa jarre d'eau, Joyeuse, et, soulevant son jupon de futaine.

Pendant qu'elle plongeait sa cruche à la fontaine. L'eau semblait admirer, gazouillant doucement, Cette belle petite aux yeux de firmament.

/^., 116 (I, xxix).

Ces yeux profonds et bleus comme des firmaments. Les Quatre vents de Vesprit^ I, 330 (Margarita^ ni).

Faut-il joindre à ces métaphores celle-ci ? Malgré la comparaison avec le ciel, les yeux dont il est question peuvent ne pas être bleus :

i Pleure. Les pleurs vont bien, mèmeau bonheur ; teschants Sont plus doux dans les pleurs, tes yeux purs et touchants

Sont plus beaux quand tu les essuies.

Uété, quand il a plu, le champ est plus vermeil, Et le ciel fait briller plus frais au beau soleil Son azur lavé par les pluies^

Les Feuilles d'automne^ 320 (XVII).

Il y a dans les métaphores de ce genre qfuelque chose de symbolique : les yeux des enfants paraissent toujours bleus : :

Ils quittent jeux, cerceaux et balles; ilsr m*entourent Avecleursbeauxgrandsyeuxd'enfants, sans peur, sans fiel, Qjui semblent toujours bleus, tant on y voit le ciel !

Lés Contemplations^ I, 24 (l, vi).

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