‹ Les Métastases Sous-Cutanées Dans Le Cancer ÉpithélialChapitre 11 sur 27 · DETTES · texte numérisé non relu

DETTES

Dans la plupart des cas, la peau qui recouvre les tumeurs garde ses caractères normaux ; cependant, on trouve quelquefois au niveau d’un nodule, généralement de plus grand volume que de coutume, une peau amincie, lisse, luisante, rougeâtre, avec de fins vaisseaux en arborisation superliicielle. Deux fois, nous avons même rencontré une tumeur commençant à s’ulcérer, dans l’observation de Ménétrier et Clunet (obs. IT) et dans celle de Lévi (obs. XVITT). Telle serait, probablement, l’évolution de toutes ces tumeurs si le malade n’était emporté avant par les progrès de la cachexie.

Le thorax, l’abdomen, le cou, la tête et même les membres peuvent être le siège de ces localisations cancéreuses ; néanmoins, les parois thoracique et abdominale sont plus fréquemment atteintes ; nous n'avons vu de métastases au niveau de la tête que cinq fois : dans les cas de Velpeau (obs. EL), de Ménétrier et Clunet (obs. ET), de Saenger (obs. V), de Harrison (obs. LXIV) et dans celui de Vidal (obs. XXID où les nodules siégeaient au niveau de la mâchoire.

Le membre supérieur n’était atteint que dans les observations de Stropeni (obs. VIIT) et de Conheim (obs. XXV); le membre inférieur, dans celles de Velpeau (obs. D, de Lévi (obs. XVIIT), de Daus (obs. XXXVIHIT), de Kayser (obs. XLV), de Chaiilous (obs. LIIT) et de Frank (obs. LXID.

Le nombre de ces tumeurs est extrêmement variable ; quelquefois on n'en rencontre qu'une seule ; c’est le cas de Lévi (obs. XVII), de Gouget (obs. XX) dans un cancer de l’œsophage ; de Lejars (obs. XLTIT) dans un cancer de l’appendice ; de Lereboullet (obs. XLVIT) dans un cancer

du rectum ; d’autres fois 1] s’en trouve un nombre considé-

rable : 116 dans notre observation personnelle (obs. IV), 280 dans le cas de Daus (obs. XXXVIIT). Elles sont tantôt isolées, tantôt en groupe, quelquefois même, comme dans le cas de Hanot (obs. LIV); reliées entre elles par des prolongements filiformes.

Leur grosseur varie du volume d’un grain de chènevis ä celui d’un œuf de poule et les auteurs les ont comparées à des pois, des lentilles, des haricots, des noisettes ou des marrons.

À la coupe, on peut trouver un tissu gris rosé ou blanc laiteux ; si l’on racle la tranche avec le dos d’un scalpel, on ramasse, sur la lame, un suc lactescent auquel on à donné le nom de suc cancéreux ; d’autres fois, le tissu est

plus dur, criant à la coupe et moins riche en suc cancéreux.

Histologie

À l’examen microscopique, on trouve des bourgeons cellulaires, mais dont les cellules sont sans cohésion, gardant uniformément un caractère embryonnaire ; elles s’éloignent assez comme apparence des épithéliums pour qu'on leur donne le nom d’épithélioïdes ou de méta-typiques ; elles sont comme infiltrées et disséminées entre les faisceaux du tissu conjonctif, tantôt sur un seul rang, tantôt en colonne, remplissant, le plus souvent, des cavités ou alvéoles à parois conjonctives en communication les unes avec les autres.

Cette disposition, qui est celle du carcinome en général, se rencontrera aussi bien dans la tumeur primitive que dans la tumeur secondaire ; mais le caractère histologique spécial du carcinome secondaire de la peau est que

les masses néoplasiques constituées par des cellules, rappe-

lant celles de la tumeur originelle, sont sans connexion avec l’épiderme ; elles sont rangées en tractus ramifiés, suivant les branches vasculaires et lymphatiques, puis se creusent des alvéoles, comme nous l’avons déjà dit. Le stroma dermique n'offre, au début, presque aucun indice

d’un travail réactionnel, mais, plus tard, il se sclérose et se rétracte.

Examen du sang

Le sang est également le siège d’altérations dans le cas de carcinome. Lucke aurait trouvé dans le sang des cancéreux des petites cellules fusiformes ; mais les travaux d’hématologie ont surtout pour objet de rechercher si le carcinome n'apporte pas de modifications au nombre des éléments figurés et en particulier au nombre des globules blancs. Après Andral, Chaïillous, Sappey, etc., Hayem a constaté l'augmentation de ces globules chez les cancéreux. En évaluant à 6,000 le nombre des leucocytes par millimètre cube chez l'individu normal, Hayem a trouvé que ce chiffre s'élevait en moyenne à 11,400 chez des malades atteints de cancer du sein ; la leucocytose était au contraire insignifiante dans les cas d’épithéliome non glandulaire. Dans !’observation de Preti (obs. LIT), cas de cancer du pancréas, le nombre des leucocytes était de 21,000.

D'après Ménétrier, il existe toujours de l’anémie, même dans les cas de cancer où il se trouve peu de causes anémiantes comme des hémorragies ; le nombre des globules rouges tomberait à 2,500,000 ou 3,000,000. Dans les obser-

vations de Schmidt (obs. VD et de Stropeni (obs. VIIT), le

ne.

nombre des hématies était de 4,000,000 ; dans celle de Preti (obs. LIT), il était de 2,/00,000.

Quinquaud a recherché quelle est l’influence du cancer sur la richesse du sang en hémoglobine ; il conclut que de toutes les maladies ce sont la carcinose et la chlorose qui en font le plus baisser le chiffre. A l’état normal, 1,000 grammes de sang humain renferment 125 grammes d’'hémoglobine ; or ce chiffre peut descendre dans le cancer à 28 grammes et même à 25, alors que les malades n’ont eu que des hémorragies insignifiantes.

Examen des urines

D'après Rommelaere, médecin belge, il ÿ aurait dans les urines du cancéreux, diminution à la fois dans le chiffre de l’urée et dans la proportion des phosphates ; il y a, suivant son expression, hypoazoturie et hypophosphaturie. Le chiffre de l’urée tomberait à 15 et au-dessous, célui des phosphates de 2 gr. 50 à 90, 80, 45 et 4o centigrammes.

Il ne faut peut-être pas admettre l’absolu de Rommelaere ; les modifications des urines des cancéreux sont réelles, mais, si leur examen est intéressant, il ne devra pas, en ce qui nous concerne, prendre l'importance d’un examen de sang

et surtout d’un examen histologique.

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