‹ Les Métastases Ovariques des Cancers DigestifsChapitre 7 sur 18 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

ÉTIOLOGIE

Les 283 observations que nous avons pu réunir permettent de penser que les cancers des ovaires secondaires à des cancers digestifs, sans être fréquents, ne sont sans. doute pas exceptionnels. Il est vrai d'ajouter que certains. cas ne sont pas très nets, d’autres même, très douteux, parce qu’'incomplètement rapportés ; beaucoup ne sont pas publiés au point de vue que nous envisageons ; c’est par hasard qu’on les trouve au cours de statistiques de

cancer de l'estomac.

Leriche dans sa thèse écrit: « J’ai été, après d’autres, frappé de la fréquence des tumeurs annexielles en coïncidence ou à la suite d’un cancer de l'estomac ; s'agit-il de néoplasmes différents ou de métastases ? il ne m'appartient pas de conclure », et il rapporte 14 cas de cancers ovariques avec cancer de l’estomac.

Il estdifficile de savoir dans quelle proportion le cancer de l'estomac ou de l'intestin fait ces propagations du côté des ovaires et nous verrons que la difficulté s’accroit encore si l’on admet que les lésions des ovaires peuvent être non pas macroscopiques, mais seulement microsco*

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piques ; de plus les auteurs ne se sont pas suffisamment attachés jusqu'ici à rechercher systématiquement ces mélastases.

Par contre l'étude inverse a été faite et le cancer primitif de l’ovaire semble perdre de son individualité. Nos recherches tendent à montrer que beaucoup de cancers des ovaires surtout bilatéraux sont en réalité des cancers secondaires à un néoplasme du tube digestif. On prévoit l'importance de cette notion tant au point de vue du pronostic que de l'intervention à tenter. |

Scholz indique quelques chiffres concernant les métastases ovariques du cancer de l’estomac et les considère comme très rares : il cite Dittrich qui, sur 160 cas, trouve 1 cancer des ovaires, Lange, avec 2 cas sur 210. Brinton, dit d’une part, que, sur 214 cancers de l'estomac avec métastases hépatiques, il s’est trouvé une fois un cancer des ovaires, mais, d’autre part, sur l’ensemble de 431 cancers gastriques il rapporte 6 fois des cancers des ovaires. Eulenburg, cité par Kayser et par Rômer, dit que ces métastases existent dans 1 p. 100 des cancers de l’estomac. Borrmann sur 70 cancers gastriques, trouve 2 cas de cancers secondaires de lovaire. Lange, cité par Rathert, compte } cancers secondaires des ovaires pour 587 cancers de l'estomac. Pourtant Zahn dit que, sur 2.539 autopsies des deux sexes, il n’a trouvé que 4 cancers secondaires des ovaires. (1 avec cancer de la vésicule biliaire, 2 avec cancer de Ÿ utérus, À avec cancer du sein).

En étudiant les statistiques des tumeurs ovariques on trouve des chiffres plus intéressants. Mac Donald (d’après Olshausen) sur 12 ovariotomisées guéries en revoit deux atteintes de cancers. (1 du côlon sigmoïde, 1 du péritoine,

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Hofmeier dit avoir opéré 269 femmes pour pseudomyxome de l'ovaire (tumeur bénigne) sur lesquelles 8 sont mortes d’affections malignes : dans 6 cas sur ces 8, il s'agissait de cancer de l'estomac ou de l'intestin. Une statistique de Poupinel, concernant des cas anologues, donne pour 121 kystes mucoïdes avec.propagation: 6 cancers de l’estomac, 5 du rectum, 1 du gros intestin, 7 du foie. Glokner réunit 121 tumeurs ovariques et trouve 6 coïncidences de cancers d’autres organes.

Ces faits doivent-ils conduire à penser que les pseudomyxomes sont quelquefois des tumeurs malignes,ous'agitil de simples coincidences ? c’est un point sur lequel nous reviendrons plus loin.

Si nous envisageons les cas de cancer des ovaires et non plus les tumeurs dans leur ensemble, nous trouvons les quelques chiffres suivants: Von Mengerhausen (d’après J.-A. Amann) voit pour 60 cancers des ovaires 2 cancers de l’estomac,Glockner6 cancers d’autres organes avec 14 cancers des ovaires. Temesvary réunit 300 observations de sarcomes des ovaires et compte 3 fois des coexistences de cancer de l'estomac, 4 fois du rectum. Fromme signale sur 19 cancers bilatéraux opérés 17 morts dont 4 de gancers de l'estomac. Enfin Engelhorn pour 80 tumeurs malignes des ovaires en note 13 coïncidant avec des cancers de l'estomac.

Ces chiffres semblent assez démonstratifs, car ils indiquent que l’on ne peut rassembler un nombre un peu important de cancers ovariques sans y rencontrer quelques cancers d’autrés organes.

‘ Voyons maintenant le siège des différents cancers di-

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gestifs coexistant avec les tumeurs ovariennes. Nous laissons volontairement de côté le cas des cancers d’autres organes (sein, utérus, etc.) :

Schlagenhaufer donne les chiffres suivants : 78 observations avec 61 cancers de l'estomac, 10 de l'intestin et 7 des voies biliaires. Plus récemment Gobiet rassemble un nombre de cas presque double : il arrive à 150 observations avec 126 cancers de l'estomac, 16 de l'intestin, 7 des voies biliaires, 1 du pancréas. Nous avons pu retrouver un chiffre beaucoup plus important encore et nous sommes arrivés à réunir 283 observations sur lesquelles il y avait 219 cancers de l'estomac, 11 du grêle, 27 du côlon, 11 du rectum, 15 des voies biliaires.

Dans ces trois séries d'observations les pourcentages sont presque les mêmes : dans 75 à 80 p.100 des cas environ, c'est le cancer de l'estomac qui est en cause, puis viennent les cancers de l'intestin et enfin des voies

biliaires.

Il est intéressant de connaître l’âge des malades atteintes par ces cancers et nous verrons que beaucoup d'auteurs pensent que l’activité ovarienne prédispose aux métastases. L'étude des observations montre une progression croissante jusqu’à l’âge de la ménopause (environ 45 ans) et une diminution du nombre des cas après cet âge. Nous

trouvons ainsi :

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Le renseignement concernant l’âge des malades manque souvent, pourtant les chiffres sont assez nets puisqu'il y a là 144 observations avant 46 ans et la moitié seulement (75) après cet âge.

Il est difficile de savoir si l'affection atteint de préférence des femmes ayant accouché ou n'ayant pas eu de grossesses, car la parité n'est le plus souvent pas indiquée. Nous relevons en tout 10 nullipares, 8 primipares, 63 multipares et 9 femmes enceintes ou récemment accouchées. (Obs. de Romer, Cohnheim, Voigt, Glockner (14 et 16), Gobiet, Burdzinsky, Sitzenfrey, Maygrier).

La proportion énorme dé multipares est remarquable malgré le petit nombre des chiffres indiqué.

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