‹ Les métaphores et les comparaisons dans l'œuvre de Victor HugoChapitre 88 sur 112 · I. Le cirque de Gavarnie · texte numérisé non relu

I. Le cirque de Gavarnie

a. Cf. p. 70.

l'ombre Q99

Une des images auxquelles se prêtent le plus naturellement les ténèbres, c'est celle d'un rideau. La nuit est un rideau dont les vastes pans nous cachent le mystère, un voile impénétrable que la mort seule pourra soulever ; mais déjà dans les plis de ce rideau noir apparaissent quelques points étinoelants, et ces points doivent nous prouver l'existence de la lumière infinie. Dans ces métaphores aussi, les mots nuit y ombrcy sont souvent pris au figuré :

Et plus viendra la nuit, et plus, à plis funèbres*, S'épaissiront sur nous son deuil et ses ténèbres. Plus, dans ce ciel sublime, à nos yeux enchantés. En foule apparaîtront de splendides clartés.

Les Feuilles d^ automne ^ 304 (XII).

Une âpre nuit d'hiver, sans étoile et sans lune. Tombait à larges pans dans le brouillard diffus.

Les Rayons et les Ombres, 540 (XXXVI).

Et pendant qu'à longs plis Tombre levait son voile,

J'entendis une voix qui venait de l'étoile

Et qui disait : — Je suis l'astre qui vient d'abord.

Les Châtiments^ 352 (VI, xv).

Et quand mes yeux se rouvrirent, je* vis L'ombre ; l'ombre hideuse, ignorée, insondable, De l'invisible Rien vision formidable, Sans forme, sans contour, sans plancher, sans plafond, Où dans l'obscurité l'obscurité se fond;

I. Tout ce passage est symbolique, et la nuit dont il s'agit est celle du malheur, de la souffrance. Victor Hugo ne parlerait pas autrement de la véritable nuit.

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